| Bartok, Béla
(1881 - 1945) Il demeure aussi l'un des principaux compositeurs de la musique moderne. Une vie consacrée au renouveau musical de son pays Né à Nagysentmiklós (aujourd'hui en Roumanie) de parents tous deux musiciens, Béla Bartók étudia le piano et la composition à Bratislava, puis à Budapest avec ses camarades Ernest von Dohnanyi et Zoltan Kodály, dans l'ambiance musicale du classicisme germanique (de Bach à Brahms). Bartók traversa ensuite une phase de grand romantisme musical (marqué par Wagner et Liszt). En même temps, il entreprend, avec Kodály en 1904, ses premières recherches sur les mélodies populaires authentiques des paysans hongrois: il s'attache à les dégager des interprétations faussées (jusqu'à la fin du 18 ème siècle) par les virtuoses tziganes du violon et des cymbales. Ensemble, Bartók et Kodály recenseront 2.700 mélodies populaires Magyares (hongroises), 3.500 airs folkloriques roumains et plusieurs centaines de chants folkloriques turcs et nord-africains. En 1905, un séjour à Paris lui fait connaître la musique impressionniste de Claude Debussy et le brillant renouveau du folklore musical espagnol entamé et développé par Manuel de Falla. De 1907 à 1934, il enseigne le piano à l'Académie Royale de Budapest. Vers 1920. il s'intéresse, sans jamais l'accepter totalement pour lui-même, à la musique du viennois Arnold Schönberg (théoricien de l'atonalité musicale fondée sur le dodécaphonisme sériel). De 1934 à 1940, Bartók travaille avec Zoltan Kodály au classement des chants populaires traditionnels hongrois, pour l'Académie des Sciences à Budapest. C'est pendant cette période que Bartók atteindra le sommet de son art: renouveau folklorique et originalité des compositions personnelles. Son ami Kodály traitera le folklore aussi traditionnellement que Brahms, avec cependant une orchestration pittoresque. En 1940, Bartók emigre aux Etats-Unis où il vécut difficilement (malgré le soutien de son ami Yehudi Menuhin) et mourut dans la misère en 1945. Une uvre d'inspiration patriotique et de renouvellement rythmique On peut distinguer sommairement 4 périodes dans son évolution musicale : 1. Le patriotisme vibrant, au style encore marqué par le romantisme de Wagner et Liszt: 1903 - " Kossuth " (poème symphonique), dédié au révolutionnaire magyar Kossuth qui combattit les Hasbourg. On y entend une parodie de l'hymne national autrichien composé par Haydn. 1904 - Rhapsodie pour piano et orchestre, directement inspiré du folklore hongrois. 2. Les contacts et influences des novateurs contemporains (Claude Debussy, Manuel de Falla , Paul Dukas, Arnold Schönberg): 1907 - 1908: Deux portraits pour violon et orchestre, 14 Bagatelles, 10 pièces faciles et 2 Danses roumaines pour orchestre, qui marquent toutes le début de la rénovation du folklore (par assimilation personnelle des rythmes plutôt que par simple incorporation des mélodies existantes). 1908 - 1910: L'influence impressionniste de Debussy se manifeste encore dans: - Premiers quatuors pour orchestre (1908) et Deux images pour orchestre (1910). 3. Premières uvres originales par leur chromatisme inusité et par l'usage fréquent du contrepoint: 1911 - Allegro Barbaro (pour piano), au rythme entièrement nouveau, fait date dans l'histoire du piano moderne, traité comme un véritable instrument de percussion et non de chant. 1916 - Le Prince de bois. 1919 - Le Mandarin merveilleux, pantomime aux rythmes sauvages ( rappelant Stravinsky ) traduisant la fureur de Bartók devant le désastre politique de son pays. 1927 - 1934 : - 3 ème et 4 ème quatuors à cordes , la Sonate pour piano seul (qui rappelle l'Allegro Barbaro), et les 2 concertos pour piano et orchestre. 4. Le sommet de l'art de Bartók 1934 - 1938: Les chefs-d'uvres:- Le 5 ème quatuor à cordes, et surtout Musique pour instruments à cordes, percussion et célesta (C'est la plus belle uvre de Bartók). La Sonate pour deux pianos et percussions et Mikrokosmos (153 petites pièces progressives pour piano) dont on possède des extraits joués et enregistrés par Bartók lui-même. 1938 - 1945: Les best-sellers, qui n'atteignent pas la puissante originalité des 4 productions précédentes: Le Concerto pour violon et orchestre (1938), le Concerto pour orchestre (1943), et le 3ème Concerto pour piano et orchestre (1944 ). |