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Economiste britannique d'origine autrichienne.
L'apport principal de Friedrich August von Hayek, prix Nobel d'économie
en 1974, repose sur une approche de l'économie qui permet de discuter
de manière moins formelle des avantages et inconvénients du marché.
Ordre spontané et «merveille» des prix selon Hayek. L'économie de marché
représente, selon Hayek, un ordre social spontané et implicite qui n'est
le produit d'aucune volonté délibérée, et qu'aucun esprit n'a conçu.
«Un caractère particulier de l'ordre économique rationnel», écrit Hayek
en 1945, «est lié précisément au fait que la connaissance de l'environnement
dont nous pourrions avoir besoin n'existe jamais sous une forme concentrée
ou agrégée, mais seulement sous forme d'éléments dispersés, d'une connaissance
incomplète que tous les individus séparés possèdent en partie [...]. Il
s'agit donc d'un problème d'utilisation de la connaissance, laquelle n'est
donnée à personne dans sa totalité.» Or le marché est précisément pour
l'auteur un mécanisme de création, de mobilisation et de diffusion des
informations; c'est une «procédure de découverte» s'effectuant par l'intermédiaire
du système des prix. Ainsi, les plans de consommation et de production
ne s'ajustent pas automatiquement, mais par des processus d'apprentissage
conduisant les agents à réviser leurs plans et, par conséquent, à les
rendre davantage compatibles entre eux.
Liberté et concurrence selon Hayek
Dans la conception développée par Hayek, le système des prix apparaît
donc essentiellement comme un producteur de signaux, lesquels n'indiquent
pas la valeur des biens mais remplissent une fonction incitative. Ils
découragent tel consommateur d'acquérir une marchandise momentanément
trop chère, poussent tel entrepreneur à se lancer dans une production
qui promet des profits élevés... Chacun est ainsi laissé libre «d'utiliser
les informations dont il dispose pour poursuivre ses propres finalités».
La liberté est l'une des valeurs associées par Hayek au système des prix.
Au demeurant, cette liberté n'est pas absolue: l'homme n'a pas d'autre
choix que de s'adapter lui-même aux forces aveugles du processus social.
Mais ces forces ne sont en rien l'équivalent d'une tyrannie personnelle
et humiliante; en effet, elles s'appliquent à tous sans discrimination.
L'injustice serait la soumission à la volonté arbitraire d'un seul. Le
marché est au contraire fondé sur une règle abstraite et anonyme qui dépasse
tous les individus: la concurrence qui détermine chacun à donner le meilleur
de lui-même sans jamais se reposer. Ses mécanismes (et non ceux qui régissent
la coopération et l'entente) garantissent la cohésion économique et sociale:
les individus sont incités à «aller de l'avant», à innover, à accroître
ainsi la productivité et l'efficacité dont, finalement, tous bénéficieront.
C'est en cette vertu que résiderait la supériorité de l'économie de marché
sur les modes d'organisation planifiés.
Œuvres principales
L'œuvre de Hayek doit être considérée sous deux aspects: le premier, idéologique,
de caractère antisocialiste (The Road to Serfdom, 1941; The Constitution
of Liberty, 1960), le second, proprement économique (Geld und Konjunkturtheorie,
1929; Preise und Produktion, 1931; Collectivist Economic Planning, 1935;
The Pure Theory of Capital, 1941; Individualism and Economic Order, 1948;
The Sensory Order, 1952; Denationalisation of Money, 1976).
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