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Peintre
français, représentant majeur du mouvement romantique, dont
l'influence s'étendit jusqu'aux postimpressionnistes.
Issu d'un milieu aisé, Delacroix naquit à Saint-Maurice,
près de Paris. Il étudia dans l'atelier de Pierre Guérin
en 1815, où il fit la connaissance de
Théodore Géricault,
puis dans celui de Jacques Louis David, avant de fréquenter, en
1816, l'École des beaux-arts.
Son premier envoi au Salon, Dante et Virgile aux Enfers (1822, musée
du Louvre, Paris), révèle la forte influence de Géricault,
qui devait mourir deux ans plus tard. Les Massacres de Scio (1824, musée
du Louvre), qui évoquent un épisode sanglant de la lutte
des Grecs pour leur indépendance, indignèrent les représentants
du néoclassicisme, en particulier Ingres, mais firent cependant
de Delacroix le chef de file du romantisme.
Parti pour la Grande-Bretagne en 1825, il y découvrit les œuvres
de Shakespeare, de Walter Scott et de Byron.
Constable et Bonington l'influencèrent
dans ses propres recherches sur la vibration chromatique, recherches qu'il
concrétisa dans la plus lyrique de toutes ses œuvres, la Mort de
Sardanapale (1827, musée du Louvre), inspirée d'un poème
de Byron. Présentée au Salon de 1828, cette toile voluptueuse
et violente, qui mêle profusion des personnages, luxe oriental et
audace des couleurs, provoqua un nouveau scandale.
Delacroix réalisa par la suite plusieurs peintures d'histoire,
notamment la Décapitation du doge Mario Falerio (1827), la Liberté
guidant le peuple (1831, musée du Louvre), glorification semi-allégorique
de la révolution de Juillet et l'Assassinat de l'évêque
de Liège (1831).
Le voyage qu'il effectua au Maroc en 1832 en compagnie du comte de Mornay
(chargé par le roi d'une mission auprès du sultan) fut pour
lui une véritable révélation. Fasciné par
les couleurs et les lumières de l'Orient, il multiplia les croquis
et les aquarelles d'où il tira plus tard près d'une centaine
de tableaux d'une rare puissance (Femmes d'Alger dans leur appartement,
1834, musée du Louvre; la Noce juive au Maroc, 1839, musée
du Louvre; le Sultan du Maroc, 1845).
De retour en France, il reçut de nombreuses commandes et décora
notamment murs et plafonds du Palais-Bourbon (salon du Roi et bibliothèque,
1833-1847), du Sénat (bibliothèque, 1840-1847) et du Louvre
(galerie Appolon, 1850-1851). Au cours de cette période, il se
lia d'amitié avec George Sand et Chopin. Les toiles de cette époque,
saluées par Baudelaire, reprennent des thèmes qui lui sont
chers (Médée furieuse, 1838; le Naufrage de Don Juan, 1840,
musée du Louvre; l'Entrée des croisés à Constantinople,
1840), mais aussi de nombreuses scènes de chasse et de combats
de fauves. Toute son œuvre relève d'une manière passionnée,
que soutiennent un prodigieux talent de coloriste et une remarquable puissance
imaginative.
Delacroix illustra également de nombreuses œuvres de
William Shakespeare,
de Walter Scott et de Goethe. Avec son Journal rédigé entre
1822 et 1863, il laissa, outre la preuve d'un véritable talent
littéraire, un témoignage majeur tant sur l'art de son époque
que sur la vie sociale et politique. Le dernier appartement que le peintre
habita, rue Furstenberg à Paris, abrite aujourd'hui le musée
Delacroix.
Oeuvres
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