Giotto (v.1260-1337)


Peintre et architecte toscan de la fin du Moyen Âge. 
Sa formation se déroula chez Cimabue, lorsque celui-ci fut appelé à Assise pour décorer la basilique franciscaine (1278). Des peintres romains (Cavallini, Rusuti) participaient aussi à cette entreprise, dont Giotto reprit quelques idées typiques de la culture classique. Déjà dans sa première épreuve, à Assise (Histoires d'Isaac), Giotto chercha de nouveaux principes d'espace et une nouvelle correspondance entre formes humaines et structures architectoniques. Le vaste espace gothique de cette église d'Assise et la connaissance de la sculpture, et en particulier de la sculpture funéraire d'Arnolfo, lui furent très utiles dans cette recherche. 
En 1288 environ, Giotto commença le cycle des Histoires de saint François, en organisant pour ce travail un atelier composé de nombreux assistants. Ce fut le début de la grande école qui allait diffuser dans toute l'Italie les principes du maître. Dans les Histoires, la composition est régie par le souci de l'unicité de l'espace de représentation. Pareillement, la couleur fut subordonnée à ce type de construction spatiale grâce à une scansion très régulière de chaque tonalité employée. 
Après ce travail pour les Franciscains, Giotto se rendit à Rome pour exécuter des œuvres, aujourd'hui disparues, que lui avait commandé le pape Boniface VIII à l'occasion du premier jubilé (1300). Après Rome, le peintre travailla à Rimini, où ne reste plus que le Crucifix parmi les nombreuses œuvres qu'il dut exécuter dans la ville. Mais ce Crucifix est très important dans la mesure ou il montre un fort changement de style: plus assoupli, avec un clair-obscur plus délicat et un allongement des silhouettes qui restent cependant proportionnées à leur espace. 
C'est à Padoue que se trouve le second cycle des fresques de Giotto. Il s'agit de la chapelle Scrovegni dont les peintures racontent les histoires de Joachim et Anne, de la Vierge et du Christ jusqu'au Jugement dernier. Dans cette chapelle, le peintre ne renonça pas à ses recherches spatiales, mais il les unit à un souci du rapport entre l'espace et la couleur, entre la lumière et la couleur. En outre, Giotto imprima une unité optique à l'ensemble de la décoration et travailla à une puissance expressive beaucoup plus dramatique et intense. 
Pendant les années qui suivirent, l'art de Giotto, dans les retables mais surtout dans les fresques (chapelles Peruzzi et Bardi; église de la Sainte-Croix, Florence), ajouta aux caractéristiques déjà vues un naturalisme attaché à l'observation des couleurs du paysage. Les personnages monumentaux et parfaitement individualisés sont peints sur des surfaces devenues plus étendues. Ce moment du style de Giotto est considéré comme le point de référence de Masaccio puis de Michel-Ange. Après avoir achevé la chapelle Bardi, Giotto se rendit à Naples, à la cour de Robert d'Anjou. Mais il rentra à Florence en 1334, ayant été nommé architecte en chef de la ville à la suite d'une inondation. Cette année-là, Giotto réalisa le projet de campanile pour la cathédrale. 
L'influence de l'art de Giotto fut très grande: presque tous les milieux ou les écoles de peinture italiennes et européennes entre la fin du XIIIe siècle et le XIVe siècle regardèrent et interprétèrent sa peinture. Le rôle de Giotto dans le développement de la peinture du Moyen Âge fut reconnu aussi par Dante, Boccace, mais surtout par les historiens contemporains.

Oeuvres