| Le motif et le thème musicaux |
| Le plus court et le plus simple de ces éléments
semble être le motif (parfois appelé cellule par Vincent d'Indy).
Il s'agit d'un très court élément caractéristique,
dont la répétition contribue à donner à l'ensemble
son homogénéité. Le motif peut être mélodique,
rythmique ou harmonique; dans ce dernier cas, les mêmes enchaînements
d'accords sont répétés sur des degrés différents
de la gamme. Contrairement au motif, habituellement destiné à
être répété, le thème , qui est le plus
souvent mélodique, est conçu pour fournir matière à
des variations, pour donner naissance à des développements.
Ces développements sont obtenus de multiples manières, parmi
lesquelles nous pouvons citer les modifications harmoniques (modulations
suivies de transpositions), la contraction et la répétition
des motifs caractéristiques que l'on peut découvrir dans le
thème, l'allongement du thème par la répétition
de certaines notes, etc. Enfin, certaines uvres longues (suites, concerti
grossi, symphonies, sonates) sont formées de la succession de parties
moins longues, nommées mouvements dans les symphonies et les sonates,
ou portant des titres de danse dans la suite. Tout comme la succession des
scènes dans la musique de théâtre, l'ordonnancement
des mouvements et l'équilibre de leur alternance font partie de la
composition. Chaque schème formel possède plusieurs ramifications, plusieurs schèmes qui lui sont apparentés, parmi lesquels il est souvent bien difficile d'établir un classement qui respecte l'ordre chronologique. On se contentera ici d'apporter une attention particulière aux deux schèmes formels les plus classiques, c'est-à-dire les plus intégrés à l'histoire de la musique occidentale, la fugue et la sonate ; au passage, on s'attardera sur tous ceux qui en dérivent ou qui permirent de les constituer. |