| Scarlatti, (Giuseppe) Domenico, (1685-1757) | |
| Compositeur et claveciniste
italien qui marqua l'histoire de la musique avec ses uvres vocales
et surtout avec ses sonates pour clavecin. Né à Naples, Domenico Scarlatti étudia d'abord avec son père, Alessandro Scarlatti, puis avec le compositeur italien Francesco Gasparini à Venise, où il rencontra Vivaldi et Haendel. Nommé en 1701 organiste à la chapelle royale de Naples, il composa deux premiers opéras (Ottavaia ristituita al trono, 1702, et Giustino, 1703). Le remaniement de l'opéra Irene (1710) de Carlo Francesco Pollarolo, qu'il entreprit en 1704, lui apporta son premier succès. Au cours des années suivantes, Scarlatti vécut successivement à Rome, à Naples et à Lisbonne, où il délaissa l'opéra pour la musique sacrée. En 1729, il suivit à Séville Maria Barbara, l'infante du Portugal, puis fut appelé en 1733 à la cour d'Espagne, à Madrid, où il fut nommé maître de musique lorsque le prince Ferdinand monta sur le trône en 1746 sous le nom de Ferdinand VI le Sage. Auteur d'environ 550 sonates pour clavecin et grand virtuose du clavier, Scarlatti développa des figures d'un style novateur et d'une difficulté technique extrême : arpèges, batteries (répétition rapide d'une note), sauts, croisements de mains, dissonances. Ses sonates, écrites en un seul mouvement à deux parties et dont un grand nombre révèlent une inspiration espagnole, sont souvent monothématiques, c'est-à-dire qu'elles contiennent deux parties semblables. Nombre d'entre elles sont cependant «!ouvertes!» ou plurithématiques, et opposent des tonalités différentes, faisant montre d'une audace harmonique poussée jusqu'à la frontière de la polytonalité. Influencé par la musique populaire andalouse de son pays d'adoption dans l'écriture de ses sonates, et usant d'ornementations comme l'acciacatura (exécution rapide d'une ou de plusieurs notes accessoires) ou les chromatismes, Scarlatti est considéré comme le compositeur annonciateur du classicisme musical et est comparé aux compositeurs romantiques tels Schumann, Brahms et même Albéniz ou Ravel. Il a également laissé une quinzaine d'opéras, de la musique sacrée, dont sa dernière composition, Salve Regina (1756), et des uvres instrumentales. |
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