|
Connu
pour ses travaux pionniers en hématologie, immunologie et chimiothérapie,
Paul Ehrlich naît le 14 mars 1854 à Strehlen, en Silésie (aujourd'hui
Strzelin, Pologne). Il étudie successivement aux universités de Breslau,
Strasbourg et Leipzig, où il obtient en 1878 un doctorat en médecine,
suite à une thèse sur la théorie et la pratique de la coloration des
tissus animaux. La même année, Ehrlich est engagé à la Clinique médicale
de Berlin qui lui offre la possibilité de poursuivre ses travaux sur les
colorants. Il montre que ceux-ci peuvent être classés en trois catégories
(acide, basique et neutre) et met en évidence leurs différences d'affinité
en fonction des tissus (bleu de méthylène pour le tissu nerveux, etc.). En
1882, il découvre une méthode de coloration – devenue classique depuis –
du bacille de Koch, responsable de la tuberculose. L'un de ses ouvrages
les plus importants, "Das Sauerstoffbedürfnis des Organismus"
(1885), sur les besoins en oxygène de l'organisme, vaut à Paul Ehrlich
d'être nommé professeur à la faculté de médecine de l'université de
Berlin. Mais, ironie du sort, la tuberculose l'interrompt bientôt dans ses
recherches. Malade, il part en cure en Egypte et ne reviendra à Berlin
qu'en 1889.
Après quelques temps passés
dans un laboratoire privé, Paul Ehrlich rejoint l'Institut
Robert Koch puis l'Institut de
contrôle des sérums; désormais, il se concentre sur les problèmes
d'immunité. Il développe ainsi une théorie de la réaction immunitaire
faisant intervenir les chaînes latérales, des récepteurs présents à la
surface des cellules et qui ne se lient qu'à certains groupes chimiques
des toxines. Un organisme affecté par une toxine produit ainsi une grande
quantité de chaînes latérales, constituant une réaction qui le prévient
d'une prochaine infection. Ces travaux trouvent une application importante
dans la mise au point par Ehrlich d'une méthode de standardisation des
sérums antidiphtériques, inspirée par la découverte de l'antitoxine
diphtérique d'Emil von Behring.
Dans les années qui
suivent, Ehrlich prend successivement la tête de l'Institut de
thérapeutique expérimentale de Francfort puis celle de l'Institut Georg
Speyerhaus. Ces deux postes marquent le début d'une nouvelle étape dans
l'œuvre diversifiée du biologiste allemand: celle de la naissance de la
chimiothérapie. Ayant constaté les limites de la sérothérapie, Ehrlich se
met à rechercher des substances qui pourrait spécifiquement s'attaquer à
des organismes pathogènes sans porter atteinte à l'homme. C'est ainsi
qu'il développe en 1909 un traitement de la syphilis à base d'arsenic,
appelé Salvarsan ou 606, par la suite amélioré et renommé Neosalvarsan ou
912. Cette découverte apporte une reconnaissance mondiale au scientifique,
déjà auréolé d'un Prix Nobel de médecine attribué en 1908, en partage avec
le Russe Elie Metchnikov, pour ses travaux sur la biochimie de l'immunité.
Après une première attaque cardiaque en 1914, Ehrlich décèdera suite à un
second infarctus l'année suivante.
|