| Compositeur français
qui marqua l'écriture musicale moderne. Né à Honfleur,
il étudia au Conservatoire de Paris et travailla comme pianiste de
cabaret au Chat-Noir puis à l'auberge du Clou, où il rencontra
Debussy. Il composa dans les années 1880 et 1890 de nombreuses pièces
pour piano, dont les célèbres Gymnopédies (1888) et
les Gnossiennes (1890). Conscient néanmoins que sa formation en contrepoint
était insuffisante, il décida à l'âge de quarante
ans de reprendre ses études à la Schola Cantorum sous la houlette
de Vincent d'Indy et d'Albert Roussel. Il reprit ensuite la composition,
écrivant essentiellement des uvres pour piano auxquelles il
attribua, comme naguère, des titres surréalistes qui avaient
apparemment peu de rapport avec la musique : Trois Véritables Préludes
flasques (pour un chien) (1913), Sonatine bureaucratique (1917), ou encore
Trois Morceaux en forme de poire (1903, pour piano à quatre mains).
Procédant à l'innovation de certains procédés
harmoniques par réaction à la lourdeur et à la complexité
de la musique de son temps, il fraya la voie à l'esthétique
des années 1920. Plusieurs jeunes compositeurs, en particulier les
novateurs du groupe des Six qui l'avaient découvert grâce à
Jean Cocteau, le considéraient comme un maître. Admiré
par Maurice Ravel, estimé par Claude Debussy, il écrivit également
Sports et Divertissements pour piano (1914), les ballets Parade (1917),
monté par Diaghilev et Cocteau avec des décors conçus
par Picasso, et Mercure (1924), ainsi que Socrate (1919) pour quatre sopranos
et orchestre de chambre, d'après les dialogues de Platon. |