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Peintre, graveur et écrivain
français. Représentant du courant visionnaire et fantastique
de la peinture, qui par bien des apects se présente comme l'antithèse
de l'impressionnisme, Odilon Redon est considéré comme l'un
des plus importants représentants de la culture figurative et littéraire
de la deuxième moitié du XIXe siècle. Artiste cultivé
et éclectique, il se consacre à différentes formes
expressives: de la peinture au dessin, des arts décoratifs à
l'écriture (ses écrits, son journal et ses notes, sont recueillis
en 1922 dans un volume int itulé A soi-même. Jusqu'en 1890
environ, il est ignoré de la critique officielle et du public,
mais il compte parmi ses amis et admirateurs des écrivains comme
Mallarmé, Gide, Valéry, et des peintres symbolistes, comme
Paul Gauguin et les Nabis. Huysmans le cite parmi les peintres préférés
de Des Esseintes, le héros de son célèbre roman A
rebours (1884). Après avoir étudié le dessin dans
l'atelier de S. Gorin, vers 1863, il entre en contact avec Rodolphe Bresdin,
qui devient son maître, et dont la connaissance devient décisive
pour sa formation. Bresdin l'oriente en effet vers une représentation
subjective de la réalité, qui naît de l'exploration
de son monde intérieur. Son oeuvre est également influencée
par de grands peintres visionnaires comme Francisco Goya y Lucientes et
Gustave Moreau, dont Redon est un grand admirateur. Mais il doit l'élaboration
d'un style original et bizarre surtout au botanicien Claveau, qui lui
révèle le monde merveilleux du microscope. Avec Bresdin
pour guide, Redon commence à pratiquer les techniques de la gravure
et de la lithographie, avec lesquel les il réalisera certaines
de ses oeuvres les plus importantes. Jusque vers 1890, il refuse d'utiliser
la couleur et lorsque plus tard il travaillera le pastel, l'aquarelle
et la peinture à l'huile, il fera usage aussi de ces techniques
pour exalter l'as pect irrationnel et caché des thèmes les
plus banals, comme un bouquet de fleurs (Anémones, Paris,
Louvre). Entre 1870 et 1892 environ, la partie la plus consistante de
sa production est constituée par Les Noirs, série
de lithographies et de dessins au f usain exécutés sur papier
coloré. Parmi les séries gravées les plus significatives,
rappelons: Les Origines (1883); Hommage à Goya (1885);
La Nuit (1886); L'Apocalypse (1899). Profond connaisseur
de la littérature de son époque, Redon se consacre aussi
à l'illustration d'oeuvres de Mallarmé, Huysmans, Baudelaire
et Flaubert; pour La Tentation de saint Antoine, du même
Flaubert, il exécute jusqu'à trois séries de lithographies,
en 1888, 1889 et 1896. A partir de 1890, l'artiste transpose les sujets
des Noirs dans des peintures et des fusains relevés au pastel (Yeux
fermés, 1890, Paris, Louvre), mais ce n'est qu'à partir
de 1900 qu'il réintroduit définitivement la couleur dans
ses oeuvres. C'est à cette dernière période d'activité
qu'appartient un groupe de magnifiques portraits au pastel (Violette
Heymann, Musée de Cleveland) et une série d'oeuvres
à sujet religieux (Bouddha, 1906, Paris, Musée d'Orsay)
et mythologique (Le Char d'Apollon, Paris, Petit Palais; Mus. de
Bordeaux; Le Char du soleil, Paris, Musée d'Orsay). Ses
derniers dessins sont des aquarelles.
Oeuvres
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