Rontgen, Wilhelm Conrad (1845-1923)

Rontgen, Wilhelm Conrad est celui qui a découvert les rayons X en 1895. Fils d'un commerçant en textile, il naquit à Lennep en Rhénanie (Allemagne) en 1845. Rontgen vécut pendant son enfance et son adolescence en Hollande, pays natal de sa mère. Il fit ses études en ingénierie mécanique à l'école Polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse. Il obtint son diplôme en 1868. L'année suivante, il obtint un doctorat. C'est aussi à Zurich qu'il fit la rencontre de celle qui deviendra sa femme, Bertha. Rontgen poursuivit ses études de physique à Würzburg. En 1872, il fut nommé professeur à l'Université de Strasbourg et en 1879, à l'Université de Giessen. En 1888, sa renommée étant faite, il fut nommé à la tête de l'Institut de physique de l'Université de Würzburg.

Le 28 décembre 1895, Rontgen publie une communication provisoire intitulée "A propos d'une nouvelle sorte de rayons" dans le bulletin de la Société physico-chimique de Würzburg. Ce travail lui valut le tout premier prix Nobel de physique en 1901.

Sa découverte changea le monde de la science. Cette nouvelle se répandit dans le monde à une vitesse incroyable. Plusieurs chercheurs voulurent reprendre les expériences de Rontgen. Ses travaux n'ont pas seulement été connus rapidement; ils ont aussi été répétés avec une hâte inhabituelle dans le monde.

Désormais célèbre grâce à une découverte qui n'arrêtera plus d'évoluer, Wilhem Conrad Rontgen meurt le 10 février 1923. Il était alors presqu'aveugle.

Découverte

A cette époque, tous les grands physiciens se passionnent pour les propriétés des rayons cathodiques découverts par Hittorf et étudiés par Crookes. Rontgen n'est pas une exception. En novembre 1895, il commence une série d'expériences qui ont pour but d'étudier la pénétration des rayons cathodiques dans le verre. Pour ne pas être dérangé par la lumière émise par le tube cathodique, il le recouvre de papier noir opaque.

Le 8 novembre 1895, Rontgen branche la haute tension. C'est alors qu'il observe qu'un écran en carton recouvert de platinocyanure de baryum, situé près du tube à rayons cathodiques, devient fluorescent. Le phénomène arrête dès que le courant est coupé. Rontgen refait l'expérience en reculant l'écran de plusieurs centimètres. Le même phénomène se produit de nouveau. Rontgen en déduit donc que cet effet ne peut pas être dû aux rayons cathodiques eux-mêmes. Il poursuit son expérience en interposant divers objets entre le tube cathodique et l'écran fluorescent: une feuille de papier, de carton, d'aluminium, du bois, du verre... Il constate que la fluorescence persiste mais une mince feuille de plomb ou de platine fait disparaître complètement cette fluorescence. De plus, les plaques photographiques sont impressionnées. Ne sachant comment baptiser ces rayons invisibles et pénétrants, Rontgen les nomme "rayons X", du nom de l'inconnu algébrique habituel. Le physicien continue ses recherches en vue de découvrir les propriétés et la nature de ces rayons.

Il tire quatre conclusions:

"- Les rayons X sont absorbés par la matière; leur absorption est en fonction de la masse atomique des atomes absorbants.

- Les rayons X sont diffusés par la matière; c'est le rayonnement de fluorescence.

- Les rayons X impressionnent la plaque photographique.

- Les rayons X déchargent les corps chargés électriquement."

La découverte de Rontgen donna naissance à la radiologie. La première radiographie réalisée fut celle de la main de Madame Rontgen, munie de son alliance. Rontgen laissa son nom à l'unité de mesure utilisée en radiologie pour évaluer une exposition aux rayonnements. Le symbole des Rontgen est R.

Impact sur la société


La découverte de Rontgen fit rapidement le tour de la terre. En 1897, Antoine Béclère, pédiatre et clinicien réputé, créa, à ses frais, le premier Laboratoire Hospitalier de Radiologie. Tout le monde voulait faire photographier son squelette. Mais pendant longtemps, les doses étaient trop fortes. Par exemple, Henri Simon, photographe amateur, a laissé sa vie au service de la radiologie. Chargé de prendre les radiographies, les symptômes dus aux radiations ionisantes apparurent après seulement deux ans de pratique. On lui amputa d'abord la main (qui était constamment en contact avec l'écran fluorescent) mais ensuite, un cancer généralisé se déclara.

Au début de la radiologie, les rayons X étaient utilisés à des fins multiples: dans les fêtes foraines où on exploitait le phénomène de fluorescence, dans les magasins où l'on étudiait l'adaptation d'une chaussure au pied des clients grâce au rayonnement et bien sûr, on les utilisait pour la radiographie médicale. Encore là, on fit quelques erreurs, par exemple en radiographiant les femmes enceintes.

Avec les années, on diminua la durée des examens et les quantités administrées. Cent ans après leur découverte, on se sert encore des rayons X en radiographie moderne. On les utilise aussi dans les scanners, pour effectuer des coupes du corps humain. Plusieurs autres techniques sont venues compléter les appareils des médecins: les ultrasons, l'imagerie par résonance magnétique nucléaire, la scintigraphie ou encore la tomographie par émission de positrons.

Mais on ne se sert pas des rayons X seulement en médecine; les douaniers les utilisent pour examiner le contenu des valises sur écran. Les policiers les exploitent afin d'analyser les fibres textiles et les peintures se trouvant sur le lieu d'un sinistre. En minéralogie, on peut même identifier divers cristaux à l'aide de la diffraction des rayons X.

Un siècle s'est écoulé depuis la découverte des rayons X par Wilhem Conrad Rontgen. Ce physicien allemand, solitaire et déterminé, a fait une découverte qui n'a cessé d'évoluer. A travers les années, on a découvert les avantages et les inconvénients de ces rayons. On a aussi appris à les doser, de sorte qu'aujourd'hui, ils sont beaucoup moins nocifs pour notre santé. En cent ans, les rayons X sont devenus utiles dans divers domaines. Wilhem Conrad Rntgen serait sûrement très fier de constater l'évolution de sa découverte!