| Les écrits des Pères Apostoliques
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2. - Ces deux arbres, dit-il, sont mis là comme modèle pour les serviteurs de Dieu. - je voudrais savoir, dis-je, le modèle que peuvent offrir les arbres dont tu parles. Tu vois, dit-il, l'ormeau et la vigne ? - Oui, dis-je, Seigneur. 3. - La vigne, elle, dit-il, porte des fruits, mais l'ormeau est un arbre stérile. Mais si elle ne grimpe pas sur l'ormeau, cette vigne, rabattue à terre, ne peut porter beaucoup de fruits et ceux qu'elle porte sont pourris, si elle n'est pas suspendue à l'ormeau. Donc, quand la vigne est attachée à l'ormeau, elle porte des fruits de par elle-même et de par l'ormeau. 4. Tu vois donc que l'ormeau aussi donne beaucoup de fruits, pas moins que la vigne, et même Plus. - Comment plus, Seigneur ? dis-je. - Parce que, dit-il, la vigne suspendue à l'ormeau donne beaucoup de beaux fruits et que, rabattue à terre, elle n'en porte que de pourris et (fort) peu. Cette parabole vaut pour les serviteurs de Dieu, le pauvre et le riche. 5. - Comment, dis-je, Seigneur ? Apprends-le-moi. - Écoute, dit-il. Le riche a beaucoup de biens, mais à l'égard du Seigneur, il est pauvre, parce que distrait par ses richesses ; la prière et la confession au Seigneur ont pour lui trop peu d'importance et s'il les fait, elles sont brèves, faibles et sans aucun pouvoir. Mais si le riche s'attache au pauvre et qu'il subvienne à ses besoins avec la confiance que le bien qu'il fait au pauvre pourra trouver son salaire auprès de Dieu (car le pauvre est riche par la prière et la confession, et sa prière a un grand pouvoir auprès de Dieu), alors le riche subvient sans hésitation à tous les besoins du pauvre. 6. Et le pauvre secouru par le riche prie pour ce dernier et rend grâces à Dieu pour son bienfaiteur : et celui-ci redouble de zèle pour le pauvre, pour qu'il ne manque de rien dans sa vie, car il sait que la prière du pauvre est bien accueillie et riche auprès de Dieu. 7. Ainsi, tous les deux accomplissent leur tâche : le pauvre le fait par la prière - c'est sa richesse et il l'a reçue du Seigneur, il la rend au Seigneur à l'intention de celui qui l'aide. Et le riche de même, la richesse qu'il avait reçue du Seigneur, sans hésitation il la donne au pauvre. C'est là une oeuvre grande et bien accueillie de Dieu : car le riche a bien compris le sens de sa richesse et il a fait part au pauvre des dons du Seigneur et s'est acquitté convenablement de sa tâche. 8. Pour les hommes, l'ormeau paraît ne pas porter de fruit ; ils ne savent ni ne comprennent que s'il survient une sécheresse, l'ormeau, qui a de l'eau, nourrit la vigne et celle-ci, continuellement pourvue d'eau, donne le double de fruits, pour elle-même et pour l'ormeau. De même les pauvres, en priant le Seigneur pour les riches, assurent un plein développement aux richesses de ces derniers, et à leur tour, les riches, en subvenant aux besoins des pauvres, donnent pleine satisfaction à leur âme. 9. Tous deux participent donc à l'oeuvre juste : celui qui agit ainsi ne sera pas abandonné de Dieu, mais sera inscrit sur les livres des vivants. 10. Heureux ceux qui possèdent et qui comprennent que c'est du Seigneur qu'ils tiennent leurs richesses, car celui qui le comprend pourra aussi rendre de bons services. " |