Compositeur suisse, figure marquante
de la musique française de la première moitié du
XXe siècle.
Né au Havre de parents suisses, Arthur Honegger fit ses
études au conservatoire de Zurich (1909-1911) puis au
Conservatoire de Paris, alors dirigé par les compositeurs
Charles Marie Widor et Vincent d'Indy.
Ses premières compositions, Six Poèmes extraits
d'Alcools de Guillaume Apollinaire pour piano et chant (1915-1917),
et le Premier Quatuor à cordes (1916) montrent déjà
une solide maîtrise du contrepoint. En 1916, il devint
membre, aux côtés des compositeurs Darius Milhaud,
Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc et Louis
Durey, du groupe des Six (appellation qui ne date que de 1920),
dont les uvres étaient influencées par Erik
Satie et Jean Cocteau. Anti-impressionniste et antiromantique
comme ses pairs, Honegger évolua progressivement vers
un style plus personnel, caractérisé notamment
par la dissonance, la polytonalité, ainsi que la suprématie
du contrepoint. Il eut pour modèles
Claude Debussy,
Jean-Sébastien
Bach et utilisa même la musique symphonique du romantisme
allemand. Ces influences se révèlent pleinement
dans ses troisième, quatrième et cinquième
symphonies (Symphonie liturgique, 1945-1946!; Deliciae Basilienses,
1946, et Di tre re, 1950).
Certaines de ses compositions orchestrales, comme Pacific 231
(1923), description musicale d'une machine à vapeur destinée
à accompagner un film, et Rugby (1928), puisent leur thème
dans la vie contemporaine. Ses uvres pour orchestre, particulièrement
abondantes, notamment les oratorios comme Cris du monde (1931),
Amphion (1931), sur un texte de Paul Valéry, la Danse
des morts (1938) ou Jeanne d'Arc au bûcher (1938), sur
des textes de Paul Claudel, véhiculent à travers
leur caractère parfois descriptif le souci du compositeur
de toucher un large public. Parmi ses autres uvres importantes
figurent l'oratorio le Roi David (1921), l'opéra Judith
(1925), une quinzaine de ballets en collaboration avec Auric,
Poulenc, Tailleferre et Milhaud, de la musique de chambre, dont
trois quatuors à cordes et deux sonates pour violon et
piano, de nombreuses mélodies sur des textes de poètes
comme Apollinaire, Claudel ou Cocteau, de la musique pour le
théâtre et pour le cinéma.
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