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Le Pasteur
Similitude VI
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61.
(1)
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- 1. Assis dans
ma maison, je glorifiais le Seigneur pour tout ce que j'avais vu et
à propos des préceptes, je découvrais qu'ils sont
beaux, forts, joyeux, glorieux et capables de sauver l'âme de
l'homme (Jc 1, 21) et je me disais : " je serai heureux si je marche
selon ces préceptes et quiconque marchera dans cette voie sera
heureux " (Ps 1, 1-2 ; 119, 1).
2. Pendant que je me dis cela, je le vois assis tout à coup à
côté de moi et me disant ceci : " Pourquoi cette hésitations
à propos des préceptes que je t'ai donnés ? Ils
sont beaux. N'hésite en rien ; au contraire, revêts-toi
de la foi du Seigneur et tu marcheras dans leur voie. Car moi, je t'affermirai
en eux.
3. Ces préceptes sont utiles à ceux qui font pénitence,
car s'ils ne marchent pas dans cette voie, leur pénitence sera
inutile.
4. Vous donc qui faites pénitence, rejetez les vices de ce monde
qui vous anéantissent. Revêtus de toute la vertu de justice,
vous pourrez observer ces préceptes ; mais n'ajoutez plus rien
à vos péchés. Et si vous n'y ajoutez rien, vous
ferez tomber beaucoup de vos péchés antérieurs.
Marchez donc selon ces préceptes et vous vivrez pour Dieu. Tout
cela, c'est moi qui vous l'ai dit. "
5. Après qu'il m'eut dit cela, il reprend : " Allons dans
les champs, et je vous montrerai les pasteurs des brebis. - Allons-y,
dis-je, Seigneur. " Nous allâmes dans une plaine et là,
il me montre un berger tout jeune, complètement vêtu de
jaune.
6. Il paissait de très nombreuses brebis et ces brebis vivaient
comme dans les voluptés et les délices ; elles étaient
joyeuses et bondissaient çà et là ; et le berger
lui-même était fort content de son troupeau ; sa physionomie
était toute joyeuse et il allait et venait parmi ses brebis.
Je vis aussi d'autres brebis ensemble dans les délices et les
voluptés ; toutefois, elles ne bondissaient pas.
62.
(2)
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- 1. Il me dit :
" Vois-tu ce berger ? - Je vois, Seigneur, dis-je. - C'est, dit-il,
l'ange de volupté et d'erreur. Il anéantit les âmes
des serviteurs de Dieu, de ceux qui sont vains - en les détournant
de la vérité, en les trompant par des désirs mauvais,
dans lesquels ils meurent.
2. Car il oublient les préceptes du Dieu vivant et marchent dans
les erreurs et les voluptés vaines et ils vont à leur
perte de par cet ange : pour les uns, c'est la mort, pour les autres,
(seulement) la corruption. "
3. Je lui dis : " Seigneur, je ne sais ce qu'est cette mort et
cette corruption. - Écoute, dit-il. Toutes les brebis que tu
as vues fort joyeuses et bondissantes, ce sont ceux qui se sont définitivement
écartés de Dieu et qui se sont livrés aux passions
de ce monde. Pour eux, il n'y a pas de pénitence qui donne la
vie, car ils ont blasphémé le nom du Seigneur ; pour eux,
c'est donc la mort.
4. Celles que tu as vues paître dans le même lieu sans bondir,
ce sont ceux qui se sont livrés aux voluptés et aux erreurs,
mais sans aucun blasphème contre le Seigneur. Ils sont donc (seulement)
corrompus loin de la vérité ; pour eux existe un espoir
de pénitence par quoi ils pourraient vivre. La corruption comporte
donc un certain espoir de restauration, alors que la mort comporte la
perdition éternelle. "
5. Nous avançâmes un peu et il me montra un berger de grande
taille, sauvage d'aspect, entouré d'une peau de chèvre
blanche, une besace sur l'épaule avec dans la main un très
solide bâton à noeuds et un long fouet. fi avait le regard
si sévère qu'il faisait peur : tel était son regard
!
6. Ce berger recevait du tout jeune berger les brebis qui paissaient
dans les délices et les voluptés, mais sans bondir, et
il les poussait dans un lieu escarpé plein de chardons et d'épines,
si bien qu'elles ne pouvaient s'en dégager : au contraire, elles
s'y empêtraient.
7. Là, embarrassées, elles paissaient les chardons et
les épines et elles souffraient beaucoup des écorchures
que l'ange leur faisait. Il les chassait de-ci de-là sans leur
donner aucun répit : bref, ces brebis n'étaient jamais
tranquilles.
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63.
(3)
- 1. De les voir
ainsi fouettées et malmenées, je me faisais du chagrin
pour elles : tant elles étaient tourmentées sans aucun
répit.
2. Je dis au Pasteur qui causait avec moi : " Seigneur, quel est
ce berger si cruel, si sévère, qui n'a absolument pas
pitié de ces brebis ? - C'est, dit-il, l'ange du châtiment,
l'un des anges justes, mais préposé au châtiment.
3. Il reçoit donc ceux qui errent loin de Dieu et qui ont suivi
la voie des passions et des erreurs de ce monde ; il leur inflige suivant
ce que chacun mérite, des châtiments terribles et variés.
4. - Je voudrais, Seigneur, dis-je, connaître la nature de ces
châtiments variés. Écoute, dit-il, les diverses
épreuves et châtiments : ce sont ceux de la vie ; car ils
sont châtiés, les uns par des dommages, d'autres par l'indigence,
d'autres par des maladies diverses, d'autres par une insécurité
totale ; d'autres sont outragés par des gens indignes et subissent
bien d'autres tourments.
5. Beaucoup de gens, en effet, sans suite dans leurs intentions, entreprennent
mille choses sans que rien leur réussisse et ils disent que leurs
affaires ne marchent pas bien et l'idée qu'ils ont commis des
turpitudes ne leur monte pas au coeur ; au contraire, ils accusent le
Seigneur.
6. Quand donc ils sont accablés par toutes ces épreuves,
alors ils me sont livrés en vue d'une bonne formation et ils
s'affermissent dans la foi du Seigneur (Ps 51, 10) et le restant de
leurs jours, ils le servent avec un coeur pur. Lorsque donc ils font
pénitence, alors les turpitudes qu'ils ont commises leur remontent
au coeur, alors ils glorifient le Seigneur de ce qu'il est un juge équitable
(Ps 7, 12 ; 2 M 12, 5 ; 2 Tm 4, 8) et que chacun a souffert justement
selon ses actes (cf. Mt 16, 27 ; Ap 2, 23 ; Ps 62, 13 ; etc.). Désormais,
ils servent le Seigneur d'un coeur pur et toutes leurs affaires marchent
bien, car ils reçoivent du Seigneur tout ce qu'ils demandent
(Mt 21, 22 ; 1 Jn 3, 22). Et alors ils glorifient le Seigneur de m'avoir
été livrés et ils ne subissent plus aucun mal.
"
64.
(4)
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1. Je lui dis : "
Seigneur, expliquez-moi encore ceci. Que recherches-tu encore ? dit-il.
- Est-ce que les efféminés et les égarés,
Seigneur, dis-je, sont torturés pendant un temps égal à
celui qu'ils ont passé dans les voluptés et les égarements
? " Il me répond : " Ils sont torturés pendant
un temps égal.
2. - Leurs tortures sont brèves, Seigneur, dis-je. Il faudrait
en effet que des gens qui vivent ainsi dans les voluptés et oublient
Dieu soient torturés sept fois plus longtemps. " 3. Il me
dit : " Insensé : Tu ne saisis pu la force de la torture.
- Si je saisissais, Seigneur, dis-je, je ne demanderais pas que vous me
réexpliquiez. - Écoute, dit-il, voici leur force respective.
4. La volupté et l'erreur durent une heure, mais une heure de torture
vaut trente jours
"4. Si donc on passe un jour dans les délices et l'erreur,
et un jour dans les tortures, ce jour de torture équivaut à
une année entière. Autant de jours on passe dans les voluptés,
autant d'années on passe dans
les tortures. Tu vois donc, dit-il, que la durée de la volupté
et de l'erreur est très réduite, mais que celle du châtiment
et de la torture est longue. "
65.
(5)
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- 1. " Je n'ai
pas tout compris, Seigneur, dis-je, de la durée de l'erreur,
de la volupté et de la torture expliquez-le-moi plus clairement.
" Il me dit en réponse :
2. " Ta stupidité persiste et tu ne veux pas purifier ton
coeur et servir Dieu. Veille, dit-il, à ce que les temps ne s'accomplissent
et que tu ne sois trouvé insensé. Écoute, dit-il,
pour comprendre ce que tu souhaites.
3. Celui qui vit un jour dans les voluptés et l'erreur et n'en
fait qu'à sa tête, se revêt d'une grande démence
et ne se rend pas compte de ce qu'il fait : le lendemain, il oublie
ce qu'il a fait la veille. La volupté et l'erreur n'ont pas de
mémoire à cause de la démence dont elles sont revêtues.
Mais quand le châtiment et les supplices s'attachent à
un homme, ne serait-ce qu'un jour, c'est pendant toute une année
que cet homme est châtié et supplicié, car le châtiment
et le supplice ont la mémoire longue.
4. Ainsi éprouvé et châtié pendant tout un
an, il se souvient alors des voluptés et de l'erreur et reconnaît
que c'est à cause d'elles qu'il subit ces maux Tout homme vivant
dans la volupté et l'erreur est ainsi éprouvé parce
que possédant la vie il s'était livré à
la mort
5. Quelles sont, Seigneur, dis-je, les voluptés nuisibles ? Tout
ce que l'homme fait avec plaisir, dit-il, est volupté. Ainsi
le colérique, qui agit selon sa passion, s'adonne à la
volupté, de même l'adultère, l'ivrogne, le médisant,
le menteur, l'ambitieux, le spoliateur, et quiconque faisant de même
agit selon sa maladie, s'adonne par cet acte à la volupté.
6. Toutes ces voluptés sont mauvaises pour les serviteurs de
Dieu. C'est donc à cause de ces erreurs que souffrent ceux qui
sont châtiés et éprouvés.
7. Mais il y a aussi des voluptés qui sauvent les hommes, car
beaucoup de gens éprouvent une volupté à faire
le bien : c'est leur propre plaisir qui les y pousse. Cette volupté-là
est utile aux serviteurs de Dieu et procure la vie à un tel homme.
Les voluptés nuisibles dont nous avons parlé ne lui attirent
qu'épreuves et châtiments ; et s'ils s'obstinent sans se
repentir, ils s'attirent la mort. "
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