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Roald
Hoffmann est né à Zloczow, en Pologne, le 18 juillet 1937. Les premières
années de son existence ont été durement marquées parla Deuxième Guerre
mondiale. Rescapés des massacres nazis, sa mère et lui quittent en 1946
la Pologne pour la Tchécoslovaquie, et se retrouvent à Bindermiche (près
de Linz, en Autriche), dans un camp pour personnes déplacées; ils séjournent
encore durant deux ans (de 1947 à 1949) dans deux autres camps en Allemagne,
avant de partir s'installer définitivement aux Etats-Unis: l'anglais va
être la sixième langue de Hoffmann. Il effectue ses études secondaires
à New York.
En 1955, année où
il acquiert la nationalité américaine, il entre au Columbia College, et
travaille ensuite au National Bureau of Standard de Washington en collaboration
avec deux grands chimistes, E. S. Neuman et R. E. Ferguson, obtenant successivement
son Bachelor Degree en chimie, son Master Degree en physique (1960), et
son doctorat de chimie physique (1962), sous la direction de W. Lipscomb. C'est d'ailleurs pour éclairer les travaux de son maître que Hoffmann
a mis au point la méthode de Hückel généralisée, qui a permis de calculer
approximativement la structure électronique (sigma et pi) des molécules,
et de prévoir raisonnablement les conformations moléculaires. Il est ainsi
devenu un grand spécialiste de la chimie théorique.
A partir de 1974, il axe ses travaux sur la chimie des composés organométalliques.
Il étudie ainsi les structures des complexes de métaux de transition par
la "méthode des fragments moléculaires". Cette méthode transpose en chimie
organométallique le concept de substitution de la chimie organique. Chaque
édifice est considéré comme formé d'un squelette de base et de fragments
substituants dont les caractéristiques se retrouvent presque inchangées
dans les divers complexes. Cette analyse a connu un énorme succès. Elle
a conduit au concept d'analogie isoglobale, qui permet d'établir le parallélisme
entre les problèmes organiques et inorganiques, et d'utiliser les résultats
connus dans un domaine pour faire des prédictions de structure et de réactivité
dans l'autre.
Pour donner un exemple
d'analogie isoglobale, on peut retenir le cas du carbéne et du Fe(CO)4,
car leurs orbitales frontière sont de même symétrie, et le nombre d'électrons
les occupant est identique.
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