Constable, John
(East Bergholf, Suffolk, 177-Londres 1837)



Peintre anglais. Fils d'un propriétaire de moulins, il passe son enfance dans sa région natale, où il résidera pendant presque toute sa vie. En 1799, il se rend à Rome pour suivre les cours de la Royal Academy, étudiant avec un intérêt particulier les paysagistes classiques comme Claude Lorrain et Nicolas Poussin, mais également les hollandais du XVIIème siècle et, parmi les anglais, Richard Wilson et Thomas Gainsborough.
Poussé par le désir de s 'éloigner de la tradition néo-classique et de renouveler sa peinture, il revient en 1803 dans son village natal, pour peindre la nature sur le vif, dans l'intention de la représenter de la façon la plus objective possible. Par ce choix, Constable fait un pas décisif vers une vision naturaliste du paysage, destinée à se développer pleinement quelques années plus tard avec les artistes de l'école de Barbizon. Dès ce moment-là, Constable se consacre assidûment à la représentation de la campagne anglaise, la peignant telle quelle apparaît, suivant les conditions atmosphériques et de lumière.
A partir de 1804, il commence à peindre non plus seulement à l'huile mais à l'aquarelle, obtenant ainsi des résultats de grande spontanéité dans le rendu des effets d'atmosphère. En 1806, il revient définitivement dans son Suffolk natal, où il poursuit son intense activité d'étude sur le vif, tentant en vain de faire reconnaître ses oeuvres par la Royal Academy de Londres.
Pour ses tableaux, il s'inspire souvent des mêmes lieux, revenant des années après sur le même sujet: on a ainsi de nombreuses vues de la bruyère de Hampstead et de la cathédrale de Salisbury (La Cathédrale de Salisbury, 1820, Londres, National Gallery). Son Suffolk natal est une source d'inspiration particulièrement féconde, et c'est à lui que sont consacrés ses meilleurs tableaux: Le moulin de Flatford (1817, Londres, Tate Gallery), La Charrette de foin (1821, Londres, National Gallery), Le Cheval qui saute (1825, Londres, Royal Academy), La
Valléee de Dedham (1802, Londres, Victoria and Albert Museum, reproduite en 1828, Edimbourg, National Gallery of Scotland). Ces tableaux sont presque toujours le fruit d'une longue élaboration, qui part de petites ébauches pour passer à des ébauches à l'échelle, et arriver enfin à la réalisation soignée de la toile. C'est de 1821-2 que date une série d'études de nuages, au dos des quelles sont notées la date et l'heure de l'exécution, et parfois, les conditions du temps et du vent pendant le travail. En 1829, Constable obtient enfin l'admission tant désirée à la Royal Academy, mais la mort de sa femme, la même année, le jette dans un état de prostration profonde dont il ne se reprendra plus tout à fait. La crise qu'il traverse sur la fin de sa vie se répercute dans les tons sombres des oeuvres de ces années-là (Ferme dans la vallée, 1835, Londres, Tate Galery). A partir de 1833, Constable enseigne à la Royal Academy: les textes de ses cours sur l'histoire du paysage sont une source précieuse pour comprendre sa conception de la peinture. Contrairement à Joseph Mallord William Turner, l'oeuvre de Constable rencontre en Angleterre des résistances et des perplexités, alors qu'en France, elle exerce une influence profonde sur Eugène Delacroix et sur les autres artistes romantiques, les poussant à peindre plus librement, et elle constitue une référence fondamentale pour les peintres de l'école de Barbizon.

Oeuvres