| Daumier, Honoré
(Marseille, 1808 - Valmondois, 1879) |
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Lithographe, peintre et sculpteur français. Fils d'un vitrier de Marseille, Daumier suit sa famille à Paris en 1816. Il manifeste dès son plus jeune âge un don certain pour le dessin et à partir de 1822, il devient l'élève de Lenoir, artiste peu connu, qui lui communique son admiration pour Titien et pour Pieter Paul Rubens . Plus tard, il fréquente l'Académie Suisse de Paris et le Louvre, où il copie les statues grecques et les oeuvres des grands maîtres, pratique à laquelle il restera fidèle toute sa vie. A partir de 1831, il collabore à La Caricature, tout récent journal satirique supprimé par la censure en 1834, et reconstitué peu de temps après sous un nouveau nom, Le Charivari. Une caricature du roi de France Louis-Philippe en Gargantua, lui vaut justement six mois de prison. Au cours de son activité, Daumier réalise au moins quatre mille lithographies, dans lesquelles il stigmatise, avec une ironie mordante ou un réalisme dramatique l'arrogance et l'oppression du pouvoir (La liberté de la presse, 1834, Washington, Nat.Gall.of Art; Rue Transnonain, 1834, Paris, Bibl.nat.). Ce même talent caricatural apparaît dans les sculptures, caractérisées par la déformation grotesque et une nette évidence plastique (la série des bustes en terre colorée à l'huile, datant de 1832, et intitulés Les Parlementaires, ou les Célébrités du Parti Modéré, Paris, Musée d'Orsay, est en ce sens exemplaire). Son activité de peintre commence en 1848, à l'âge de quarante ans, lorsqu'il peint l'ébauche La République nourrit et instruit ses enfants, pour le concours promu par le gouvernement républicain provisoire. L'agencement monumental des figures, le trait vigoureux et épuré, le clair-obscur marqué, annoncent ce que seront les qualités fondamentales de sa production future en peinture (Le Wagon de troisième classe, 1862, Boston, D.Nakalar Coll.; La blanchisseuse, vers 183, Paris, Musée d'Orsay, un des thèmes qu'il affectionne). Parallèlement aux sujets populaires, prédominants dans la peinture de Daumier, nous trouvons un sujet littéraire comme le Don Quichotte, auquel il consacre de nombreuses oeuvres. Très apprécié de Delacroix et des peintres de Barbizon, surtout Jean-François Millet, Daumier n'est pas aimé du public de son époque. Malgré l'appui financier de son ami Jean-Baptiste-Camille Corot, les dernières années de sa vie sont marquées par la misère et par la perte progressive de la vue. La première exposition de ses tableaux est organisée en 1878, un an avant sa mort. |