Sisley, Alfred (1839-1899)
Peintre anglais (Paris, 1839 — Moret-sur-Loing, Seine-et-Marne, 1899). En

1855, les parents, britanniques, d'Alfred Sisley (son père, riche négociant-commissionnaire établi en France, travaillait avec l'Amérique du Sud) envoyèrent leur fils en Angleterre dans l'espoir de le voir entreprendre une carrière commerciale.

La formation

Peu doué pour le commerce, Sisley est de retour à Paris en 1862. Il entre aussitôt à l'École des beaux-arts dans l'atelier de Charles Gleyre, où il se lie d'amitié avec Bazille, Monet et Renoir. En même temps qu'eux, il délaisse l'École deux ans plus tard, au moment où Gleyre cesse d'y enseigner. Puis, à l'exemple de ses amis, il s'attache à peindre en plein air, d'abord à Chailly-en-Bière, près de Fontainebleau, ensuite à Marlotte (1865-1866).

Le tableau qu'il expose au Salon de 1866, l'Allée de châtaigniers à La Celle-Saint-Cloud, révèle la triple influence de Corot, Courbet et Daubigny sur ses premières œuvres. En 1867, il travaille à Honfleur en compagnie de Bazille, qui peint son portrait.

Un impressionniste décrié

À partir de 1870 (année où son père, ruiné par la guerre, n'est plus en mesure de lui assurer sa sécurité matérielle), Sisley adopte une manière qui se rapproche indubitablement de celle de Monet, Renoir et Pissarro (le Pont à Villeneuve-la-Garenne, 1872). Il faut remarquer que c'est une conception traditionnelle de l'espace qui présidera à l'élaboration de la majorité de ses œuvres et que les effets impressionnistes d'aplatissement des formes ne semblent pas relever chez lui d'une technique concertée.

À son retour de Londres, où il s'était réfugié durant la Commune et où il avait rencontré le marchand Durand-Ruel, Sisley entame la carrière d'un peintre décrié. Contrairement à la plupart des artistes impressionnistes, il ne connaît aucun succès auprès de la critique et la pauvreté ne cessera de le poursuivre. Si l'on excepte trois brefs séjours, l'un en Angleterre (1874), l'autre en Normandie (1894) et le dernier au pays de Galles (1897), il ne quitte plus l'Île-de-France. Il travaillera à Marly (l'Inondation à Port-Marly, 1876), Bougival (Bateaux à l'écluse de Bougival, 1873), Louveciennes (la Neige à Louveciennes , 1874), Sèvres et Saint-Cloud.
Sa participation aux expositions impressionnistes de 1874, 1876, 1877 et 1882, parfois saluée avec sympathie, ne soulève jamais l'enthousiasme. En 1883, Durand-Ruel lui consacre une exposition particulière. L'année précédente, Sisley s'était définitivement fixé à Moret-sur-Loing, dans une région qui, à la fin de sa vie, deviendra sa source principale d'inspiration (le Canal du Loing). Marié, père de famille, Sisley est mort sans s'être vu accorder la nationalité française qu'il sollicitait depuis 1895.

Oeuvres