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Le Pasteur
Similitude
IX
1. Quand j'eus écrit
les préceptes et les paraboles du Pasteur, l'ange de la pénitence,
il vint à moi et me dit : " Je veux te montrer tout ce que
t'a montré l'Esprit-Saint qui t'a parlé sous la forme de
l'Église. Car cet Esprit est le fils de Dieu.
2. Aussi longtemps que tu étais trop faible par la chair, rien
ne te fut montré par l'intermédiaire d'un ange ; mais quand
tu fus affermi grâce à l'Esprit et que tu eus par toi-même
la force de soutenir la vue d'un ange, alors te fut montrée par
l'intermédiaire de l'Église la construction de la tour.
Dans de bonnes et saintes dispositions, tu as pu tout voir, comme de la
part d'une vierge. Maintenant, tu vois grâce à un ange, mais
inspiré par le même Esprit.
3. Il faut que par moi tu apprennes tout d'une façon plus précise.
L'ange glorieux m'a donné mission d'habiter ta demeure, pour que
tu voies tout de sang-froid, et non plus avec appréhension comme
auparavant.
4. Et il m'emporta en Arcadie, sur une montagne arrondie ; il me fit asseoir
au sommet de la montagne et il me montra une grande plaine, et autour
de la plaine, douze montagnes, toutes d'aspect différent.
5. La première était noire comme suie ; la seconde, sèche,
sans herbes ; la troisième, pleine de chardons et d'épines
;
6. la quatrième, avec des herbes à demi desséchées,
vertes au sommet, sèches près des racines ; certaines herbes,
lorsque le soleil luisait, se desséchaient.
7. La cinquième montagne était fort rocailleuse, mais avait
des herbes vertes ; la sixième montagne était remplie de
crevasses, les unes petites, les autres grandes ; les crevasses avaient
des herbes, mais ces herbes n'étaient pas fort florissantes : elles
paraissaient plutôt flétries.
8. La septième montagne avait des herbes riantes et tout entière
elle était exubérante ; toutes les espèces de troupeaux
et d'oiseaux se nourrissaient sur cette montagne et plus les troupeaux
et les oiseaux y mangeaient, plus les herbes de cette montagne poussaient.
La huitième était pleine de sources et toutes les espèces
de la création du Seigneur venaient boire aux sources de cette
montagne.
9. La neuvième n'avait pas du tout d'eau et était toute
déserte. Il y avait là des bêtes sauvages et des reptiles
qui provoquent mort d'hommes. La dixième montagne avait de très
grands arbres et était toute ombragée ; sous ces ombrages
étaient couchées beaucoup de brebis qui se reposaient et
ruminaient.
10. La onzième montagne était couverte d'arbres, et ces
arbres fruitiers étaient parés de fruits de toute espèce,
pour qu'à les voir on désirât en manger. La douzième
montagne était toute blanche ; son aspect était très
riant, et en elle-même la montagne était très belle.
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79.
(2)
1. Au milieu de
la plaine, il me montra un grand rocher blanc qui s'y dressait. Il était
plus haut que les montagnes et carré, de façon à
contenir le monde entier.
2. Ce rocher était ancien, une porte y était creusée,
mais cette porte paraissait avoir été creusée récemment.
Elle resplendissait plus que le soleil : je m'étonnais de son éclat.
3. Autour de la porte se tenaient douze vierges. Les quatre qui se tenaient
aux angles me paraissaient plus glorieuses, mais les autres l'étaient
aussi. Aux quatre côtés de la porte, à mi-distance
des quatre premières, se tenaient deux par deux les (autres) vierges.
4. Elles étaient revêtues de tuniques de lin, avec une charmante
ceinture et laissaient sortir l'épaule droite, comme si elles se
préparaient à porter un fardeau. Elles étaient ainsi
toutes prêtes, pleines de joie et d'entrain.
5. A cette vue, je m'étonnais en moi-même de voir des choses
aussi grandes et glorieuses ; et puis, je me demandais pourquoi ces vierges
si délicates se campaient là d'une façon aussi virile,
comme pour soutenir le ciel tout entier.
6. Le Pasteur me dit : " Pourquoi réfléchir ainsi en
toi-même, t'embarrasser et te faire du chagrin ? Ce que tu ne peux
comprendre, aie l'intelligence de ne pas t'y essayer ; demande plutôt
au Seigneur de te donner assez d'intelligence pour comprendre ces choses.
7. Ce qui est derrière toi, tu ne peux le voir ; ce qui est en
face de toi, tu le vois ; ce que donc tu ne peux voir, ne t'en tourmente
pas ; ce que tu vois, essaie d'en venir à bout, sans t'occuper
inutilement d'autre chose. je t'expliquerai tout ce que je te montrerai.
Regarde donc le reste. "
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80.
(3)
1. Je vis alors
que six hommes étaient arrivés, de grande taille, glorieux
et semblables d'aspect. Et ils appelèrent une foule d'hommes. Et
ces nouveaux venus étaient de grande taille, très beaux
et forts. Et les six hommes leur firent construire une tour sur le rocher.
Les hommes qui étaient venus construire la tour firent alors un
grand tumulte en courant tout autour de la porte.
2. Et les vierges qui se tenaient autour de la porte dirent aux hommes
de hâter la construction de la tour ; elles tendaient les mains
comme pour recevoir d'eux quelque charge.
3. Les six hommes ordonnèrent à des pierres de sortir d'un
abîme et de venir pour la construction de la tour, et dix pierres
montèrent, carrées, brillantes, non taillées.
4. Les six hommes appelèrent les vierges et leur dirent de se charger
de toutes les pierres qui viendraient pour la construction de la tour,
de passer par la porte et de les remettre aux hommes qui allaient construire.
5. Et les vierges se chargèrent mutuellement des dix premières
pierres montées de l'abîme et ensemble les portèrent
l'une après l'autre.
81.(4)
1.Elles portaient
les pierres dans l'ordre même où elles se tenaient autour
de la porte:les vierges qui paraissaient vigoureuses se plaçaient
sous les angles de la pierre ; lesautres, sous les côtés
; elles portaient ainsi toutes les pierres, en passant par la porte, selon
l'ordre reçu, et les remettaient aux hommes dans la tour. Et eux,
avec les pierres, bâtissaient.
2. La tour se construisait sur le grand rocher et au-dessus de la porte.
Ces dix pierres furent donc ajustées et couvrirent tout le rocher
et devinrent ainsi le fondement de la construction de la tour. Le rocher
et la porte supportaient toute la tour.
3. Après les dix pierres, vingt-cinq autres montèrent de
l'abîme. Elles aussi furent ajustées à la construction,
portées par les vierges comme les précédentes. Après
celles-là montèrent trente-cinq pierres et elles furent
de même ajustées à la tour. Après celles-là,
quarante autres montèrent et toutes celles-ci furent aussi employées
à la construction de la tour. Il y eut donc quatre assises dans
les fondations de la tour. 4. Et il n'en monta plus du fond de l'eau et
les constructeurs eurent quelque répit. Puis les six hommes ordonnèrent
à la foule innombrable d'apporter des pierres des montagnes, pour
la construction de la tour.
5. Elles étaient apportées de toutes les montagnes, de couleurs
variées, taillées par les hommes et étaient remises
aux vierges. Elles les transportaient par la porte et les remettaient
pour la construction de la tour, et quand ces pierres de couleurs différentes
étaient mises dans la construction, elles devenaient semblablement
blanches en changeant leurs couleurs précédentes.
6. Certaines pierres étaient remises par les hommes pour la construction,
mais elles ne devenaient pas brillantes : elles restaient telles qu'on
les avait posées, car elles n'avaient pas été remises
par les vierges ni passées par la porte. Ces pierres donc ne convenaient
pas à la construction de la tour.
7. Les ayant remarquées, les six hommes ordonnèrent de les
enlever et de les remporter à l'endroit où on les avait
prises ;
8. et ils disent aux hommes qui remportaient ces pierres : " En aucune
façon ne remettez vous-mêmes des pierres aux constructeurs
; déposez-les au pied de la tour pour que les vierges, les faisant
passer par la porte, les remettent au chantier. Car si, disent-ils, elles
ne passent pas la porte dans les mains des vierges, elles ne peuvent changer
de couleur. Ne vous fatiguez donc pas, disent-ils, inutilement. "
82.
(5)
- .
- 1. On cessa
ce jour-là de bâtir, mais la tour ne fut pas achevée.
On devait en effet reprendre la construction, mais il y eut une pause.
Les six hommes ordonnèrent à tous les constructeurs
de se retirer un peu et de se reposer ; aux vierges, ils ordonnèrent
de ne pas s'écarter de la tour, et il me semblait qu'on les
laissait là pour la garder.
2. Quand tous furent partis se reposer, je dis au Pasteur : "
Pourquoi donc, Seigneur, dis-je, la construction de la tour n'a-t-elle
pas été achevée ? - Elle ne peut encore être
achevée, dit-il, si son propriétaire ne vient pas examiner
cette construction pour remplacer les pierres qu'il trouverait pourries
; car c'est selon sa volonté que la tour est construite.
3. Je voudrais, Seigneur, dis-je, savoir ce que signifie la construction
de la tour et le rocher, la porte, les montagnes, les vierges et les
pierres montées de l'abîme, non taillées et entrées
telles quelles dans la construction,
4. et pourquoi ont d'abord été posées dans les
fondations dix pierres, puis vingt-cinq, puis trente-cinq, puis quarante
; et ces pierres qui étaient entrées dans la construction,
qui ont ensuite été enlevées et reportées
à leur place : sur tout cela, Seigneur, calmez mon âme,
expliquez-moi tout.
5. - Si ta curiosité n'est pas trouvée vaine, dit-il,
tu sauras tour. Dans peu de jours, nous reviendrons ici et tu verras
tout ce qui doit encore se produire dans cette tour et tu comprendras
en détail toutes les paraboles.
6. Peu de jours après, nous revînmes à l'endroit
où nous nous étions assis et il me dit : " Allons
à la tour, car le propriétaire vient l'examiner. "
Et nous allâmes à la tour et il n'y avait absolument
personne autour d'elle, si ce n'est les seules vierges.
7. Le Pasteur demanda aux vierges si le propriétaire de la
tour était là et elles répondirent qu'il allait
arriver pour examiner la construction.
- .
- 83.
(6)
- 1. Et voilà
que peu après j'aperçois un cortège nombreux
d'hommes qui s'avançaient ; et au milieu, un homme d'une taille
telle qu'il dépassait la tour.
2. Et les six hommes préposés à la construction
marchaient avec lui, à sa droite et à sa gauche et tous
ceux qui avaient travaillé à la construction étaient
avec lui et beaucoup d'autres (encore) l'entouraient. Et les vierges
qui gardaient la tour, accourues à sa rencontre, l'embrassèrent
et se mirent à marcher avec lui autour de la construction.
3. Cet homme l'examinait minutieusement, au point de tâter chaque
pierre séparément ; tenant un bâton à la
main, il frappait une à une les pierres de la construction.
4. Et quand il frappait, certaines d'entre elles s'en trouvaient noires
comme suie, d'autres effritées, d'autres fendillées,
d'autres mutilées, d'autres ni blanches ni noires, d'autres
raboteuses, ne s'ajustant plus aux autres pierres, d'autres toutes
tachées. Telle était la diversité des pierres
trouvées hors d'usage pour la construction.
5. Il ordonna de les retirer toutes de la tour et de les placer auprès,
et d'en apporter d'autres pour les remplacer.
6. Les constructeurs lui demandèrent de quelle montagne il
voulait qu'on apportât les pierres à mettre à
la place des autres. Et il leur dit de les apporter non des montagnes,
mais d'une plaine voisines.
7. On creusa la plaine et on y trouva des pierres brillantes, cubiques,
et certaines rondes. Toutes les pierres qui se trouvaient dans cette
plaine furent apportées et les vierges les passaient par la
porte.
8. Les pierres cubiques furent taillées et mises à la
place de celles qu'on avait enlevées ; les rondes ne furent
pas placées dans la construction, car elles étaient
dures et la taille ne se faisait que lentement ; on les mit près
de la tour, dans l'idée de les tailler plus tard et de les
placer dans la construction, car elles étaient fort brillantes.
- .
- 84.
(7)
- 1. Après
avoir achevé, l'homme glorieux, maître de la tour entière,
appela le Pasteur et lui confia toutes les pierres qui étaient
près de la tour et qu'on avait enlevées de la construction,
et il lui dit :
2. " Nettoie avec soin ces pierres et emploie à la construction
de la tour celles qui peuvent s'ajuster aux autres ; celles qui ne
s'y ajustent pas, jette-les loin de la tour. " 3. Cet ordre donné
au Pasteur, il s'en alla, accompagné de tous ceux avec qui
il était venu ; et les vierges restaient toujours autour de
la bâtisse, pour la garder.
4. Je dis au Pasteur : " Comment ces pierres peuvent-elles rentrer
dans la construction, puisqu'elles ont été rejetées
comme indignes ? " Il me dit en réponse : c Vois-tu ces
pierres ? - je les vois, Seigneur, dis-je. - je vais, moi, dit-il,
tailler la plupart d'entre elles et les employer à la construction
et elles s'ajusteront aux autres pierres. 5. - Comment, Seigneur,
dis-je, peuvent-elles après avoir été taillées
remplir le même espace ? " Il me dit en réponse
: " Toutes celles qu'on trouvera (trop) petites seront mises
à l'intérieur des murs ; les plus grosses auront place
à l'extérieur et soutiendront les autres.
6. Sur ce, il ajouta : " Allons-nous-en et revenons dans deux
jours pour nettoyer aux environs de la tour, de peur que le maître
ne survienne à l'improviste, ne trouve l'endroit sale et ne
se fâche ; auquel cas ces pierres n'entreraient pas dans la
construction de la tour et moi, je paraîtrais négligent
aux yeux du Maître.
7. Et deux jours après, nous revînmes à la tour
et il me dit : " Examinons toutes les pierres et voyons celles
qui peuvent entrer dans la construction. Examinons, Seigneur, lui
dis-je. "
- .
- 85.
(8)
- 1. Pour commencer,
nous examinâmes les pierres noires ; nous les retrouvâmes
telles qu'elles avaient été enlevées de la tour
et le Pasteur ordonna de les éloigner de la tour et de les
mettre à part.
2. Ensuite, il examina les effritées. Il en prit beaucoup et
les tailla et dit aux vierges de les ramasser et de les employer à
la construction ; et les vierges les ramassèrent et allèrent
les placer à l'intérieur des murs de la tour. Les autres,
il dit de les mettre avec les noires, car elles se trouvèrent
noires aussi.
3. Ensuite, il examina les fendillées : il en tailla beaucoup
et les fit mettre par les vierges dans la construction ; on en fit
l'extérieur des murs, car elles se trouvèrent plus solides.
Les autres, vu le grand nombre de fentes, ne purent être taillées
; pour ce motif, elles furent exclues de la construction de la tour.
4. Il examina ensuite les mutilées ; beaucoup d'entre elles
se trouvèrent noires, et certaines avec de grandes fentes.
Et il dit de les mettre avec les écartées. Celles qui
restaient, il les nettoya, les tailla et dit de les placer dans la
construction. Les vierges les ramassèrent et les ajustèrent
à l'intérieur des murs, car elles étaient moins
solides.
5. Il examina ensuite celles qui étaient à moitié
blanches et à moitié noires. Beaucoup d'entre elles
se trouvèrent noires et il dit de les mettre avec les pierres
écartées ; toutes les autres furent ramassées
par les vierges : comme elles étaient blanches, les vierges
elles-mêmes les ajustèrent à la construction.
On en fit l'extérieur des murs, car elles se trouvèrent
assez solides pour pouvoir contenir celles qu'on mettait au milieu
: aucune d'entre elles n'avait été mutilée.
6. Il examina ensuite celles qui étaient dures et raboteuses
et quelques-unes d'entre elles furent rejetées, car on ne pouvait
les tailler : elles se trouvèrent trop dures. Les autres furent
taillées, ramassées par les vierges et ajustées
à l'intérieur des murs de la tour : elles étaient
en effet moins solides.
7. Il examina ensuite celles qui portaient des taches et, parmi elles,
très peu se noircirent et furent rejetées avec les autres
; celles qui restaient se trouvèrent brillantes et solides
et elles furent ajustées par les vierges à la construction
; on en fit l'extérieur des murs, vu leur résistance.
- 86.
(9)
- 1. Il vint ensuite
examiner les pierres blanches et rondes et il me dit : " Que
faisons-nous de ces pierres ? Que sais-je, moi, Seigneur, répondis-je
? - Tu n'as aucune idée à ce sujet ?
2. - Seigneur, dis-je, je ne connais pas ce métier, je ne suis
pas tailleur de pierres et je ne puis avoir aucune idée là-dessus.
- Ne vois-tu pas, dit-il, qu'elles sont toutes rondes et que, si je
veux les faire cubiques, il faudra les tailler énormément
? Or, il faut nécessairement que certaines d'entre elles entrent
dans la construction.
3. - S'il y a nécessité, Seigneur, dis-je, pourquoi
vous tourmenter ? Pourquoi ne pas choisir pour la construction celles
que vous préférez et les y ajuster ? " Il choisit
parmi elles les plus grosses et les plus brillantes, et les tailla.
Les vierges les ramassèrent et les ajustèrent à
l'extérieur des murs.
4. Les autres qui étaient en trop furent ramassées et
entreposées dans la plaine d'où on les avait apportées,
mais on ne les jeta pas au rebut : " Parce que, dit-il, il reste
encore un peu de la tour à construire, et le maître veut
absolument que ces pierres soient ajustées à la construction,
parce qu'elles sont fort brillantes.
5. Il appela douze femmes d'une très grande beauté,
vêtues de noir, avec une ceinture, les épaules dégagées,
les cheveux déroulés. Ces femmes me parurent sauvages
et le Pasteur leur dit de ramasser les pierres rejetées de
la construction et de les remporter dans les montagnes d'où
on les avait fait venir.
6. Elles les ramassèrent avec joie, les remportèrent
toutes et les remirent là où on les avait prises. Quand
toutes ces pierres eurent été enlevées, qu'il
n'en restait plus une autour de la construction, le Pasteur me dit
: " Faisons le tour de l'édifice et voyons s'il n'a pas
quelque défaut. " Et je fis le tour avec lui.
7. Voyant la tour bien faite, le Pasteur était fort content
de la construction, car la tour était bâtie comme d'une
seule pierre, sans le moindre joint. Et la pierre paraissait avoir
été dégagée du rocher, car elle faisait
l'effet d'un monolithe.
- 87.
(10)
- 1. Me promenant
avec lui, j'étais content de voir des choses aussi édifiantes.
Et le Pasteur me dit : " Va me chercher de la chaux et des petits
tessons, pour égaliser les pierres ramassées et employées
à la construction. Car il faut que tout le pourtour de l'édifice
soit égalisé ;
2. Je fis comme il l'ordonnait et lui apportait (le tout). "
Aide-moi, dit-il, et l'ouvrage sera vite achevé. " Il
égalisa donc les pierres entrées dans la construction,
puis il dit de balayer et de nettoyer les alentours de l'édifice.
3. Les vierges prirent des balais, enlevèrent de la tour tous
les déchets, nettoyèrent à l'eau, et l'emplacement
de la tour devint riant et très gracieux.
4. Le Pasteur me dit : " Tout a été lavé
; si le maître vient examiner la tour, il n'aura rien à
nous reprocher. Sur ces mots, il voulait se retirer.
5. Mais moi, je le saisis par sa besace et je me mis à le conjurer,
au nom du Seigneur, de m'expliquer ce qu'il m'avait montré.
Il me dit : " J'ai encore quelques occupations, mais ensuite,
je t'expliquerai tout. Attends-moi ici jusqu'à ce que je revienne
!
6. Je lui dis : " Seigneur, que ferai-je ici tout seul ? - Tu
n'es pas seul, dit-il. Ces vierges sont avec toi. Confie-moi donc
à elles, dis-je. " Le Pasteur les appelle et leur dit
: " je vous confie cet homme jusqu'à ce que je revienne.
" Et il s'en alla.
7. Moi, je restai seul avec les vierges. Elles étaient très
contentes et avaient pour moi beaucoup d'attentions, surtout les quatre
principales d'entre elles.
- 88.
(11)
- 1. Les vierges
me disent : " Le Pasteur ne revient plus ici aujourd'hui. - Que
vais-je donc faire ? répondis-je. - Attends-le jusqu'à
ce soir, disent-elles ; s'il vient, il te parlera ; s'il ne vient
pas, tu resteras ici avec nous jusqu'à ce qu'il revienne.
2. Je leur dis : " Je l'attendrai jusqu'à ce soir et s'il
ne revient pas, je retournerai chez moi et reviendrai demain matin.
" Elles me répondent : " Tu nous as été
confié ; tu ne peux t'éloigner de nous.
3. - Où dont faut-il que je reste ? répliquai-je. -
Tu dormiras avec nous, disent-elles, comme un frère, et non
comme un mari. Car tu es notre frère et désormais nous
devons habiter avec toi, car nous t'aimons beaucoup. " Moi, je
rougissais de rester avec elles,
4. et celle qui me semblait être la première d'entre
elles se mit à me donner des baisers et à m'embrasser
; et les autres, la voyant m'embrasser, se mirent aussi à me
donner des baisers, à m'entraîner tout autour de l'édifice
et à jouer avec moi.
5. Et moi, comme si j'étais tout rajeuni, je me mis aussi à
jouer avec elles ; et les unes faisaient des choeurs, d'autres dansaient,
d'autres chantaient. Moi, en silence, je me promenais avec elles autour
de l'édifice et avec elles, j'étais joyeux.
6. Le soir venu, je voulus me retirer chez moi ; elles ne le permirent
pas, mais me retinrent; je restai avec elles la nuit et je dormis
près de la tour.
7. Car les vierges avaient étendu à terre leurs tuniques
de lin et m'avaient fait me coucher au milieu d'elles. Et elles ne
firent rien du tout, que prier. Et moi avec elles et non moins qu'elles,
je priais sans cesse et les vierges se réjouissaient de me
voir ainsi prier. Je restai là jusqu'au lendemain à
la deuxième heure avec les vierges.
8. Ensuite arriva le Pasteur et il leur dit : " Vous ne lui avez
fait aucune violence ? - Demandez-lui, disent-elles. Je lui réponds
: " Seigneur, j'ai eu grande joie à rester avec elles.
- De quoi as-tu dîné? dit-il. - J'ai dîné,
Seigneur, dis-je, des paroles du Seigneur, toute la nuit. Elles t'ont
bien accueilli ? - Oui, Seigneur, dis-je.
9. - Et maintenant, dit-il, que veux-tu que je t'explique d'abord
? - Comme vous m'avez montré depuis le début, Seigneur,
dis-je : je vous demande, Seigneur, de m'expliquer au fur et à
mesure de mes questions. - Je t'expliquerai, dit-il, comme tu le veux
et je ne te cacherai rien du tout. "
- 89.
(12)
- 1. " Avant
tout, Seigneur, dis-je, expliquez-moi ceci : que représentent
le rocher et la porte ? - Ce rocher, dit-il, et la porte, c'est le
Fils de Dieu. - Comment se fait-il, Seigneur, dis-je, que le rocher
est ancien et la porte récente ? - Écoute et comprends,
dit-il, homme borné.
2. Le Fils de Dieu est né avant la création tout entière,
si bien qu'il a été le conseiller de son Père
pour la création (Pr 8, 27-30) ; voilà pourquoi le rocher
est ancien. - Et la porte, pourquoi est-elle neuve, Seigneur, dis-je
?
3. - Parce que, dit-il, c'est aux derniers jours de l'accomplissement
qu'il s'est manifesté ; et la porte a été faite
récemment pour que ceux qui doivent être sauvés
entrent par elle dans le royaume de Dieu (Jn 3, 5 ; cf. Mc 9, 47 ;
etc.).
4. As-tu vu, dit-il, que les pierres qui avaient passé par
la porte étaient utilisées dans la construction de la
tour, et que celles qui n'y passaient pas étaient rejetées
à leur ancienne place ? - Je l'ai vu, Seigneur, dis-je. - De
même, dit-il, personne ne rentrera dans le royaume de Dieu (Jn
3, 5), s'il n'a pas pris son saint nom.
5. Car si tu veux entrer dans une ville et que cette ville soit tout
entourée de remparts et n'ait qu'une porte, peux-tu entrer
dans cette ville autrement que par la seule porte qu'elle ait ? -
Comment donc, Seigneur, dis-je, cela pourrait-il se faire autrement
? - Si tu ne peux y entrer que par la seule porte qu'elle ait, dit-il,
de même un homme ne peut entrer dans le royaume de Dieu (Jn
3, 5) que par le nom de son fils bien-aimé.
6. Tu as vu, dit-il, la foule qui bâtissait la tour ? - Je l'ai
vue, Seigneur, dis-je. - Tous ceux-là, dit-il sont des anges
glorieux. C'est par eux que le Fils de Dieu a été entouré
d'un rempart et la porte, c'est le Fils de Dieu. C'est la seule entrée
qui conduise au Seigneur. Personne donc ne s'introduira auprès
de lui si ce n'est par son Fils (Jn 14, 6).
7. As-tu vu, dit-il, les six hommes et au milieu d'eux un autre homme
glorieux, de grande taille, qui faisait le tour de l'édifice
? et qui a rejeté de la construction comme indignes les pierres
(que tu sais) ? - Je les ai vus, Seigneur, dis-je.
8. - L'homme glorieux, dit-il, c'est le Fils de Dieu et les six autres
sont les anges glorieux qui l'escortent à sa droite et à
sa gauche. Aucun de ces anges glorieux, dit-il, ne s'introduira sans
lui auprès de Dieu. Quiconque n'aura pas reçu son nom
n'entrera pas dans le royaume de Dieu " (Jn 3, 5).
- 90.
(13)
- 1. " Et
la tour, dis-je, que symbolise-t-elle ? - Cette tour, dit-il, c'est
l'Église.
2. - Et ces vierges, qui sont-elles ? - Ce sont des esprits saints,
dit-il. Et il n'est possible à un homme d'entrer dans le royaume
de Dieu que si ces vierges l'ont revêtu de leur propre vêtement.
Car si tu ne prends que le nom sans prendre le vêtement, cela
ne te servira de rien, car ces vierges sont les puissances du Fils
de Dieu. Si tu portes le nom sans revêtir sa puissance, c'est
en vain que tu seras porteur du nom.
3. Les pierres que tu as vues rejetées, ce sont les gens qui
portaient le nom sans être revêtus du vêtement des
vierges. - Quel est, Seigneur, dis-je, leur vêtement ? - Leur
nom même, dit-il, est leur vêtement Celui qui porte le
nom du Fils de Dieu doit porter aussi leurs noms, car le Fils lui-même
porte le nom de ces vierges.
4. Toutes les pierres que tu as vues entrer dans la construction de
la tour, apportées par leurs mains, et y rester, ce sont les
gens revêtus de la puissance de ces vierges. 5. C'est pourquoi
tu vois la tour ne faire qu'une pierre avec le rocher : de même,
ceux qui ont cru au Seigneur par son Fils (cf. Jn 1, 7) et sont revêtus
de ces esprits, formeront un seul esprit, un seul corps (Ep 4, 4)
et leurs vêtements n'auront qu'une couleur. De telles gens qui
portent le nom des vierges ont leur demeure dans la tour. 6. - Et
les pierres qui ont été rejetées, Seigneur, dis-je,
pourquoi l'ont-elles été ? Elles avaient pourtant passé
par la porte et avaient été placées dans la construction
de la tour par les mains des vierges. - Puisque tu t'occupes de tout
et recherches la minutie, écoute, voici ce qui concerne les
pierres rejetées.
7. Tous ces gens, dit-il, ont pris le nom du Fils de Dieu et aussi
la puissance des vierges. Accueillant ces esprits, ils en furent affermis
et se trouvaient parmi les serviteurs de Dieu; ils n'avaient qu'un
seul esprit, un seul corps (Ep 4, 4) et un seul vêtement; ils
pensaient de même et pratiquaient la justice (2 Co 13, 11; Ph
2, 2 ; Ps. 14, 2 ; Ac 10, 35 ; He 11, 33).
8. Mais après un certain temps, ils furent séduits par
les femmes que tu as vues revêtues de noir, les épaules
dégagées, les cheveux déroulés... et belles
! Les voyant, ils les désirèrent et se revêtirent
de leur puissance, et rejetèrent le vêtement et la puissance
des vierges.
9. Ceux-là ont été rejetés de la maison
de Dieu et leur furent confiés. Ceux qui ne se sont pas laissés
tromper par la beauté de ces femmes, sont restés dans
la maison de Dieu. Voilà, dit-il, l'explication des pierres
rejetées. "
- 91.
(14)
- 1. " Eh
quoi ! Seigneur, dis-je, si ces hommes, même tels, font pénitence
et rejettent le désir de ces femmes et reviennent aux vierges
et marchent selon leur puissance et selon leurs oeuvres, n'entreront-ils
pas dans la maison de Dieu ?
2. - Ils entreront, répondit-il, s'ils renoncent aux oeuvres
de ces femmes, recouvrent la vertu des vierges et marchent dans leurs
oeuvres. Et précisément une pause est intervenue dans
la construction pour qu'ils puissent, en cas de repentir, rentrer
dans la construction de la tour. Mais s'ils ne font pas pénitence,
d'autres entreront et eux seront définitivement rejetés.
3. Là-dessus, je rendis grâces au Seigneur d'avoir eu
pitié de tous ceux qui s'appellent selon son nom (Is 43, 7)
et de nous avoir envoyé l'ange de la pénitence, à
nous qui avions péché à son égard, d'avoir
renouvelé notre esprit et renouvelé notre vie alors
que nous étions déjà corrompus et sans espoir
de vivre.
4. " À présent, Seigneur, dis-je, montrez-moi pourquoi
la tour n'a pas été construite à terre, mais
sur le rocher et sur la porte. - Tu es de nouveau, dit-il, stupide
et insensé ? - C'est une nécessité, Seigneur,
dis-je, de tout vous demander, car je n'y puis absolument rien comprendre
: ce sont pour les hommes des choses imposantes, glorieuses, et difficiles
à saisir.
5. - Écoute, dit-il. Le nom du Fils de Dieu est grand, immense,
et il soutient le monde entier. Si donc toute la création est
soutenue par le Fils de Dieu, que penses-tu de ceux qu'il appelle,
qui portent le nom du Fils de Dieu et marchent selon ses préceptes
?
6. Vois-tu maintenant ceux qu'il soutient ? Ce sont ceux qui du fond
du coeur portent son nom. Il s'est fait lui-même leur assise
et c'est une joie pour lui de les soutenir, puisqu'ils n'ont pas honte
de porter son nom. "
- 92.
(15)
- 1. " Dites-moi,
Seigneur, dis-je, le nom des vierges et des femmes vêtues de
noir. - Écoute, dit-il, le nom des vierges les plus fortes,
celles qui se tenaient aux angles.
2. La première, c'est la Foi, la seconde, la Tempérance,
la troisième, la Force, la quatrième, la Patience ;
les autres, placées entre les premières, ont comme nom
: Simplicité, Innocence, Sainteté, Gaieté, Vérité,
Intelligence, Concorde, Charité. Celui qui porte ces noms et
celui du Fils de Dieu pourra entrer dans le royaume de Dieu (Jn 3,
5).
3. Écoute aussi, dit-il, le nom des femmes vêtues de
noir ; quatre d'entre elles sont les plus fortes : la première,
Incrédulité, la seconde, Intempérance, la troisième,
Désobéissance, la quatrième, Tromperie. Leurs
suivantes s'appellent : Tristesse, Méchanceté, Débauche,
Colère, Fausseté, Démence, Médisance,
Haine. Le serviteur de Dieu qui porte ces noms verra le royaume de
Dieu, mais n'y entrera pas.
4. - Et les pierres, Seigneur, dis-je, sorties de l'abîme et
ajustées à la construction, qui sont-elles ? - Les dix
premières dit-il, posées dans les fondations, c'est
la première génération ; les vingt-cinq (suivantes)
sont la seconde génération d'hommes justes ; les trente-cinq
(suivantes) sont les prophètes de Dieu et ses serviteurs et
les quarante sont les Apôtres, les docteurs qui ont proclamé
la doctrine du Fils de Dieu.
5. - Et pourquoi, Seigneur, dis-je, les vierges ont-elles fait passer
ces pierres par la porte pour les livrer aux constructeurs de la tour
?
6. - Parce que ce furent les premiers à porter ces esprits
et ils ne s'écartèrent pas du tout les uns des autres,
ni les esprits, des hommes, ni les hommes, des esprits : ceux-ci restèrent
avec eux jusqu'à leur mort et si ces hommes n'avaient pas eu
ces esprits avec eux, ils n'auraient pas été utilisables
pour la construction de la tour. "
- 93.
(16)
- 1. " Expliquez-moi
encore, Seigneur, dis-je. - Que cherches-tu encore ? dit-il. - Pourquoi,
Seigneur, dis-je, les pierres ont-elles dû monter du fond de
l'eau pour être placées dans la construction de la tour,
tout en portant ces esprits ?
2. - Il leur fallait sortir de l'eau, dit-il pour recevoir la vie
: elles ne pouvaient entrer dans le royaume de Dieu (Jn 3, 5) autrement
qu'en rejetant la mort qu'était leur vie antérieure.
3. Ces morts reçurent donc eux aussi le sceau du Fils de Dieu
et entrèrent dans le royaume de Dieu (Jn 3, 5). Avant de porter
le nom du Fils de Dieu, dit-il, l'homme est mort ; et lorsqu'il reçoit
le sceau, il rejette la mort et reçoit la vie.
4. Et le sceau, c'est l'eau : ils descendent donc dans l'eau en étant
morts et ils en sortent vivants. A eux aussi donc fut annoncé
ce sceau et ils en usèrent pour entrer dans le royaume de Dieu
(Jn 3, 5).
5. - Pourquoi, Seigneur, dis-je, les quarante pierres sont-elles montées
aussi avec elles de l'abîme, tout en ayant déjà
reçu le sceau ? - Parce que, dit-il, ces Apôtres et ces
docteurs qui ont prêché le nom du Fils de Dieu, après
être morts dans la vertu et la foi du Fils de Dieu, l'ont prêché
aussi à ceux qui étaient morts avant eux et leur ont
donné le sceau qu'ils annonçaient.
6. Avec eux donc, ils sont descendus dans l'eau et ensuite en sont
sortis. Mais c'est vivants qu'ils sont descendus pour ensuite remonter
vivants, alors que ceux qui étaient morts avant eux sont descendus
morts et sont remontés vivants.
7. C'est grâce à eux que ces derniers ont reçu
la vie et connu le nom du Fils de Dieu. C'est pourquoi ils sont remontés
avec eux et ont été ajustés à la construction
de la tour, y prenant place sans être taillés ; car ils
étaient morts dans la justice et dans une grande pureté
: il ne leur manquait que ce sceau. Tu as maintenant l'explication
de ces faits. - Oui, Seigneur, dis-je.
- 94.
(17)
- " 1. Maintenant,
Seigneur, expliquez-moi ce qui concerne les montagnes. Pourquoi leur
aspect est-il si différent et bigarré ? - Écoute,
dit-il. Ces douze montagnes sont les douze tribus qui se partagent
le monde entier ; le Fils de Dieu leur fut annoncé par les
Apôtres.
2. - Mais pourquoi cet aspect si différent et bigarré
? Expliquez-moi, Seigneur. - Écoute, dit-il. Ces douze tribus
qui se partagent le monde entier forment douze nations. Elles sont
diverses par les sentiments et l'esprit. Telles ces montagnes bigarrées
que tu as vues, telle aussi la bigarrure de sentiment et d'esprit
de ces nations. Mais je vais te montrer la conduite de chacune en
particulier.
3. - Tout d'abord, Seigneur, dis-je, expliquez-moi comment il se fait
que les pierres de ces montagnes pourtant bigarrées, une fois
placées dans la construction, devinrent brillantes et de la
même couleur blanche, comme les pierres qui sont montées
du fond de l'eau.
4. - C'est parce que toutes les nations, dit-il, qui habitent sous
le ciel, après avoir entendu (l'annonce) et avoir cru, ont
pris le nom du Fils de Dieu. Et après avoir reçu le
sceau, ces gens n'eurent plus qu'un même sentiment et un même
esprit (Ep 4, 4), une même foi et une même charité,
et avec le nom, ils ont porté les esprits des vierges. Voilà
pourquoi la tour a pris une même couleur éclatante, comme
le soleil.
5. Mais après être entrés dans le même lieu
et avoir formé un seul corps, certains d'entre eux se sont
souillés et ils ont été rejetés du peuple
des justes et ils sont redevenus tels qu'ils étaient auparavant
et même plutôt pires. "
- 95.
(18)
- 1. " Comment,
Seigneur, dis-je, ont-ils pu devenir pires après avoir connu
Dieu ? - Celui, dit-il, qui ne connaît pas Dieu et fait le mal,
mérite (déjà) une certaine punition pour sa méchanceté
; mais celui qui connaît Dieu ne doit plus faire le mal, mais
le bien.
2. Si donc celui qui doit faire le bien fait le mal, ne semble-t-il
pas avoir plus de méchanceté que celui qui ne connaît
pas Dieu ? C'est pourquoi ceux qui ne connaissent pas Dieu et font
le mal sont condamnés à mort, alors que ceux qui connaissent
Dieu, qui ont vu sa grandeur et (malgré cela) font encore le
mal seront doublement châtiés et mourront pour l'éternité.
Et c'est ainsi que sera purifiée l'Église de Dieu.
3. Tu as vu ces pierres enlevées de la tour, livrées
aux esprits mauvais et écartées de là : ceux
qui auront été purifiés formeront un seul corps.
La tour, après purification, semblait être d'une seule
pierre, ainsi sera aussi l'Église de Dieu, une fois purifiée
et débarrassée des méchants, des hypocrites,
des blasphémateurs, des indécis, des pécheurs
de toutes sortes.
4. Après leur exclusion, l'Église de Dieu sera un seul
corps, un sentiment, un seul esprit, une seule foi, une seule charité.
Alors le Fils de Dieu sera content et il se réjouira au milieu
d'eux d'avoir retrouvé son peuple pur. - Tout cela, Seigneur,
dis-je, est grand et admirable.
5. Mais montrez-moi encore, Seigneur, dis-je, la qualité et
la conduite de chaque montagne, pour que chaque âme fidèle
au Seigneur célèbre son nom grand, admirable (Ps 9,
2 ; 86, 9 ; 99, 3) et glorieux. - Voici, dit-il, la diversité
des montagnes et des douze nations.
- 96.
(19)
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la première montagne, la
noire : des apostats, des gens qui ont blasphémé contre
le Seigneur et ont trahi les serviteurs de Dieu. Pour ceux-là,
point de pénitence, mais la mort : c'est pourquoi ils sont
noirs, car c'est une engeance sans loi.
2. Voici ce que sont les croyants venus de la deuxième montagne,
celle qui est rase : ce sont des hypocrites et des docteurs du vice.
Ils sont semblables aux précédents : ils n'ont aucun
fruit de justice (Ph 1, 11 ; He 12, 11 ; Jc 3, 8). Leur montagne est
sans fruits : de même, les gens de cette espèce ont le
nom, mais ils sont vides de foi et il n'y a en eux aucun fruit de
vérité. Pour eux la pénitence est possible, s'ils
se repentent vite ; mais s'ils tardent, pour eux comme pour les précédents,
ce sera la mort.
3. - Pourquoi donc, Seigneur, dis-je, la pénitence est-elle
possible pour eux, alors qu'elle ne l'est pas pour les premiers ?
Leur conduite est pourtant à peu près la même
! - La pénitence leur reste possible, dit-il, parce qu'ils
n'ont pas blasphémé contre leur Seigneur et qu'ils n'ont
pas trahi les serviteurs de Dieu. C'est le désir du gain qui
les a faits hypocrites et chacun a enseigné de façon
à flatter les désirs des pécheurs. Ils en seront
punis, mais la pénitence leur reste possible parce qu'ils n'ont
été ni blasphémateurs, ni traîtres.
- 97.
(20)
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la troisième montagne, celle
qui a des chardons et des épines. Parmi eux, les uns sont riches,
les autres, enfoncés dans d'innombrables affaires. Les épines
symbolisent les riches, les chardons, ceux qui sont enfoncés
dans des affaires multiples (cf. Mt 13, 22 ; Mc 4, 18-19).
2. Ces derniers, enfoncés dans leurs multiples affaires de
tout genre, ne s'attachent pas aux serviteurs de Dieu : ils errent
à l'aventure, étouffés par leurs affaires. Les
riches, eux, s'attachent difficilement aux serviteurs de Dieu, par
peur d'être sollicités. De telles gens entreront difficilement
dans le royaume de Dieu (Mc 10, 23).
3. Il est difficile de marcher pieds nus dans les chardons : de même
il est difficile à de telles gens d'entrer dans le royaume
de Dieu (Mc 10, 23.).
4. Il leur reste à tous la possibilité de faire pénitence,
à condition de faire vite, pour revenir de ces jours-ci sur
ce qu'ils n'ont pas accompli précédemment et faire quelque
bien. Si donc ils se repentent et font quelque bien, ils vivront pour
Dieu ; mais s'ils s'obstinent dans leurs oeuvres, ils seront livrés
à ces femmes qui les feront mourir.
98.
(21)
-
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la quatrième montagne, toute
couverte d'herbes, vertes au sommet, séchées près
de la racine et certaines desséchées par le soleil :
ce sont des indécis ; ils ont le Seigneur sur les lèvres
sans l'avoir dans le coeur.
2. C'est pourquoi leur base est desséchée et sans force
; seules les paroles sont vivantes, mais leurs oeuvres sont mortes.
De telles gens ne vivent ni ne sont morts ; ils sont semblables aux
indécis, qui ne sont non plus ni verts ni secs ; car ils ne
vivent ni ne sont morts.
3. Ces herbes, de voir le soleil se dessèchent ; de même,
les indécis, dès qu'ils entendent parler de persécution,
sacrifient par lâcheté aux idoles et rougissent du nom
de leur Seigneur.
4. De telles gens ne vivent ni ne sont morts. Mais eux aussi, s'ils
font vite pénitence, pourront vivre ; et s'ils ne font pas
pénitence, ils sont déjà livrés aux femmes
qui leur enlèvent la vie.
99.
(22)
-
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la cinquième montagne, verdoyante
et raboteuse : ils sont fidèles, mais indociles, arrogants,
infatués d'eux-mêmes : voulant tout savoir, ils ne savent
rien du tout ;
2. à cause de cette arrogance, l'intelligence s'est éloignée
d'eux et la démence, la folie est entrée en eux. Ils
se vantent d'avoir l'intelligence et ils ont la prétention
d'être docteurs, pauvres fous !
3. De par cet orgueil, beaucoup de gens qui voulaient s'élever
sont tombés. Car c'est un grand démon que la suffisance
et la vanité. Beaucoup d'entre eux ont donc été
rejetés ; certains ont fait pénitence, ont cru (de nouveau)
et, reconnaissant leur propre folie, se sont soumis à ceux
qui ont l'intelligence.
4. Mais les autres aussi peuvent encore faire pénitence, car
ils n'étaient pas mauvais, plutôt sots et insensés.
Si donc ils font pénitence, ils vivront pour Dieu ; et s'ils
ne se repentent pas, ils habiteront avec les femmes qui leur ont fait
(tant) de mal.
-
- 100.
(23)
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la sixième montagne, celle
qui a des crevasses grandes et petites et des herbes flétries
dans ces crevasses :
2. ceux qui ont de petites crevasses, ce sont ceux qui se gardent
rancune mutuellement et, de par leurs médisances réciproques,
ils sont flétris dans la foi. Mais beaucoup d'entre eux ont
fait pénitence. Et les autres se repentiront quand ils entendront
mes préceptes ; car leurs médisances ne sont pas graves
et ils se repentiront vite.
3. Ceux qui ont de grandes crevasses s'obstinent dans la médisance,
deviennent rancuniers et ne décolèrent plus les uns
contre les autres. Ceux-là donc ont été rejetés
loin de la tour et jugés indignes de la construction. De telles
gens vivront difficilement.
4. Si Dieu notre Seigneur qui domine tout et tient sous son pouvoir
toute la création ne garde pas de ressentiment à l'égard
de ceux qui avouent leurs péchés, s'il leur devient
propice, un homme mortel et plein de péchés pourra-t-il
garder rancune à un homme, comme s'il avait le pouvoir de le
perdre ou de le sauver (Jc 4, 12) ?
5. je vous le dis, moi, l'ange de la pénitence : vous tous
qui avez ce penchant, supprimez-le et faites pénitence, et
le Seigneur guérira vos péchés précédents,
si vous vous purifiez de ce démon ; sinon, vous lui serez livrés
pour la mort.
- 101.
(24)
- " 1. La
septième montagne où les herbes étaient vertes
et riantes était tout entière florissante et toutes
sortes de troupeaux et d'oiseaux se nourrissaient des herbes de cette
montagne et ces herbes, à peine coupées, repoussaient
plus abondamment ; voici ce que sont les croyants venus de là
:
2. ils ont toujours été simples, innocents, bienheureux,
sans ressentiment les uns contre les autres, toujours satisfaits des
serviteurs de Dieu, revêtus de l'esprit saint de ces vierges,
toujours pleins de compassion pour tout homme et à force de
peines, ils ont pu secourir tout le monde, sans hauteur et sans hésitation.
3. Et le Seigneur, voyant leur simplicité et leur candeur,
les a comblés dans le travail de leurs mains et les a remplis
de grâces pour toutes leurs entreprises.
4. Je vous dis, à vous qui êtes tels, moi, l'ange de
la pénitence : restez tels et votre postérité
ne sera pas effacée à jamais. Car le Seigneur vous a
éprouvés et vous a inscrits au nombre des nôtres,
et toute votre postérité habitera avec le Fils de Dieu
; car vous avez eu part à son Esprit.
- 102.
(25)
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la huitième montagne, remplie
de sources où venaient s'abreuver toute la création
du Seigneur :
2. ce sont les Apôtres et les docteurs qui ont prêché
dans le monde entier et qui ont enseigné en toute pureté
et sainteté la parole du Seigneur : ils ne se sont jamais égarés
par passion mauvaise, mais ont toujours marché dans la justice
et la vérité, selon l'Esprit-Saint qu'ils avaient reçu.
La place de tels hommes est à côté des anges.
- 103.
(26)
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la neuvième montagne, pleine
de reptiles et de fauves qui causent mort d'homme.
2. Ceux qui ont des taches sont des diacres qui ont mal agi dans leur
ministère, qui ont dérobé la subsistance des
veuves et des orphelins et qui se sont enrichis des ressources qu'ils
avaient reçues pour secourir ; s'ils s'obstinent dans cette
passion, ils sont déjà morts et n'ont plus aucun espoir
de vivre. Mais cils se convertissent et achèvent saintement
leur ministère, ils pourront vivre.
3. Ceux qui ont la gale, ce sont ceux qui ont renié le Seigneur
et ne sont pas revenus à lui, mais pareils à des terres
en friche et désertes, ils ne s'attachent plus aux serviteurs
de Dieu : ils vivent isolés et perdent leur âme (Mt 10,
39 ; Lc 9, 24 ; 17, 33 ; Jn 12, 25).
4. Une vigne abandonnée dans une haie se flétrit faute
de soins ; les mauvaises herbes l'étouffent ; elle redevient
sauvage avec le temps et n'a plus de valeur pour son maître
: de même, de telles gens, s'abandonnant eux-mêmes, deviennent
sauvages et perdent toute utilité aux yeux du Seigneur.
5. Ceux-là peuvent encore faire pénitence, si ce n'est
pas du fond du coeur qu'ils ont renié le Seigneur ; mais si
quelqu'un l'a renié du fond du coeur, je ne sais s'il peut
vivre.
6. Et ce que je dis ne vaut pas pour les jours qui viennent : il n'est
pas question qu'après avoir renié on fasse désormais
encore pénitence. Car il est impossible que soit sauvé
celui qui devrait encore renier son Seigneur. C'est pour ceux qui
l'ont renié dans le passé qu'il semble y avoir possibilité
de faire pénitence. Si donc quelqu'un veut faire pénitence,
qu'il fasse vite, avant que la tour ne soit achevée. Sinon,
il sera mis à mort par les femmes.
7. Et les mutilés, ce sont les fourbes et les médisants
; et les serpents que tu as vus sur la montagne les représentent.
Ces bêtes, par leur venin propre, empoisonnent l'homme et le
font mourir ; de même, les paroles de ces gens empoisonnent
l'homme et le font mourir.
8. Ceux-là n'ont plus qu'une foi mutilée, à cause
de la conduite qu'ils ont. Certains ont fait pénitence et ont
été sauvés ; les autres, tels qu'ils sont, peuvent
être sauvés, s'ils se repentent. Et s'ils ne se repentent
pas, ils mourront de par ces femmes dont ils ont l'esprit.
- 104.
(27)
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la dixième montagne, dont
les arbres abritaient des brebis :
2. des évêques et des gens hospitaliers qui ont toujours
reçu avec plaisir les serviteurs de Dieu, en dehors de toute
hypocrisie. Et ces évêques, dans leur ministère,
ont continuellement protégé les indigents et les veuves,
et ont toujours mené une vie sainte.
3. Ceux-là donc seront à leur tour protégés
par le Seigneur pour l'éternité. Ceux qui ont agi ainsi
sont glorieux auprès de Dieu et déjà maintenant
leur place est avec les anges, s'ils continuent jusqu'à la
fin à servir le Seigneur.
- 105.
(28)
" 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la onzième montagne, dont les
arbres étaient ornés d'une foule de fruits très
variés :
2. des hommes qui ont souffert pour le nom du Fils de Dieu, qui souffrirent
même avec empressement, du fond de leur coeur et qui ont livré
leur vie (Ac. 15, 26).
3. - Et pourquoi donc, Seigneur, dis-je, tous ces arbres ont-ils des
fruits et certains, des fruits plus beaux ? - Écoute dit-il.
Tous ceux qui ont souffert à cause du nom sont glorieux auprès
de Dieu et leurs péchés à eux tous ont été
effacés, parce qu'ils ont souffert pour le nom du Fils de Dieu.
Mais voici pourquoi leurs fruits sont variés et certains meilleurs.
4. Tous ceux, dit-il, qui, traînés devant les autorités,
ont été soumis à la question et n'ont pas nié,
mais au contraire ont souffert avec empressement, ceux-là sont
beaucoup plus glorieux auprès du Seigneur et leurs fruits sont
les meilleurs. Tous ceux, en revanche, qui furent tremblants et indécis,
qui se demandèrent en leur coeur s'ils renieraient ou confesseraient
(le Seigneur), mais qui pour finir ont souffert, ceux-là ont
des fruits plus médiocres, par la faute de cette intention qui
montait à leur coeur. Car c'est une mauvaise intention pour un
serviteur que celle de renier son propre maître.
5. Veillez donc, vous qui avez cette intention, à ce qu'elle
ne demeure pas dans votre coeur et que vous ne mouriez pour Dieu. Et
vous qui souffrez pour Dieu, vous devez le glorifier (1 P 4, 13, 15,
16) de ce qu'il vous a jugés dignes de porter son nom et d'être
guéris de tous vos péchés.
6. Félicitez-vous donc et croyez avoir accompli une grande oeuvre
lorsque quelqu'un d'entre vous souffre pour Dieu. Le Seigneur vous fait
don de la vie et vous ne comprenez pas ! Car vos péchés
vous alourdissaient et si vous n'aviez pas souffert pour le nom du Seigneur,
à cause de vos péchés, vous seriez morts pour Dieu.
7. je dis cela pour vous qui hésitez à renier ou à
confesser. Confessez que vous avez un Seigneur, de peur d'être,
en le reniant, jetés en prison.
8. Si les gentils punissent leurs esclaves, s'ils renient leur maître,
que fera de vous, à votre avis, le Seigneur maître de toutes
choses ? Rejetez ces desseins de vos coeurs, afin de vivre éternellement
pour Dieu.
106. (29)
.
- " 1. Voici
ce que sont les croyants venus de la douzième montagne : comme
de petits enfants au coeur de qui ne monte pas la moindre idée
du mal, ils ne savent même pas ce qu'est le mal et sont toujours
restés dans l'innocence.
2. Ces hommes, très certainement, habiteront le royaume de Dieu,
car en aucune circonstance ils n'ont souillé les commandements
de Dieu, mais ont persévéré tous les jours de leur
vie dans l'innocence et le même état d'esprit.
3. Vous tous qui persévérerez ainsi et serez comme les
petits enfants (Mt 18, 3) sans malice, vous serez plus glorieux que
tous les précédents. Tous les petits enfants sont glorieux
auprès de Dieu et premiers pour lui. Bienheureux donc, vous qui
écarterez de vous le mal et vous revêtirez de l'innocence
: les premiers de tous, vous vivrez pour Dieu.
4. Après qu'il eut achevé les paraboles des montagnes,
je lui dis : " Seigneur, expliquez-moi maintenant les pierres extraites
de la plaine et mises à la place des pierres enlevées
de la tour et aussi des pierres rondes mises dans la construction et
celles qui encore maintenant sont rondes. "
- 107.
(30)
- 1. " Écoute,
dit-il, cela aussi. Les pierres extraites de la plaine et entrées
dans la construction de la tour à la place des pierres enlevées,
ce sont les racines de cette montagne blanche.
2. Comme les croyants venus de cette montagne blanche se sont trouvés
innocents, le maître de la tour a fait employer pour la construction
de la tour des pierres venant des racines de cette montagne. Il savait,
en effet, que si ces pierres entraient dans la construction de la tour,
elles resteraient brillantes sans qu'aucune ne noircît.
3. S'il avait (encore) ajouté des pierres provenant des montagnes,
il lui aurait fallu de nouveau examiner et purifier la tour. En revanche,
tous ceux-ci se sont trouvés d'une blancheur éclatante,
ceux qui croient et aussi ceux qui sont appelés à croire,
car ils sont de la même race. Bienheureuse race, car elle est
innocente.
4. Voici maintenant ce qui concerne les pierres rondes et brillantes.
Elles viennent toutes de cette montagne blanche, mais voici pourquoi
on les a trouvées rondes. Ce sont leurs richesses qui leur ont
un peu voilé la vérité et les ont obscurcis ; mais
ils ne se sont jamais éloignés de Dieu et aucune parole
mauvaise n'est jamais sortie de leur bouche (cf. Ep 4, 29), mais toujours
l'équité et la vérité.
5. Voyant d'après leur mentalité qu'ils pouvaient servir
la vérité et rester bons, le Seigneur fit rogner leurs
richesses, sans les leur enlever totalement, pour qu'ils pussent faire
quelque bien de ce qui leur restait ; et ces gens vivront pour Dieu,
car ils sont de bonne race. C'est pourquoi (ces pierres) ont été
rognées légèrement et puis employées à
la construction de la tour.
- 108.
(31)
- Quant aux autres
qui jusqu'à présent sont restées rondes et n'ont
pas été ajustées à la bâtisse, parce
qu'elles n'avaient pas encore reçu le sceau, elles ont été
remises à leur place : elles ont été trouvées
trop rondes.
2. Il faut les couper de ce siècle et de la vanité de
leurs oeuvres ; alors, ils seront dignes du royaume de Dieu. Car il
faut qu'ils entrent dans le royaume de Dieu (Jn 3, 5) ; c'est, en effet,
une race innocente que le Seigneur a bénie. De cette race, personne
ne mourra. Il se peur que l'un d'entre eux, séduit par le diable
infâme, commette quelque faute - il reviendra très vite
vers son Seigneur.
3. Je vous estime heureux, moi, l'ange de la pénitence, vous
tous qui êtes innocents comme des petits enfants, car votre fortune
est bonne et glorieuse devant Dieu.
4. Je vous le dis à vous tous qui avez reçu le sceau :
soyez simples, oubliez les offenses, ne vous obstinez pas dans votre
malice ou dans le souvenir amer des offenses, n'ayez qu'un seul esprit,
remédiez à ces discordes funestes, écartez-les
de vous : le maître du troupeau sera content de tout cela.
5. Il se réjouira s'il trouve toutes ses brebis en bonne santé
sans qu'aucune ne soit égarée. Mais s'il découvre
que certaines d'entre elles sont égarées, malheur aux
bergers :
6. et si ce sont les bergers eux-mêmes qu'on trouve égarés,
que répondront-ils au maître de leurs troupeaux ? Car enfin,
pourront-ils se dire égarés par une brebis ? On ne les
croira pas, car c'est une chose incroyable qu'un berger puisse souffrir
du fait d'une brebis ; il sera plus lourdement puni à cause de
son mensonge. Et moi aussi je suis berger et il faut de toute nécessité
que je rende compte de vous.
- 109.
(32)
- " 1. Guérissez-vous
donc, pendant que la tour est encore en construction.
2. Le Seigneur habite dans les hommes qui aiment la paix ; car en vérité
la paix lui est chère et il s'écarte très loin
des querelleurs qu'a perdus leur malice. Rendez-lui donc votre esprit
intact comme vous l'avez reçu.
3. Si tu donnes au foulon un vêtement neuf et intact, tu comptes
bien le ravoir intact ; et s'il te le rend déchiré, le
reprendras-tu ? Ne te fâcheras-tu pas tout de suite ? Ne le poursuivras-tu
pas de reproches, disant : " Je t'ai donné ce vêtement
intact. Pourquoi l'as-tu déchiré et mis hors d'usage ?
Car à cause de la déchirure que tu y as faite, il est
inutilisable. " Ne diras-tu pas tout cela au foulon pour la déchirure
qu'il a faite à ton vêtement ?
4. Si donc toi, tu te fais du chagrin pour ce vêtement et te plains
de ne pas le ravoir intact, que penses-tu que le Seigneur te fera, lui
qui t'a donné un esprit intact que tu as rendu tout entier inutile
au point qu'il ne puisse plus servir du tout à ton Maître
? Car il est devenu inutile depuis le jour où tu l'as corrompu.
Le Maître de cet esprit ne te fera-t-il pas mourir pour ce crime
?
5. - Certes, dis-je, c'est ainsi qu'il traitera tous ceux qui s'obstinent
dans le souvenir des offenses. Ne foulez pas aux pieds, dit-il, sa miséricorde,
mais plutôt glorifiez-le d'être si patient pour vos fautes
et de ne pas vous ressembler. Faites pénitence : cela vous sera
utile.
- 110.
(33)
- " 1. Tout
ce qui est écrit ci-dessus, c'est moi, le Pasteur, l'Ange de
la Pénitence, qui l'ai montré et exposé pour les
serviteurs de Dieu. Si donc vous croyez, si vous écoutez mes
paroles, si vous marchez dans cette voie, si vous corrigez votre route,
vous pourrez vivre. Mais si vous vous obstinez dans la malice et le
souvenir des offenses, personne de ce genre ne vivra pour Dieu. Tout
ce que j'avais à dire vous a été dit.
2. Le Pasteur me dit alors : " Tu m'as tout demandé ? -
Oui, Seigneur, dis-je. - Pourquoi ne m'as-tu rien demandé à
propos de la forme des pierres placées dans la construction et
que nous avons égalisées ? - Je l'ai oublié, Seigneur,
dis-je.
3. - Voici, dit-il, ce qui les concerne : ce sont ceux qui ont écouté
mes préceptes et ont fait pénitence du fond de leur coeur.
Le Seigneur a vu que leur pénitence était bonne et pure
et qu'ils pouvaient y persévérer ; c'est pourquoi il a
fait effacer leurs péchés antérieurs. Les creux
représentaient ces péchés et ils ont été
comblés pour qu'ils n'apparussent plus. "
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