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26 mai 1942 - Né le 10 octobre 1898 à Caen
d'une famille alsacienne, Pierre Koenig venait d'achever ses études
secondaires lorsqu'il s'engagea à dix-sept ans. En 1917, il est aspirant
au 36e régiment d'infanterie. Il termine la première
guerre mondiale avec le grade de sous-lieutenant, la médaille militaire
et trois citations.
Passé dans les chasseurs alpins, il est envoyé en Silésie
tchèque, puis en Silésie polonaise, dans les Alpes, enfin
en Rhénanie, de 1923 à 1929.
En 1930, il est affecté à la légion étrangère.
Avec la 13e demi-brigade, il participe à la pacification
du Maroc. Il est ensuite affecté à l'état-major de Marrakech.
Il rejoint la 13e demi-brigade et, volontaire pour le corps
expéditionnaire, s'embarque en 1940 pour la Norvège. Le
commandant Koenig - il a été promu pendant la traversée
vers Narvik - joue un rôle de premier plan dans la prise de Namsos
et résiste aux violentes attaques allemandes.
La 13e demi-brigade est ramenée en France. Elle débarque
en Bretagne le jour même où les Allemands atteignent Rennes.
Les légionnaires regagnent la Grande-Bretagne. Les uns, derrière
le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey, qui prend le pseudonyme de "Monclar",
et le commandant Koenig, se rallient au général de Gaulle
les autres regagnent la France et l'Afrique du Nord.
Le 31 Août, il s'embarque avec les forces qui vont tenter de rallier
Dakar à la France libre. Après l'échec de l'opération,
il participe à la pénible campagne du Gabon. En décembre
1940, il est nommé commandant militaire du Cameroun et promu lieutenant-colonel.
Au début de l'année suivante, il est envoyé au Levant
et prend part à la campagne de Syrie comme chef d'état-major
du général Legentilhomme, commandant la 1re division française
libre (1re DFL). A ce titre, il assiste aux discussions de la commission
d'armistice de Saint-Jean-d'Acre.
Lorsque la 1re DFL passe sous le commandement du général
de Larminat, le général Koenig-il a été promu
à ce grade le 12 juillet 1941-est placé à la tête
de la 1re brigade française libre (BFL), où il retrouve notamment
la 13e demi-brigade de la légion étrangère.
La 1re brigade est engagée dans la lutte contre l'Afrika-Korps
de Rommel, qui progresse en Cyrénaïque et en Tripolitaine
et menace Alexandrie. En mai 1942, cinq mille six cents hommes de la 1re
BFL, sous les ordres du colonel Amilakvari, tiennent le point d'appui
de Bir-Hakeim, au sud-ouest de Tobrouk, à l'aile gauche de la VIIIe
armée britannique. Le général Koenig est venu encourager
ses hommes. Le point d'appui tiendra sous les attaques de Rommel du 27
mai au 10 juin. Le chef de l'Afrika-Korps, qui ignorait la présence
d'un officier général à Bir-Hakeim, enverra aux troupes
qu'il assiège un ultimatum les sommant de ne pas "verser le
sang inutilement"de hisser le drapeau blanc. Koenig répond
par un refus énergique.
La position ayant joué son rôle et permis aux forces britanniques
de se replier sur des positions solides, le général réussira
à percer à travers les champs de mines avec la plus grande partie
de ses hommes. Toujours sous les ordres du général de Larminat,
de chef de la 1re brigade française libre participera à la
campagne de Tunisie.
Le 1er août 1943, à Alger, le général
Koenig devient chef d'état-major adjoint de l'armée. Au
cours de l'année suivante, il est nommé délégué du
gouvernement d'Alger auprès du général Eisenhower,
commandant suprême interallié et commandant supérieur
des forces françaises en Grande-Bretagne et surtout commandant
des forces françaises de l'intérieur (FFI).
Il est alors sur de nombreux points en désaccord avec le comité militaire
d'action (COMAC) de la Résistance. Sa nomination, aussitôt
après la Libération, au poste de gouverneur militaire de
Paris est considérée par certains comme destinée
à limiter, et le cas échéant à combattre, l'action
du Parti communiste.
Un an plus tard, le 23 juillet 1945, le général Koenig succède
à de Lattre au poste de commandant en chef français en Allemagne.
Il le demeurera jusqu'au 10 août 1949, où il remet ses pouvoirs
civils à André François-Poncet. Il est alors nommé inspecteur
général des forces terrestres, maritimes et aériennes
en Afrique du Nord.
Aux élections législatives de juin 1951, le général,
qui a adhéré au Rassemblement du peuple français (RPF),
pose sa candidature à Strasbourg.
Elu, il devient, à l'Assemblée, président de la commission
de la défense nationale. Chargé d'étudier pour avis
le projet portant ratification du traité de la Communauté européenne
de défense (CED), il fait adopter par la commission un rapport
concluant au rejet. Après la chute de Dien-Bien-Phu, il préconise
l'envoi du contingent en Indochine.
Ministre de la défense nationale et des forces armées dans
le cabinet Mendès France, en juin 1954, il le quitte en raison
de leur désaccord sur la Communauté européenne de défense,
qu'il combat. Cependant, en février 1955, il retrouve, avec Edgar
Faure, le même poste ministériel. Mais, une nouvelle fois,
il va donner sa démission, le 18 août il est opposé à la
politique marocaine du gouvernement.
Il demeurera député, réélu en 1956 dans le Bas-Rhin,
jusqu'en 1958, où il ne se représente pas.
Sa seule participation à la vie publique résidera désormais
dans l'association du Comité de solidarité française
avec Israël, fondé en 1967, et qu'il préside jusqu'à sa
mort en 1970.
JEAN PLANCHAIS
Le Monde du 4 septembre 1970
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