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Langmuir, Irving (1881-1957) |
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Si l'on se contente
d'un regard superficiel, on peut être tenté de considérer les recherches
de Langmuir comme très disparates; mais en les étudiant plus attentivement,
on s''aperqoit qu'elles ont eu, au contraire, une continuité remarquable
depuis leur origine, qui mmonte à ses travaux sur l'interaction entre
les gaz raréfiés et le tungstène. La dissipation Hnergie thermique par
un filament de tungstène porté à haute température, dans une stmosphère
d'hydrogène, s'accroît anormalement au-delà de 2000'C: Langmuir l'explique
en l'attribuant à la dissociation endothermique de la molécule d'hydrogène
en ses deux atomes, et cela lui donne l'idée de réaliser un chalumeau
à hydrogène utilisant l'énergie libérée par la combinaison d'atomes isolés
en molécules d'hydrogène. Ces modifications ultérieures ne diminuent en rien la qualité de ces travaux effectués par Langmuir entre 1915 et 1918, et à la suite desquels il écrivit: "Les atomes formant
la surface d'un solide sont liés d ceux des couches inférieures par des
forces semblables d celles qui s'exercent entre les atomes de la partie
interne. Depuis les travaux de Bragg, nous savons que ces forces sont
de nature chimique. Dans la couche superficielle, à cause de l'asymétrie
des conditions, l'arrangement des atomes doit être légèrement différent
de celui de l'intérieur. Ces atomes sont chimiquement insaturés, et donc
environnés d'un intense champ de forces. Son intuition le porte aussi à étudier les propriétés des surfaces de liquides. Dès le début, il est convaincu de l'analogie des phénomènes de surface dans les liquides et les solides. C'est pour mieux pénétrer les mécanismes de l'interaction gaz-solide qu'il entreprend d'examiner l'énergie superficielle des liquides et ses modifications. Au plan qualitatif, Pockel en Angleterre, Devaux et Marcellin en France, avaient déjà abordé la question. La contribution de Langmuir repose sur la construction d'un système ingénieux permettant de mesurer la tension superficielle des liquides. Il montre que la densité superfi elle des molécules d'acides gras est indépendante de la longueur de la chaîne dans la couche moléculaire. Il en déduit alors que ces molécules doivent être orientées perpendiculairement à la surface du liquide, et poursuit en affirmant que toutes les molécules à grande dissymétrie électrique ont, par certains groupements terminaux, une affinité pour le liquide, mais qu'elles sont assorties d'une répulsion due aux groupements diamétralement opposés. A partir de là, il propose une théorie générale de la tension superficielle des liquides purs, fondée sur la dissymétrie des interactions moléculaires au voisinage de la surface. Il relie ces données aux propriétés thermodynamiques des liquides purs et de leurs mélanges binaires. Les conséquences de cette thèse sont innombrables: métabolisme des protéines, fabrication de composés tensio-actifs utilisés comme détergents ou comme lubrifiants, etc. Pendant la Seconde Guerre mondiale, on fit appel à Langmuir pour résoudre de nombreux problèmes techniques d'intérêt militaire: production de fumées de camouflage, dégivrage d'aéronefs, précipitation des pluies, détection de submersibles, etc. L'oeuvre de ce créateur de la chimie des surfaces offre le meilleur témoignage du caractère irremplaçable de l'esprit de recherche pour l'innovation dans le domaine industriel. De nombreuses distinctions et récompenses sont venues couronner l'oeuvre de ce chercheur, qui néanmoins resta toujours d'un abord agréable et d'une grande simplicité. Il s'éteignit le 16 août 1957 à Falmouth (Massachussets) des suites d'une crise cardiaque. |