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Compositeur tchèque,
auteur de l'opéra Jenufa et de la célèbre rhapsodie
Tarass Boulba.
Romantisme et musique traditionnelle
Né à Hukvaldy, en Moravie, Leo Janácek étudia
à Brno, puis à Prague, à Leipzig et à Vienne.
Il dirigea l'Orchestre philharmonique tchèque (1881-1888), fonda
l'école d'organistes de Brno, où il enseigna de 1882 à
1920, puis donna des cours au Conservatoire national de Prague de 1920
à 1925.
Son opéra de jeunesse Sarka, écrit en 1887 et remanié
en 1924, porte encore l'influence romantique de Bedrich Smetana et d'Antonín
Dvorák. Parmi les plus belles pages de la musique instrumentale
du début du siècle figurent ses pièces pour piano,
en particulier Par les sentiers herbeux (1902-1908) et Dans le brouillard
(1912).
Janácek se consacra également, avec le musicologue Frantiek
Barto, à l'étude de l'acoustique musicale et des
traditions populaires moraves. Une version légèrement
révisée de son opéra Její Pastorkyna, écrit
en 1904, fut représentée pour la première fois
à Prague en 1916, sous le nom de Jenufa (du nom de l'héroïne),
et lui valut une renommée internationale. Cette uvre, tout
comme sa Messe glagolitique (1926), évoque les accents de la
langue morave.
Un artiste engagé
Critique de la société bourgeoise, notamment dans ses
opéras Voyage de Monsieur Broucek dans la lune (1920), Voyage
de Monsieur Broucek au XVIe siècle (1920) et Katia Kabanova (1921),
mais aussi nationaliste passionné, Janácek cherchait à
participer à travers ses uvres lyriques aux débats
moraux et politiques de son temps.
Durant les dix dernières années de sa vie, il fut particulièrement
prolifique, composant des chefs-d'uvre comme le cycle de pièces
mélodiques Journal d'un disparu (1917-1919) ou la Sonate pour
violon n° 3 (1921). Parmi ses uvres les plus marquantes figurent
aussi le Premier Quatuor (1923), la suite Mladi (Jeunesse, 1924), le
Concertino (1925), les pièces pour orchestre Tarass Boulba (1915-1918),
Sinfonietta (1926), et les opéras Katia Kabanova (1919-1921),
le Rusé Petit Renard (1921-1923), hommage lyrique à la
nature, l'Affaire Makropoulos (1923-1925) et la Maison des morts (1927-1928),
inspirée de Dostoïevski et marquée par un pessimisme
sombre qui l'apparente à l'expressionisme musical.
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