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Goya,
Francisco (1746-1828) |
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En 1763 et en 1766, il participa, en vain, aux concours destinés à obtenir une bourse d'étude à l'académie SanFernando de Madrid, fondée en 1752. S'il échoua, il fit cependant la connaissance de Francisco Bayeu, artiste originaire d'Aragon, travaillant à la cour d'Espagne dans le style académique importé par le peintre allemand Anton Raphael Mengs. Cette rencontre marqua le point de départ de la carrière artistique de Goya. Bayeu, qui allait devenir son beau-frère, le fit participer à une importante commande officielle, la réalisation de fresques pour l'église Nuestra Señora del Pilar à Saragosse (l'Adoration du nom de Dieu, 1771, reprises en 1780-1782). En 1771, Goya partit pour l'Italie, où il resta environ une année. Il passa quelques mois à Rome et prit part au concours de l'académie de Parme, qu'il réussit (Annibal passant les Alpes, 1771). De retour en Espagne, il commença à réaliser sa célèbre série de gravures à partir de tableaux de Vélasquez, qui était, avec Rembrandt, son modèle incontesté. Il collabora par ailleurs à plusieurs projets, notamment la réalisation en 1774 de fresques pour la chartreuse d'Aula Dei, près de Saragosse, qui préfigurent celles qu'il exécuta dans l'église SanAntonio de la Florida, à Madrid, en 1798. Il dessina également plusieurs séries de cartons pour la manufacture royale de tapisseries (l'Ombrelle, 1778; le Marchand de vaisselle, 1780), et fut reçu à l'académie de SanFernando en 1780. Peinture de cour Eaux-fortes et peintures
tardives
Entre 1797 et 1799, il réalisa les premiers croquis de la célèbre série gravée des Caprices, satire des murs sociales et des superstitions de l'époque. L'ensemble comportera 80 eaux-fortes. Puis l'invasion de l'Espagne par les armées de Napoléon en 1808 et la guerre qui s'ensuivit lui inspirèrent deux puissants chefs-d'uvre, 2 mai à la Puerta del Sol (Dos de Mayo) et les Fusillades du 3 mai (Tres de Mayo), achevés en 1814 et conservés au musée du Prado: bien qu'en contact avec les cercles libéraux favorables à la France, Goya y dénonça avec une fougue sans précédent la violence du conflit, ses répressions sanglantes et le martyre du peuple espagnol. Dans ces deux tableaux, comme dans ses toiles postérieures, Goya peignit par touches épaisses de couleurs sombres, illuminées de jaune brillant et rehaussées de rouge. Il fixa également sa vision désespérée de ces événements -et de l'humanité- dans les Désastres de la guerre, série gravée en 1810. Une certaine candeur -mêlée cependant d'une sincérité sans détour- n'est pas absente des derniers portraits espagnols de Goya, comme celui de la Famille de CharlesIV (1800, musée du Prado), qui confine à la caricature et montre la famille royale sans la moindre idéalisation. Dernières uvres
Si Goya appartint par sa culture au siècle des Lumières, il resta cependant un génie isolé dont l'uvre allait dominer tout le XIXe siècle. Sa force visionnaire et sa liberté d'exécution devaient en effet ouvrir la voie à de nombreuses expériences picturales qui se prolongèrent jusqu'au XXe siècle. |