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Max
F. Perviz est né le 19 mai 1914 à Vienne, dans une famille de fabricants
de textile. Il commence ses études supérieures à l'Université de Vienne
en 1932. Particulièrement influencé par le cours de biochimie organique
du professeur F. von Wessely, qui exposait, entre autres, les célèbres
travaux de Frederick Hopkins sur les acides aminés essentiels, il décide
de préparer son Ph. D. à Cambridge, et commence ses recherches au Laboratoire
Cavendish en septembre 1936. Mais l'annexion de l'Autriche par l'Allemagne
hitlérienne contraint ses parents à tout abandonner et à s'expatrier,
et Perutz ne peut poursuivre ses travaux comme attaché de recherche de
Sir Laurence Bragg que grâce à une subvention versée par la Fondation
Rockefeller. Il bénéficie de ce soutien financier jusqu'en 1945, époque
à laquelle il devient membre du centre de recherches de l'Imperial Chemical
Industrie. En octobre 1947, il se trouve à la tête du Medical Research
Council Unit for Molecular Biology, qui comprend dans son état-major J.
C. Kendrew.
De là date la collaboration
entre les deux chercheurs. En mars 1962, Perutz est nommé professeur de
biologie moléculaire, et il continue à coopérer avec Sir Laurence Bragg.
Il a eu la chance de travailler avec d'éminents collaborateurs tels que,
outre Kendrew, Crick (1948) et Watson (1951) qui, cette m6me année 1962,
recevront le prix Nobel de physiologie et de médecine pour leur hypothèse
de la structum en hélice de l'ADN.
La méthode d'analyse par diffraction des rayons X au moyen d'un cristal
a été mise au point par Max von Laue (prix Nobel de physique 1914). Ce
sont les physiciens Bragg (père et fils, prix Nobel de physique en 1915)
qui l'ont appliquée à l'étude des structures. Puis cette technique a été
constamment affinée, et on s'est attaché à établir la structure de molécules
de plus en plus complexes.
Dès 1937, Max Perutz
examine la possibilité d'utiliser cette méthode pour déterminer la structure
de l'hémoglobine. En 1938, lorsque Laurence Bragg Jr est nommé directeur
du Laboratoire Cavendish à Cambridge, et qu'il apprend les projets de
Perutz, il l'encourage vivement et lui apporte tout son soutien. C'est
alors le départ d'un très long travail d'expérimentation auquel dix ans
plus tard viendra se joindre Kendrew, qui entreprend de son côté d'étudier
la structure de la myoglobine.
Nous savons, depuis
les travaux de Willsthtter sur les pigments animaux et ceux de Hans Fischer
sur la matière colorante du sang, que les hémoglobines sont des porphyrines
contenant du fer et qu'elles sont attachées à une protéine, la globine.
Les myoglobines sont, quant à elles, des pigments respiratoires que l'on
trouve dans les cellules musculaires des vertébrés et des invertébrés.
La myoglobine a été découverte en 1934 par Théorell, qui a réussi à l'isoler
et à la cristalliser. Elle se distingue de l'hémoglobine, qui contient
quatn: atomes de fer feneux (Fe +) par molécule, en ce sens que sa molécule
ne renferme qu'un seul atome de fer.
Nous avons vu que Sanger utilisait la méthode chimique pour déterminer
la structure des protéines; mais cette méthode longue et difficile ne
permet d'obtenir que la structure plane d'une molécule. L'étude aux rayons
X a l'avantage de déterminer la géométrie spatiale des protéines. Les
techniques cristallographiques permettent donc de connaître les distances
interatomiques et les angles des liaisons inter- et intramoléculaires.
Ces paramètres conduisent à la connaissance de la conformation de la protéine
et de l'arrangement des molécules dans le cristal. On obtient une carte
de densité électronique à trois dimensions par analyse des diagrammes
de diffraction : la première protéine globulaire à avoir ainsi livré ses
secrets structuraux dans l'espace est la myoglobine, analysée en 1955
par Kendrew.
De son côté, Perutz a établi la structure de l'hémoglobine, dont la
molécule est pratiquement sphérique. La méthode d'analyse qu'il développe
consiste à fixer des atomes lourds (du mercure par exemple) sur les
molécules formant le cristal. L'atome lourd, riche en électrons et
diffusant intensément les rayons X, provoque des variations dans
l'intensité des taches de diffraction. On obtient des résultats
intéressants en exploitant les différences observées en la présence et en
l'absence de l'atome lourd. La méthode de Perutz est une méthode de
substitution isomorphe, c'est-à-dim que les cristaux des dérivés
mercuriels de la molécule sont isomorphe de celle qui n'est pas
substituée. La densité électronique trouvée d'après les intensités
mesurées, est représentée à l'aide d'une sorte de carte géodésique, où les
lignes réunissent les points à mêmes valeurs. Vu la petitesse de leur
facteur structural, les atomes d'hydrogène ne sont pas directement
visibles sur la carte de densité électronique. On peut cependant
déterminer leur position en examinant les courbures des isolignes; et l'on
peut rendre visible la distribution spatiale de la densité en superposant
les diagrammes portés sur des feuilles transparentes.
Une
nouvelle voie de recherche s'est ainsi ouverte, nécessitant cependant
de nombreuses mesures. Par exemple, pour la myoglobine (plus petite que
l'hémoglobine), la distribution spatiale des 26 000 atomes que renferme
sa molécule a obligé Kendrew à examiner 110 échantillons cristallins et
à mesurer l'intensité d'environ 250 000 rayons X réfléchis. De plus les
calculs nécessaires, très longs, n'ont pu aboutir qu'avec l'emploi d'un
calculateur électronique.
Les travaux de Perutz et de Kendrew ont fait franchir un grand pas dans
la connaissance des molécules des protéines globulaires, dont l'intérêt
vital est connu de tous.
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