Hals, Frans
(Anvers, vers 1580 - Haarlem, 1666)

Vers 1590, Hals suit sa famille qui s'établit à Haarlem, où il commence son apprentissage artistique auprès d'un artiste hollandais. Puis il se spécialise et s'affirme comme portraitiste. Les sujets récurrents dans sa production sont les figures enjouées et rieuses de jeunes garçons, de femmes, de buveurs et de vieillards (Buveur, Amsterdam, Rijksmuseum; Bohémienne, Paris, Louvre; Cavalier souriant, Londres, Wallace Collection Deux jeunes chanteurs, Kassel, Museum). Les tableaux de cette première période sont caractérisés par un langage homogène basé sur un trait concentré et irrégulier, un riche coloris, et de brillants effets de lumière qui dénotent sa connaissance du Caravage, à travers les caravagistes d'Utrecht. De plus, Hals révèle dès ses premières oeuvres une grande immédiat eté dans la description des personnages, dont il sait saisir les expressions et les gestes caractéristiques: c'est le cas, par exemple, de la Bohémienne (1628-30, Paris, Louvre), qui appartient à la série de ses portraits de personnages populaires. Le célèbre portrait de groupe du Banquet des officiers de la garde municipale de Saint-Georges (1616) est lui aussi particulièrement vivant et spontané. Il est suivi de six autres tableaux ayant le même sujet, conservés au Musée Frans Hals de Haarlem. A l'apogée de son succès, en 1630-40, Hals reçoit de nombreuses commandes de personnages appartenant à la bourgeoisie de Haarlem : la facture y est plus soignée et les contours plus fermes et nets (Epoux Van Hasselaer, Amsterdam, Rijksmuseum). Dans la phase tardive de son activité, Hals remplace les vives tonalités de ses premiers tableaux par une gamme de tons sombres, et manifeste un intérêt croissant pour le monde intérieur de l'individu (portrait de Willelm Croes, Munich, Alte Pinakothek). Ces derniers chefs-d'oeuvre sont les deux célèbres portraits de groupe les Régents de l'hôpital Saint-Georges et les Régentes de l'hospice des vieillards (1664, Haarlem, Musée Frans Hals). L'art de Frans Hals, redécouvert au XIXe siècle seulement, est une référence essentielle pour Courbet et surtout pour Manet .

Oeuvres