Byrd, William

Une production diverse et abondante

En fait, les étapes marquantes de la vie de Byrd se confondent pour nous avec la production et la publication de ses œuvres. C'est en 1575 qu'il reçoit, conjointement avec Thomas Tallis, dont il devient l'élève et le collaborateur à la Chapelle royale, le privilège royal d'imprimer et de publier de la musique, privilège qu'il conservera seul, à la mort de Tallis en 1585, jusqu'à expiration des vingt et un ans fixés par le décret; et c'est la même année 1575 que les deux musiciens publient ensemble un volume de Cantiones sacrae dont les trente-quatre pièces sont également réparties entre les deux auteurs. La reine, à qui elles sont dédiées en signe de reconnaissance, en accepte volontiers l'hommage, aucune de ces œuvres d'inspiration catholique ne portant en vérité offense à la foi anglicane.
Sans doute, le rythme des publications de Byrd peut-il paraître irrégulier, puisque ce n'est qu'en 1588 que voient le jour ses Psalmes, Sonets and Songs, immédiatement suivis, en 1589, des Songs of Sundrie Natures et, en 1589 et 1591, des deux volumes de Cantiones sacrae dues à sa seule main. Après cela il faut attendre quatorze ans pour que soient publiés les deux volumes de Gradualia (1605 et 1607) et quatre ans encore pour que paraisse, en 1611, le recueil des Psalmes, Songs and Sonnets, dernière œuvre de Byrd éditée de son vivant. Pour le reste, les trois messes, la plus grande partie de la musique liturgique anglaise, les innombrables motets anglais ou latins écrits pour les offices quotidiens, tout cela nous est parvenu en manuscrit, ainsi qu'une grande partie des œuvres instrumentales non publiées en recueils collectifs. Telle qu'elle se présente, la production de Byrd est d'une exceptionnelle qualité, d'une impressionnante abondance et d'une remarquable diversité.