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Passy, Frédéric (1822-1912) |
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Pour autant, Passy n'était pas un universitaire dans une tour d'ivoire mais plutôt un homme d'action. En 1867, fort de l'autorité acquise dans sa campagne pour prévenir une guerre entre la France et la Prusse sur la question du Luxembourg, il fonda la "Ligue internationale et permanente de la paix". Lorsque cette ligue fut balayée par la guerre franco-prussienne de 1870?1871, il la réorganisa sous le titre de "Société française des amis de la paix" qui donna naissance à son tour à la "Société française pour l'arbitrage entre nations" à vocation plus spécifique, créée en 1889. Passy poursuivit aussi son combat dans l'arène politique. Il fut élu à la Chambre des Députés en 1881, puis réélu en 1885 mais battu en 1889. A la Chambre, il fit voter des lois en faveur des travailleurs, notamment une loi sur les accidents du travail, combattit la politique coloniale du gouvernement, élabora un projet de désarmement et déposa une proposition de résolution plaidant pour l'arbitrage des conflits internationaux. Son action parlementaire en faveur de l'arbitrage fut encouragée par le succès de Randal Cremer qui fit voter au Parlement britannique une résolution stipulant que l'Angleterre et les Etats-Unis d'Amérique devaient recourir à l'arbitrage pour tout conflit les opposant qui ne pouvait être réglé par la voie diplomatique normale. En 1888, Cramer conduisit une délégation de neuf parlementaires britanniques qui rencontra à Paris une délégation de 24 députés français dirigée par Passy pour discuter de l'arbitrage et jeter les bases d'une organisation ayant pour mission d'en promouvoir la généralisation. L'année suivante, 56 parlementaires français, 28 parlementaires britanniques et des représentants des Parlements de l'Italie, de l'Espagne, du Danemark, de la Hongrie, de la Belgique et des Etats-Unis fondèrent l'Union interparlementaire, dotée d'une présidence de trois membres, dont Passy. L'Union créa alors un bureau devant servir de lieu d'échange intellectuel et encouragea la formation de groupes parlementaires nationaux soucieux d'appuyer les lois en faveur de la paix, notamment par voie d'arbitrage. Ainsi la pensée et l'action de Passy se rejoignaient. La paix internationale était l'objectif, l'arbitrage des conflits sur la scène politique internationale, le moyen, les entités nationales constituant l'Union interparlementaire, les promoteurs, et le peuple, la base souveraine. Par l'action remarquable qu'il conduisit un demi-siècle durant au sein du mouvement pacifiste, Passy devint l'"apôtre de la paix". Ecrivain intarissable et enjoué, son Pour la paix (1909), qu'il publia à l'âge de 87 ans, est un récit personnel - et non une autobiographie, genre qu'il n'aimait pas, - de son action en faveur de la paix internationale, qui met en exergue la fondation de la Ligue, la période décisive où l'Union interparlementaire fut créée, le mouvement des conférences de paix et l'utilité de la Conférence de La Haye. |