Du Bellay, Joachim (1522-1560)

A monsieur d'avanson
A son livre
Après avoir longtemps erré sur le rivage
Astres cruels, et vous dieux inhumains
Au fleuve de Loire
Au Roi
Ayant tant de malheurs gémi profondément
Bien qu'aux arts d'Apollon le vulgaire n'aspire
C'est ores, mon Vineus, mon cher Vineus, c'est ore
Baif, qui, comme moi, prouves l'adversité
C'était alors que le présent des dieux
C'était ores, c'était qu'à moi je devais vivre
Ce n'est l'ambition, ni le soin d'acquérir
Ce n'est le fleuve tusque au superbe rivage
Ce rusé Calabrais tout vice, quel qu'il soit
Celle que Pyrrhe et le Mars de Libye
Celle qui de son chef les étoiles passait
Cependant que la Cour mes ouvrages lisait
Cependant que Magny suit son grand Avanson
Cependant que tu dis ta Cassandre divine
Cependant que tu suis le lièvre par la plaine
Ces grands monceaux pierreux, ces vieux murs que
   tu vois

Ceux qui sont amoureux, leurs amours chanteront
Comme l'on voit de loin sur la mer courroucée
Comme le champ semé en verdure foisonne
Comme le marinier, que le cruel orage
Comme on passe en été le torrent sans danger
Comte, qui ne fis onc compte de la grandeur
D'un vanneur de blé aux vents
De ce qu'on ne voit plus qu'une vague campagne
Déjà la nuit en son parc amassait
Depuis que j'ai laissé mon naturel séjour
Dessus un mont une flamme allumée
Divins esprits, dont la poudreuse cendre
Espérez-vous que la postérité
Et puis je vis l'arbre dodonien
Finalement sur le point que Morphée
France, mere des arts
Heureux qui, comme Ulyss
Heureux, de qui la mort
J'aime la liberté, et languis en service
Je hais plus que la mort un jeune casanier
Je me ferai savant en la philosophie
Je n éscris point d'amour
Je ne commis jamais fraude ni maléfice
Je ne veux feuilleter les exemplaires Grecs
Je ne veux point fouiller au sein de la nature
Je vis haut élevé sur colonnes d'ivoire
Je vis l'oiseau qui le soleil contemple
Je vis sourdre d'un roc une vive fontaine
Je vis un fier torrent, dont les flots écumeux
L'Olive
La Complaînte du désespéré
La nef qui longuement a voyagé, Dillier
Las où est maintenant
Le Babylonien ses hauts murs vantera
Le Breton est savant et sait fort bien écrire
Maintenant je pardonne à la douce fureur
Malheureux l'an, le mois, le jour, l'heure et le point
Maraud, qui n'es maraud que de nom seulement
Marcher d'un grave pas


Mars, vergogneux d'avoir donné tant d'heur
Montigné (car tu es aux procès usité)
N'étant de mes ennuis la fortune assouvie
N'étant, comme je suis, encore exercité
Nature est aux bâtards volontiers favorable
Ne lira-t-on jamais que ce dieu rigoureux ?
Ne t'ébahis, Ronsard, la moitié de mon âme
Ni la fureur de la flamme enragée
Non autrement qu'on voit la pluvieuse nue
Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
O combien est heureux qui n'est contraint de feindre
O marâtre nature
O qu'heureux est celui qui peut passer son âge
O que celui était cautement sage
Ores, plus que jamais, me plaît d'aimer la Muse
Pâles esprits, et vous ombres poudreuses
Panjas, veux-tu savoir quels sont mes passe-temps ?
Par armes et vaisseaux Rome dompta le monde
Plus qu'aux bords Aetëans le brave fils d'Eson
Plus riche assez que ne se montrait celle
Puis m'apparut une pointe aiguisée
Qu'heureux tu es, Baïf, heureux, et plus qu'heureux
Quand ce brave séjour, honneur du nom Latin
Quand je te dis adieu, pour m'en venir ici
Que ferai-je, Morel ? Dis-moi, si tu l'entends
Que n'ai-je encor la harpe thracienne,
Quel est celui qui veut faire croire de soi
Qui a vu quelquefois un grand chêne asséché
Qui est ami du coeur est ami de la bourse
Qui voudra voir tout ce qu'ont pu nature
Qui voudrait figurer la romaine grandeur
Quiconque, mon Bailleul, fait longuement séjour
Sacrés coteaux, et vous saintes ruines
Seigneur, ne pensez pas d'ouïr chanter ici
Si après quarante ans de fidèle service
Si celui qui s'apprête à faire un long voyage
Si l'aveugle fureur, qui cause les batailles
Si l'importunité d'un créditeur me fâche
Si les larmes servaient de remède au malheur
Si nostre vie est moins qu'une journée
Si onques de pitié ton âme fut atteinte
Si par peine et sueur et par fidélité
Si pour avoir passé sans crime sa jeunesse
Si tu ne sais, Morel, ce que je fais ici
Sortons, Dilliers, sortons, faisons place à l'envie
Sur la croupe d'un mont je vis une fabrique
Sur la rive d'un fleuve une nymphe éplorée
Tant que l'oiseau de Jupiter vola
Telle que dans son char la Bérécynthienne
Tels que l'on vit jadis les enfants de la Terre
Toi qui de Rome émerveillé contemples
Tout ce qu'Egypte en pointe façonna
Tout effrayé de ce monstre nocturne
Tout le parfait dont le ciel nous honore
Tu ne crains la fureur de ma plume animée
Tu ne me vois jamais, Pierre, que tu ne die
Un peu de mer tenait le grand Dulichien
Un plus savant que moi, Paschal, ira songer
Une louve je vis sous l'antre d'un rocher
Vivons, Gordes, vivons, vivons, et pour le bruit
Vu le soin ménager dont travaillé je suis