| Papouasie-Nouvelle Guinée |
| En 1883, le gouvernement
du Queensland, en Australie, annexa le sud-est de l'île de la Nouvelle-Guinée
au nom de la Grande-Bretagne, afin de freiner les revendications allemandes.
L'année suivante, la Grande-Bretagne plaça le sud-est sous
protectorat de la Nouvelle-Guinée britannique. L'Australie se vit
confier l'administration de ce territoire en 1901. En 1906, la Grande-Bretagne
transféra l'autorité politique sur la Papouasie-Nouvelle-Guinée
à l'Australie. Le territoire fut alors renommé Papua. Au début
de la Première Guerre mondiale, l'Australie occupa également
le quart nord-est, auparavant sous contrôle allemand, mais les deux
régions furent administrées comme deux entités différentes.
À la fin du conflit, le quart nord-est passa sous mandat de la Société
des nations. Durant l'administration australienne, le pays bénéficia,
d'une part, de la mise en place d'un système d'éducation et
de réformes sanitaires, d'autre part, de la création de plantations
de cultures commerciales. En 1942, au cours de la Seconde Guerre mondiale, les forces japonaises envahirent une partie de l'île et arrivèrent à 56 km de Port Moresby. Elles occupèrent cette partie du pays jusqu'à ce qu'une contre-attaque des États-Unis et de l'Australie ne les chassât à la fin de l'année. Après la guerre, les Nations unies nommèrent l'Australie administrateur de toute la moitié est de la Nouvelle-Guinée. L'Australie unifia alors la gestion des anciens territoires britanniques et allemands, et poursuivit ses efforts pour développer l'éducation et l'économie. Afin de préparer le pays à l'indépendance, les Australiens encouragèrent l'établissement d'institutions démocratiques. Des conseils de villages furent créés en 1950, et l'année suivante un conseil législatif national fut mis en place; il fut remplacé en 1964 par une assemblée. Un gouvernement central papou fut formé en 1972 et, le 1er décembre 1973, les territoires de Papua et de Nouvelle-Guinée devinrent l'État autonome de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le pays fut totalement indépendant le 6 septembre 1975, avec comme Premier ministre, Michael T. Somare, chef du Pangu Pati. Démis de ses fonctions par un vote de défiance en 1980, il fut remplacé par sir Julius Chan, chef du parti pour le Progrès du peuple. Ce fut à cette période que le pays dut envoyer ses troupes sur l'île voisine de Vanuatu pour y étouffer une révolte. Le séparatisme est un problème auquel est confrontée la Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis son indépendance. L'introduction d'un gouvernement de province décentralisé en 1976 aida à contenir les revendications pendant un temps, mais le mouvement resurgit en 1988 sur Bougainville. L'île a une longue tradition séparatiste, exacerbée à la fin des années 1980 par les conséquences écologiques de quinze ans de production de cuivre dans les gisements découverts dans les années 1970. En 1989, un mouvement séparatiste, l'Armée révolutionnaire de Bougainville, lança une insurrection qui conduisit rapidement à la fermeture des mines de cuivre. Les troupes de Papouasie-Nouvelle-Guinée durent se retirer de l'île en mars 1990, et l'Armée révolutionnaire proclama Bougainville république indépendante deux mois plus tard. En janvier 1991, un accord de paix fut signé, mais les combats reprirent au retour des troupes gouvernementales dans l'île en octobre 1992. Leurs raids dans les îles Salomon pour détruire les voies d'approvisionnement des sécessionnistes, entraînèrent des protestations du gouvernement des îles Salomon, et des affrontements entre les bateaux-patrouilles papous et ceux des îles Salomon en 1993. Début 1994, les forces de Papouasie-Nouvelle-Guinée prirent le contrôle du port, de l'aéroport et de la capitale de Bougainville, Arawa. |