Xenakis, Yannis, (1922- )
Compositeur français d'origine grecque ayant appliqué des principes mathématiques dans la musique. Né à Bräila, en Roumanie, Xenakis grandit en Grèce, où il fit des études d'ingénieur. Engagé dans la résistance grecque pendant la Seconde Guerre mondiale, il perdit un œil à la suite d'une blessure au visage. Après la guerre, il dut fuir la Grèce en raison de ses activités politiques et se réfugia en France, où il vit depuis lors (il a acquis la nationalité française en 1965). Il étudia à Paris avec Arthur Honegger, Darius Milhaud et Olivier Messiaen, et fut, de 1948 à 1960, assistant de l'architecte Le Corbusier, participant à ce titre, en 1958, à la conception du pavillon Philips de l'Exposition universelle de Bruxelles, dont le plan s'inspirait partiellement de son œuvre orchestrale Metastasis (1954). Il tenta d'établir des liaisons entre la composition musicale et les concepts de la physique, de l'architecture et, surtout, des mathématiques. Sa méthode de musique stochastique est fondée sur des principes mathématiques tels que la théorie des ensembles, la logique symbolique et le calcul des probabilités, qui tendent vers un but, le stokhos. Il a eu recours à l'aléatoire, mais dans un cadre global, contrôlé de telle sorte que la musique qui en résulte soit entièrement écrite. Il a fondé en 1966 le Centre d'études mathématiques et automatiques musicales. Il excelle aussi dans l'évocation de certains rituels anciens, comme dans l'Oresteia (1966), musique de scène pour la tragédie d'Eschyle, Medea (1967), ainsi que dans Persepolis (1971), spectacle son et lumières avec musique électro-acoustique, organisé dans les ruines de la ville iranienne du même nom. Pour les titres de ses œuvres, il emploie des mots grecs. Parmi ses ouvrages les plus récents figurent de vastes partitions orchestrales avec ou sans voix et avec ou sans bande : Aïs (1979), Nekuia (1981), Ata (1987) et Kyania (1990).