| Angelico, Fra
(1400 - 1445) |
Peintre toscan du début
de la Renaissance. Il fut nommé Angelico («angélique»
en français) du nom de l'angélique docteur, saint Dominique,
et Beato («béni» en français) pour la profondeur
spirituelle de sa peinture. Fiesole De son vrai nom Guido di Pietro, l'Angelico est né en Toscane. Il entra dans un couvent de dominicains observants à Fiesole, près de Florence, en 1418. Vers 1425, il devint moine et prit le nom de Fra Giovanni. Il débuta sa carrière comme enlumineur de missels et d'autres ouvrages religieux dans le scriptorium de son couvent. Dès 1418, il collabora au chantier de décoration de Santo Stefano al Ponte. Parmi ses premières uvres importantes figurent la Madone de l'étoile et le Christ en gloire entouré de saints et d'anges (National Gallery, Londres). Parmi d'autres uvres de cette période, on trouve le Couronnement de la Vierge (Louvre, Paris) dans lequel on constate un discours plastique sur la notion d'espace et de perspective liée à la hiérarchie ecclésiastique. La représentation du mystère pour l'Angelico ne peut se réduire à une simple figuration, car la peinture, objet matériel en soi, se trouve en contradiction dans le désir de représenter l'immatériel absolu, c'est-à-dire le divin. Florence et Rome En 1436, les dominicains de Fiesole s'installèrent au couvent Saint-Marc à Florence, qui avait été récemment reconstruit par Michelozzo. L'Angelico, aidé parfois d'assistants, peignit de nombreuses fresques pour le cloître, le chapitre, et une vingtaine de cellules du premier étage. Ce vaste programme iconographique présente la caractéristique d'avoir été pensé de manière globale, et l'on trouve dans certaines fresques des éléments qui répondent ou approfondissent des questions traitées dans d'autres. Son retable pour San Marco est l'une des premières représentations de la Conversation sacrée : la Vierge est entourée d'anges et de saints qui semblent partager un espace commun. La peinture de l'Angelico est profondément liée aux réflexions théologiques sur l'uvre de saint Thomas d'Aquin que les dominicains florentins menaient à l'époque sous la houlette de l'évêque Antonin. En 1445, Angelico fut appelé à Rome par le pape Eugène IV pour peindre des fresques sur la chapelle du Saint-Sacrement du Vatican, aujourd'hui détruite. En 1447, avec son élève Bennozo Gozzoli, il peignit des fresques pour la cathédrale d'Orvieto. Ses dernières uvres importantes sont les fresques de la chapelle Nicoline au Vatican, qui représentent des Scènes de la vie d'Étienne et de Laurent (1447-1449), dont l'iconographie provient de la somme hagiographique de Jacques de Voragine. De 1449 à 1452, Angelico fut prieur de son couvent à Fiesole. Il mourut dans un couvent dominicain de Rome, le 18 mars 1455. |