Janácek, Leos (1854-1928)

Compositeur tchèque, auteur de l'opéra Jenufa et de la célèbre rhapsodie Tarass Boulba.
Romantisme et musique traditionnelle
Né à Hukvaldy, en Moravie, Leoš Janácek étudia à Brno, puis à Prague, à Leipzig et à Vienne. Il dirigea l'Orchestre philharmonique tchèque (1881-1888), fonda l'école d'organistes de Brno, où il enseigna de 1882 à 1920, puis donna des cours au Conservatoire national de Prague de 1920 à 1925.

Son opéra de jeunesse Sarka, écrit en 1887 et remanié en 1924, porte encore l'influence romantique de Bedrich Smetana et d'Antonín Dvorák. Parmi les plus belles pages de la musique instrumentale du début du siècle figurent ses pièces pour piano, en particulier Par les sentiers herbeux (1902-1908) et Dans le brouillard (1912).
Janácek se consacra également, avec le musicologue František Bartoš, à l'étude de l'acoustique musicale et des traditions populaires moraves. Une version légèrement révisée de son opéra Její Pastorkyna, écrit en 1904, fut représentée pour la première fois à Prague en 1916, sous le nom de Jenufa (du nom de l'héroïne), et lui valut une renommée internationale. Cette œuvre, tout comme sa Messe glagolitique (1926), évoque les accents de la langue morave.
Un artiste engagé
Critique de la société bourgeoise, notamment dans ses opéras Voyage de Monsieur Broucek dans la lune (1920), Voyage de Monsieur Broucek au XVIe siècle (1920) et Katia Kabanova (1921), mais aussi nationaliste passionné, Janácek cherchait à participer à travers ses œuvres lyriques aux débats moraux et politiques de son temps.
Durant les dix dernières années de sa vie, il fut particulièrement prolifique, composant des chefs-d'œuvre comme le cycle de pièces mélodiques Journal d'un disparu (1917-1919) ou la Sonate pour violon n° 3 (1921). Parmi ses œuvres les plus marquantes figurent aussi le Premier Quatuor (1923), la suite Mladi (Jeunesse, 1924), le Concertino (1925), les pièces pour orchestre Tarass Boulba (1915-1918), Sinfonietta (1926), et les opéras Katia Kabanova (1919-1921), le Rusé Petit Renard (1921-1923), hommage lyrique à la nature, l'Affaire Makropoulos (1923-1925) et la Maison des morts (1927-1928), inspirée de Dostoïevski et marquée par un pessimisme sombre qui l'apparente à l'expressionisme musical.