Les écrits des Pères Apostoliques

Le Pasteur
Similitudes qu'il m'exposa : Similitude I
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1. Il me dit : " Vous savez que vous habitez sur une terre étrangère, vous les serviteurs de Dieu. En effet, votre cité est loin de celle-ci. Si donc vous connaissez, dit-il, votre cité, celle que vous devez habiter (un jour), pourquoi vous procurer ainsi des champs, des installations coûteuses, des édifices, des demeures inutiles ?
2. Celui qui se procure ces choses dans cette cité ne s'attend donc pas à retourner dans sa propre cité.
3. Insensé, inconstant, malheureux ! Ne comprends-tu pas que tout cela est étranger et au pouvoir d'un autre ? Car le maître de cette cité dira : " je ne veux pas que tu habites dans ma cité ; va-t'en de cette cité, puisque tu n'obéis pas à mes lois. "
4. Toi donc, qui possèdes des champs, des maisons et beaucoup d'autres biens, expulsé par lui, que feras-tu de ton champ, de ta demeure et de tout le reste que tu t'étais préparé? Car le maître de ce pays te parle justement : " Ou bien obéis à mes lois, ou bien sors de mon pays. "
5. Que feras-tu donc, toi qui suis la loi de ta propre cité ? A cause de tes champs et du reste de tes biens, renieras-tu tout à fait ta loi et marcheras-tu selon la loi de cette cité-ci ? Prends garde qu'il ne soit dangereux de renier ta loi, car si tu veux retourner dans ta cité, crains qu'on ne t'y accueille plus, pour avoir renié la loi de ta cité, et que tu en sois exclu.
6. Veilles-y donc : puisque tu habites sur une terre étrangère, ne te réserve rien de plus que le strict nécessaire et sois prêt : ainsi, lorsqu'il plaira au maître de cette cité de t'expulser pour opposition à ses lois, tu sortiras de sa cité, tu rejoindras la tienne et tu vivras selon ta loi, sans dommage, dans la joie.
7. Veillez-y donc, vous qui servez le Seigneur et l'avez dans votre coeur ; faites les oeuvres de Dieu, vous souvenant de ses commandements (Ps 103, 18) et des promesses qu'il a faites, ayez confiance qu'il les tiendra si ses commandements sont observés.
8. Au lieu de champs, rachetez donc des âmes éprouvées, dans la mesure de vos moyens, et visitez les veuves et les orphelins (Jc 1, 27), ne les méprisez pas : votre richesse et toutes vos installations, dépensez-les à des champs et des demeures de ce genre, puisque vous les avez reçues de Dieu.
9. Car le maître vous a enrichis pour que vous lui rendiez ces services. Il vaut beaucoup mieux acheter des champs, des biens, des maisons de ce genre : tu les retrouveras dans ta cité quand tu y retourneras.
10. Cette richesse-là est noble et sainte, elle n'entraîne ni chagrin, ni crainte, mais de la joie. Ne recherchez pas les richesses des païens, c'est dangereux pour vous, les serviteurs de Dieu.
11. Ayez vos richesses propres, qui puissent vous réjouir. Ne faites pas de fraude, ne touchez pas au bien d'autrui, ne le désirez pas. Il est mal de désirer les biens d'autrui. Accomplis ta tâche et tu seras sauvé. "