| Gabon |
| L'histoire
ancienne du pays demeure mal connue et l'on sait très peu de choses
sur ses premiers habitants, les traditions orales se référant
à une période beaucoup plus récente. La découverte
de vestiges datant du Paléolithique et du Néolithique a révélé
cependant une occupation très ancienne du territoire de l'actuel
Gabon, alors qu'il était couramment admis, jusque dans les années
1960, que les forêts n'avaient pas été pénétrées.
Les Pygmées sont les premiers habitants connus de la forêt
gabonaise. Vers le XIIIe siècle, les peuples de l'ouest (Myénés,
Mpongwés, Orungous et Galoas), étaient établis dans
le pays. Ceux du sud-ouest, dont les Pounous, vinrent du Congo, ceux du
sud-est (Nzabis, Tégués) sont liés aux Batékés
de Brazzaville. L'installation des Fangs, dans le nord, fut plus récente.
De la traite des Noirs à la colonisation française En 1472, les Portugais parvinrent jusqu'à l'estuaire du Gabon et longèrent ensuite la côte atlantique. Les Portugais, puis les Français, les Hollandais et les Anglais développèrent, durant les siècles suivants, la traite négrière, à destination des pays du Nouveau Monde. Les Français furent les premiers à s'établir dans le pays de manière permanente: en 1839, ils signèrent un traité avec le souverain mpongwé et, cinq ans plus tard, ils créèrent un poste militaire dans l'estuaire du Gabon. Dès lors, les missions catholiques françaises se multiplièrent dans le pays. En 1849, Libreville fut fondée par des esclaves que des officiers français avaient tirés des cales d'un navire négrier. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, les Français étendirent leur influence jusqu'à l'intérieur du pays, signant des accords avec les peuples du sud-est. Entre 1875 et 1885, Pierre Savorgnan de Brazza explora l'Ogooué et atteignit le fleuve Congo. Après que la frontière entre le Cameroun allemand et le Gabon français eut été fixée au congrès de Berlin, le Gabon devint, en 1886, un territoire de l'Empire colonial français. Les sociétés commerciales de la métropole reçurent de vastes concessions et s'engagèrent dans l'exploitation de l'okoumé. La mise en valeur du territoire demeura toujours très limitée. À partir de 1899, le Gabon fut rattaché au Congo français, Libreville demeurant la capitale du territoire ainsi étendu. En 1904, elle perdit cependant ce statut au profit de Brazzaville. En 1910, le Gabon devenait une colonie de l'Afrique-Équatoriale française (AÉF). L'entre-deux-guerres fut marqué par l'extension du travail forcé, auquel les autorités coloniales recoururent pour la construction du chemin de fer Congo-Océan. Les conditions de vie et de travail étaient telles sur le chantier, où 20000 à 30000 hommes trouvèrent la mort, qu'elles suscitèrent les premières révoltes massives contre l'administration française. L'une des voix qui s'élevèrent pour dénoncer les abus fut celle de Léon M'Ba, nommé chef du canton fang en 1922. Il fut exilé en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine) en 1933. Acquis à la France libre après 1941, à l'issue d'affrontements meurtriers entre colons vichystes et gaullistes, le Gabon devint, en 1946, territoire français d'outre-mer, et récupéra la région du haut-Ogooué. Cette région, où se situent les plus riches gisements miniers du Gabon, avait été transférée au Congo en 1925. En 1958, le Gabon vota pour son intégration au sein de la Communauté française. Léon M'Ba devint le Premier ministre de la République autonome du Gabon. Il fut confronté aux critiques de la plupart des partis d'opposition, qui lui reprochaient d'avoir ainsi renoncé à l'indépendance. Celle-ci fut proclamée deux ans plus tard, le 17 août 1960. Le Gabon indépendant Léon M'Ba, élu président du nouvel État en 1961, fut renversé par un coup d'État militaire trois ans plus tard. Les troupes françaises, conformément à un accord de défense signé entre les deux pays, intervinrent pour le rétablir au pouvoir. Réélu président en 1967, M'Ba mourut la même année. Son vice-président, Albert Bernard Bongo, lui succéda. Il institua, en 1968, un régime de parti unique, fondé sur le Parti démocratique gabonais (PDG). En 1973, Bongo, réélu président sans opposition, se convertit à l'islam et prit le prénom d'Omar. Cette conversion marqua une réorientation relative de la politique étrangère du pays. En 1974, le Gabon devint membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) puis, en 1979, intégra la Conférence islamique. Dans la même période, l'État gabonais prenait des participations dans de nombreuses firmes étrangères et des Gabonais occupèrent des postes de direction autrefois dévolus aux étrangers. Toutefois, les relations avec la France ne furent jamais rompues, l'ancienne puissance coloniale conservant des intérêts économiques au Gabon, auquel la liaient également des accords de défense. Les premières années de la décennie 1980 virent la création d'un mouvement clandestin fédérant l'opposition au régime d'Omar Bongo, lequel était également critiqué en France. Mais ce fut la chute des cours du pétrole, entraînant des difficultés économiques et nécessitant l'adoption d'un plan d'ajustement structurel sous l'égide du Fonds monétaire international (FMI), qui précipitèrent la démocratisation de la vie politique. De 1987 à 1989, manifestations et émeutes se multiplièrent dans les villes. En 1990, l'autorisation du multipartisme se concrétisa par la tenue d'élections législatives, dont les résultats furent contestés par l'opposition. De violentes émeutes éclatèrent, notamment à Port-Gentil, qui provoquèrent l'intervention militaire de la France. L'Assemblée nationale promulgua une nouvelle Constitution en mars 1991, dans un contexte de grèves et de troubles sociaux. L'élection présidentielle de décembre 1993 ne contribua pas à apaiser l'opposition démocratique, qui accusa la présidence de fraude. Le père Paul M'Ba Abessolé, candidat populiste arrivé en deuxième position derrière Omar Bongo, constitua un gouvernement parallèle qui reçut le soutien de toute l'opposition. De nouvelles émeutes, à Libreville et à Port-Gentil, en 1994, contribuèrent à l'ouverture de négociations entre le pouvoir et l'opposition. Les accords, difficilement négociés à Paris et conclus à Libreville en octobre 1994, prévoyant la formation d'un gouvernement d'union nationale et la tenue de nouvelles élections législatives en 1996, furent approuvés par référendum en juillet 1995. Le code électoral gabonais devait être profondément révisé avant l'organisation du scrutin. |