Le menuet et le scherzo; le "thème et variations"
Si le menuet ou le scherzo (plus rapide que le premier) sont presque toujours présents dans la symphonie (version orchestrale de la forme sonate, comme d'ailleurs le quatuor dans la musique de chambre), on les rencontre moins souvent dans les concertos à soliste ou dans les sonates pour instrument seul. Le menuet est le type même du schème formel toujours strictement respecté. En ce sens, et aussi parce que ce schème constitue un exemple parfait de l'utilisation de la répétition (reprise) comme principe de construction, il mérite d'être brièvement décrit. Le menuet est toujours construit en trois parties. La première se divise elle-même en deux, chacune étant reprise. La partie centrale, dont le caractère mélodique contraste avec celui de la première, est également divisée en deux reprises et, pour terminer, la pièce est recommencée au début (da capo), mais avec omission des répétitions. Cette forme menuet présente un grand intérêt: en raison de sa codification très rigoureuse et de sa symétrie due aux répétitions, elle est en effet une sorte de "forme close" type. Pour des raisons opposées, le thème et variations va nous retenir quelques instants.
On peut en voir l'origine dans la passacaille, véritable jeu musical savant, dans lequel un motif, inlassablement répété à la basse, est surmonté de tissus harmoniques ou contrapunctiques divers, ce jeu ne pouvant se terminer que par l'adjonction d'une conclusion (coda). Dans le thème et variations, la structure harmonique du thème est habituellement conservée, les variations en proposant des versions diverses, dont le nombre n'est limité que par la volonté du compositeur. Par conséquent, si, pris individuellement, le thème et chaque variation sont de courtes formes closes, l'ensemble paraît être le type même d'une forme ouverte, une ou plusieurs variations pouvant toujours être soit ajoutées, soit omises.