Gide, André Paul Guillaume
(1869-1951)


Neveu de l'économiste Charles Gide, André-Paul-Guillaume Gide était protestant et catholique par sa mère.

Il fit ses études à l'Ecole alsacienne et fit paraître, en 1891, son premier ouvrage: Les Cahiers d'André Walter, bientôt suivi des Poésies d'André Walter (1892).

De la même époque datent: Le Traité du Narcisse et Le Voyage d'Urien (1893). En 1895, Gide donna avec Paludes un livre inclassable et très original. Deux ans plus tard, ce furent Les Nourritures terrestres, chants des désirs acceptés et de l'affranchissement total du "moi", puis, en 1902, L'Immoraliste ou du bon usage des maladies.

En 1908, Gide fonde La Nouvelle Revue Française avec Schlumberger et Copeau. Cependant, la morale individualiste et complexe de Gide s'affirme tour à tour dans La Porte étroite (1909), Isabelle (1912), Les Caves du Vatican (1914). Pourtant, jusqu'en 1918, il était resté un auteur confidentiel; l'après-guerre, en changeant les structures morales et plus particulièrement celles de la jeunesse, apporta à Gide la célébrité. En 1923, Gide donne son admirable étude sur Dostoïevski, puis part pour l'Afrique noire (1926). Les injustices dont il est témoin lui inspirent Le Voyage au Congo et Le Retour du Tchad, ouvrages d'une grande générosité qui marquent chez Gide le passage de la révolte bourgeoise à la révolte sociale. De plus en plus gagné à la cause socialiste, il part, en 1936, pour l'URSS. Là, son enthousiasme s'effrite au contact de la réalité: Retour d'URSS (1936). Lorsque la guerre éclate, l'influence de Gide perd déjà du terrain.

En 1942, il part pour Tunis, puis s'installe à Alger. De retour à Paris, en 1945, il se donne tout entier au théâtre (Thésée), reçoit le Prix Nobel de littérature en 1947, et meurt quatre ans plus tard.

Constamment disponible aux nouveautés, Gide a laissé une oeuvre mouvante et grave, austère, précieuse et sensuelle dont le style demeurera bien après lui.