Peintre, lithographe et dessinateur, initiateur
du mouvement réaliste français du XIXe siècle. Originaire
d'Ornans, en Franche-Comté, fils de riches agriculteurs, Courbet
vint s'installer à Paris en 1839 pour se consacrer à la
peinture. Il suivit d'abord des cours de dessin auprès d'un élève
de David, et des cours de peinture à l'Académie suisse.
Cependant, profondément anticonformiste, il préféra
bientôt copier les chefs-d'uvre du Louvre (Géricault,
Delacroix) et peindre en forêt de Fontainebleau. Désireux
de réussir, il écrivit à cette époque: «Je
veux faire de la grande peinture [
] . Il faut qu'avant cinq ans
j'aie mon nom dans Paris.» En 1846, invité par un ami en
Hollande, il fit la découverte, déterminante, de l'art de
Rembrandt (la Ronde de nuit et la Leçon d'anatomie).
Dès lors, il
décida de peindre la réalité telle qu'elle se présentait
à lui. Après la révolution de 1848, durant laquelle
il fréquenta Proudhon, Champfleury et
Baudelaire, il s'orienta
donc vers un réalisme attaché à rendre compte, sans
pittoresque, de la vie quotidienne (les Casseurs de pierres, 1849). Renonçant
à l'exotisme chargé d'émotions de la tradition romantique
et se gardant des restrictions de la peinture académique, Courbet
exposa au Salon de 1850 son Enterrement à Ornans (1850, musée
d'Orsay), peint dans un format immense, traditionnellement réservé
à la peinture d'histoire. En outre, il insuffla à ses personnages,
paysans pauvrement vêtus encerclant une tombe béante, une
grandeur et une dignité qui dépassent la simple scène
de genre. L'événement provoqua un énorme scandale
et fit de lui le chef de file du mouvement réaliste. En 1855, ses
tableaux étant refusés par le jury de l'Exposition universelle,
Courbet fit construire le «pavillon du réalisme» où
il présenta quarante de ses uvres dont l'Atelier (1855, musée
d'Orsay), qu'il sous-titra Allégorie réelle, histoire morale
et physique de mon atelier. Simultanément, il publia le Manifeste
du réalisme, prônant un «vouloir faire de l'art vivant». Dès
lors, le style de Courbet se démarqua par une palette limitée
et vigoureuse, une composition simplifiée et des personnages aux
modelés non idéalisés (les Demoiselles des bords
de Seine, 1857, musée du Petit Palais, Paris). Bien que toujours
contesté, il commença à bénéficier
d'une notoriété certaine: ceux qui jugeaient ses compositions
vulgaires et provocantes virent s'élever contre eux des admirateurs
qui savaient reconnaître les qualités de sa peinture, sans
fard ni complaisance. Aussi radical en politique qu'en peinture,
Courbet fut nommé président de la Fédération
des artistes en 1871, durant la Commune de Paris, et sauva les collections
du Louvre de l'incendie des Tuileries. Il fut cependant accusé
de complicité dans le renversement de la colonne Vendôme.
Condamné à six mois de prison et au remboursement des frais
de restauration de la colonne, il s'exila à Vevey (Suisse) en 1873,
où il peignit dans la solitude. Ses uvres furent mises aux
enchères par le gouvernement français, un mois avant sa
mort.
Oeuvres
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