| Compositeur français d'origine grecque
ayant appliqué des principes mathématiques dans la musique.
Né à Bräila, en Roumanie, Xenakis grandit en Grèce,
où il fit des études d'ingénieur. Engagé dans
la résistance grecque pendant la Seconde Guerre mondiale, il perdit
un il à la suite d'une blessure au visage. Après la
guerre, il dut fuir la Grèce en raison de ses activités politiques
et se réfugia en France, où il vit depuis lors (il a acquis
la nationalité française en 1965). Il étudia à
Paris avec Arthur Honegger, Darius Milhaud et Olivier Messiaen, et fut,
de 1948 à 1960, assistant de l'architecte Le Corbusier, participant
à ce titre, en 1958, à la conception du pavillon Philips de
l'Exposition universelle de Bruxelles, dont le plan s'inspirait partiellement
de son uvre orchestrale Metastasis (1954). Il tenta d'établir
des liaisons entre la composition musicale et les concepts de la physique,
de l'architecture et, surtout, des mathématiques. Sa méthode
de musique stochastique est fondée sur des principes mathématiques
tels que la théorie des ensembles, la logique symbolique et le calcul
des probabilités, qui tendent vers un but, le stokhos. Il a eu recours
à l'aléatoire, mais dans un cadre global, contrôlé
de telle sorte que la musique qui en résulte soit entièrement
écrite. Il a fondé en 1966 le Centre d'études mathématiques
et automatiques musicales. Il excelle aussi dans l'évocation de certains
rituels anciens, comme dans l'Oresteia (1966), musique de scène pour
la tragédie d'Eschyle, Medea (1967), ainsi que dans Persepolis (1971),
spectacle son et lumières avec musique électro-acoustique,
organisé dans les ruines de la ville iranienne du même nom.
Pour les titres de ses uvres, il emploie des mots grecs. Parmi ses
ouvrages les plus récents figurent de vastes partitions orchestrales
avec ou sans voix et avec ou sans bande : Aïs (1979), Nekuia (1981),
Ata (1987) et Kyania (1990). |