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29 mai 1957 - Oradour-sur-Glane, Deir
Yassine en Palestine (1), My-Lai au Vietnam
(2): il est sous tous les cieux des hauts lieux
de l'horreur. Ils témoignent de la folie qui s'empare parfois des
hommes lorsqu'ils sont décidés à imposer par tous
les moyens leur volonté et ont recours, pour briser tout esprit
de résistance, à la terreur, au massacre aveugle et systématique.
Le FLN algérien, dans sa volonté d'assurer, coûte
que coûte, son emprise sur les populations a ajouté lui aussi
quelques lignes à la longue liste des crimes contre l'humanité.
Le martyre de Melouza en est sans doute le meilleur exemple.
Ce gros bourg situé sur les Hauts Plateaux au nord de la ville
de M'Sila, à la charnière du Constantinois et de la Kabylie,
était pourtant gagné aux idées nationalistes, mais
dans les premiers mois de 1957, il passe sous l'influence du Mouvement
nationaliste algérien (MNA) qui se réclame de Messali Hadj
et s'oppose au FLN. Les troupes du MNA, commandées par le "général
"Bellounis, bénéficient de la neutralité , voire
d'un soutien discret de l'armée française qui trouve là
un moyen de contrer le FLN. Ce Front, pour qui cette région revêt
une grande importance stratégique, s'en voit peu à peu éliminé.
Certains de ses émissaires sont abattus. Les clivages culturels
enveniment le conflit, la population, pour l'essentiel la tribu des Beni-Illemane,
étant arabophone et supportant mal les exigences des maquisards
kabyles.
Une première expédition armée ayant été repoussée
définitivement, le chef de la wilaya kabyle, le colonel Mohamed
Saïd, décide de reprendre, au matin du 28 mai 1957, la situation
en main et de faire un exemple en employant les grands moyens. Six sections
de l'Armée de libération nationale (ALN), branche armée
du FLN, commandées par le capitaine Arab assisté d'Abdelkader
Sahnoun convergent sur Melouza et encerclent le douar. Elles regroupent
au total 350 hommes bien armés.
Les maquisards, présents sur les lieux, tentent de les stopper
mais leur résistance est brisée. Au début de l'après-midi,
les troupes du FLN, maîtresses des lieux, font sortir des gourbis
tous les hommes du village et les rassemblent sur la place. Les prisonniers
sont conduits à Mechta Kasbah, un hameau situé à proximité,
Là , ils sont systématiquement massacrés à coup
de pioche, de couteau, de hache.
Dans les maisons et les ruelles transformées en abattoir, l'armée
française, à son arrivée sur les lieux deux jours plus
tard, dénombrera 315 cadavres.
Le martyre de Melouza fut abondamment exploité par la propagande
française, qui expliqua le massacre par les sentiments profrançais
des habitants du village, alors qu'il s'agissait d'un conflit fratricide.
Le résultat recherché par le FLN fut atteint. Le "général"
Bellounis, effrayé par le carnage, demanda quelques jours plus tard
un rendez-vous au capitaine Combette, responsable de la région
et lui annonça qu'il se ralliait à l'armée française,
ce qui le discréditait-à quel prix-aux yeux des nationalistes.
DANIEL JUNQUA
Octobre 1985
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