| Moreau,
Gustave
(Paris, 1826-1898) |
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Peintre français. Fils d'architecte, il s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris et, à partir de 1848, il étudie avec le peintre Théodore Chassériau. Ses premiers tableaux à sujet historique et littéraire s'inspirent du style grandiloquent et du chromatisme des peintures à fresque de Chassériau. Son voyage en Italie (1857) est fondamental pour sa formation. Il y rencontre Edgar Degas et Pierre Puvis de Chavannes et y étudie les oeuvres des grands maîtres. Après une première phase encore imprégnée de classicisme (Oedipe et le sphinx, 1864, New York, Metropolitan Museum; Orphée, Paris, Musée d'Orsay), son style atteint vers 1870 sa pleine maturité (Salomé, 1870, Paris, coll. R.Lebel; Hercule et l'hydre, vers 1876, Chicago, coll. R.L. Feigen). Dès lors, ses compositions se font de plus en plus complexes: des éléments tirés de la mythologie, de l'histoire et des récits bibliques se fondent de façon très suggestive, en créant une atmosphère à la fois sensuelle et mystique (Les licornes, 1885, Paris, Mus. Moreau; Le sphinx victorieux, 1888, Neuss, Clemens-Sels-Museum; Jupiter et Sémélé, 1896, Paris, Musée Moreau). Les illustrations des Fables de La Fontaine, les esquisses à l'huile, et les aquarelles, illustrent de façon exemplaire ce talent pour la transfiguration fantastique. Les mêmes thèmes se répètent de manière presque obsédante, et le même tableau est repris parfois à des années de distance de sa première version, tandis que dans d'autres cas les oeuvres restent inachevées. Son oeuvre, qui relève du symbolisme, inspirera fortement le surréalisme, comme le reconnaîtront les représentants du mouvement eux-mêmes: André Breton, Salvador Dalí, Max Ernst. La plupart de ses oeuvres sont conservées au Musée Moreau de Paris, demeure parisienne du peintre. |