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O'Neill, Eugene
Gladstone (New York, 1888 - Boston, 1953) |
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Dès son enfance, Eugene Gladstone O'Neill mène une vie vagabonde: après avoir accompagné dans ses tournées son père, acteur réputé, puis interrompu de peu brillantes études, il devient tour à tour employé de bureau, chercheur d'or au Honduras, marin et enfin reporter. C'est au cours d'un séjour dans un sanatorium qu'il décide d'écrire pour le théâtre. Une troupe d'avant-garde, les Provincetown Players, monte ses premières pièces (En mer vers Cardiff, 1916). Ces œuvres, très neuves par rapport à celles de ses prédécesseurs, influencées par un romantisme attardé, se caractérisent par le réalisme des sujets qu'O'Neill a tirés de ses propres expériences de matelot et aussi par la grande véracité du langage et les recherches de la mise en scène. Par -delà l'horizon (1920) consacre l'auteur (prix Pulitzer). Paraissent ensuite Anna Christie (1922), l'Empereur Jones (1921), tragédie dans laquelle il s'efforçe d'adapter au théâtre le monologue intérieur des romanciers. Son art se fait alors plus symbolique. C'est le cas de ses deux chefs-d'œuvre, Désir sous les ormes (1924) et le Deuil sied à Electre (1931), qui reflètent un univers étouffant où, le plus souvent, O'Neill dénonce l'absurdité de la condition de l'homme qui le condamne inéluctablement à la violence et l'asservit à l'illusion (la Venue de l'homme des glaces, 1946), dans une société sans espoir (le Singe velu, 1922). Dans ces amples tragédies (l'Etrange Intermède, 1928, ne compte pas moins de neuf actes) où transparaissent diverses influences (les tragiques grecs, Ibsen, Strindberg, Freud), O'Neill déploie enfin une étonnante richesse d'invention scénique (masques, monologues, rythmes musicaux, chœurs). Son avant-dernière pièce, le Long Voyage vers la nuit (1939 -1941), drame autobiographique, ne sera jouée que trois ans après sa mort. Lauréat du prix Nobel en 1936, il meurt en 1953 après dix ans de maladie et de semi-silence. |