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Brel, Jacques
(1929-1978) |
| Né à Bruxelles, il quitta la cartonnerie familiale pour tenter sa chance à Paris avec des chansons qu'il avait interprétées jusqu'alors dans des fêtes catholiques. Après des débuts difficiles dans les cabarets, son premier grand succès fut Quand on n'a que l'amour (1956), suivi des Flamandes (1959), de Madeleine et des Bourgeois (1962), des Bonbons et d'Amsterdam (1964) ou de la Chanson des vieux amants (1967). Le succès de Jacques Brel tenait à son talent d'auteur, à sa voix d'interprète, ample et sûre, ainsi qu'à sa gestuelle et à son énergie: frôlant l'expressionnisme, il mimait sur scène ses chansons avec une grande efficacité. Le tour de chant était pour lui à la fois un combat et une performance physique. À l'origine marquée par le catholicisme social, sa thématique évolua très vite vers la misogynie latente (les Biches), l'anticléricalisme et l'anticonformisme (les Bigotes, les Bourgeois) et l'obsession de la mort (À mon dernier repas). Quant à son écriture poétique, elle est marquée par un goût pour la néologie et par la recherche d'images fondées sur les homophonies ou les allitérations. Brel enchaînait les tournées. En 1967, considérant qu'il avait dit tout ce qu'il avait à dire, il quitta à trente-huit ans la scène (ses adieux, à l'Olympia, furent un véritable événement) et se consacra au cinéma, comme acteur (les Risques du métier) et comme réalisateur (Frantz), puis à la navigation, à l'aviation, poursuivant sur un autre plan la même vie trépidante. Malade, il se retira dans une île de l'archipel des Marquises, celle dans laquelle vécut Gauguin, d'où il revint en 1977 pour enregistrer un dernier disque (comprenant notamment les Marquises) avant de mourir, l'année suivante, d'un cancer. |