| Zsigmondy, Richard Adolf (1865-1929) |
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Né le ler avril 1865 à Vienne, où son père exerçait la profession de médecin (il était en outre l'inventeur de divers instruments chirurgicaux), Richard Zsigmondy montra dès son plus jeune âge de l'intérêt pour la physique et la chimie. Il fit ses études à l'Université de Vienne, puis à celle de Munich. Les ayant terminées, il exerça pendant trois ans (de 1890 à 1893) les fonctions d'assistant auprès du professeur von Muller à Munich, et ensuite du professeur Kundt, à Berlin. Ce sont les travaux de ce demier sur les spectres de substances fortement absorbantes qui exercè~nt une grande influence sur le déroulement de la carrière de Zsigmondy. Car son intérêt se porte alors sur les couleurs que prend la porcelaine cuite à haute température lorsqu'on y a déposé des solutions organiques d'or, les substances mélangées à l'or étant déterminantes pour la coloration. En 1893, il revient en Autriche et occupe un poste de maître de conférences à l'Ecole Polytechnique de Graz, tout en poursuivant systématiquement ses travaux sur la dorure et la coloration or. C'était déjà là l'une
des préoccupations des alchimistes. En 1679, J. Kunckel, l'un de ces "faiseurs
d'or", avait réussi à fabriquer des "rubis". A. Cassius (mort en 1673)
avait préparé le "pourpre d'or" qui porte son nom. En 1857, l'Anglais
M. Faraday expliqua que la coloration des rubis est due à une dispersion
de fines particules d'or, et que l'on peut obtenir des teintes plus prononcées
en ajoutant aux dispersions métalliques de petites quantités de phosphore
dissous dans l'éther. Ces fines dispersions d'or furent appelées colloïdes,
terme qu'introduisit Th. Graham, dont les travaux (1861) ont montré que
l'on peut séparer les cristalloïdes des colloïdes en solution aqueuse
par dialyse à travers une membrane appropriée. Ces solutions colloïdales
d'or se comportent de la même façon que les solutions de gélatine ou de
colle animale. Il est nommé en
1907 professeur de chimie organique à l'Université de Gbttingen, et asssure
en même temps la direction de l'Institut de Chimie, fonctions qu'il occupera
jusqu'à sa mort. Zsigmondy a publié plusieurs ouvrages sur l'absorption de la lumière par les verres colorés, sur la technique d'analyse des gaz, et bien entendu sur l'ultramicroscope et ses applications à l'étude des colloïdes. Son oeuvre maîtresse
est l'étude de l'influence de composés ayant des propriétés très différentes
sinon opposées, et qui pnduisent cependant les mêmes effets sur la couleur
des dispersions ou des solutions colloïdales d'or. Pour expliquer ce phénomène,
il commença par étudier le "pourpre d'or" de Cassius, préparé à partir
d'une solution colloïdale d'or rouge foncé, par action d'un mélange de
chlorure stanneux et de chlorure stannique. Il démontra qu'il s'agissait
d'une dispersion d'or dans l'acide stannique colloïdal. On utilisait ce
pigment rouge pour la coloration du verre et de la porcelaine. On doit également
à Zsigmondy plusieurs découvertes d'application pratique : citons le filtre-membrane
(1918) et l'ultra-filtre (1922). Zsigmondy est mort à GOttingen le 24 septembre 1929. |