Byrd, William

De l'inspiration religieuse à l'inspiration profane

Inspiration religieuse et inspiration profane se côtoient dans les trois recueils de pièces vocales de 1588, 1589 et 1611. Un certain nombre de ces pièces prennent la forme de l'anthem, sorte de motet d'inspiration religieuse écrit sur texte anglais. Ce devait être l'un des mérites de Byrd de faire évoluer le genre en introduisant des sections réservées à une ou plusieurs voix solistes alternant avec les chœurs. C'est surtout dans les Psalmes, Songs and Sonnets de 1611 qu'on rencontre quelques remarquables réalisations dans le genre, les meilleures étant surtout des chants de gloire et de louanges adressés au Très-Haut ou des chants de Noël.
Ces trois mêmes recueils comportent aussi des pièces très proches du madrigal tel qu'il est traité par Thomas Morley, John Wilbye et d'autres spécialistes du genre, encore que certaines soient des adaptations de consort songs conçus à l'origine pour voix soliste avec accompagnement de violes. L'inspiration en est diverse, se partageant entre deux veines, l'une volontiers plus grave, l'autre plus gaie, légère et primesautière; on peut citer pour représenter la première Come to me, grief, for ever (I, 34), Wounded I am (II, 17), Come, woeful Orpheus (III, 19), et, pour la seconde, Though Amaryllis dance in green (I, 12) aux subtiles ambiguïtés rythmiques, Lullaby (I, 32), exquis de sublime simplicité, Whilst that the Sun (II, 23), This sweet and merry month of may (III, 9).
La cinquantaine d'airs pour voix soliste et accompagnement de violes, l'élégie Ye, Sacred Muses à la mémoire de Tallis, les canons et rounds où triomphait sa virtuosité d'écriture complètent une œuvre vocale qui suffirait à donner à Byrd la première place parmi les musiciens de son temps.