| Les écrits des Pères Apostoliques
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Lettre d'Ignace d'Antioche aux éphésiens Ignace,
dit aussi Théophore, à celle qui est bénie en
grandeur dans la plénitude de Dieu le Père, prédestinée
avant les siècles à être en tout temps, pour une
gloire qui ne passe pas, inébranlablement unie et élue
dans la passion véritable < du Christ>, par la volonté
du Père et de Jésus-Christ notre Dieu, --à l'Église
digne d'être appelée bienheureuse, qui est à Éphèse
d'Asie, salut en Jésus-Christ et dans une joie irréprochable. Il, V, 1. " Priez sans cesse " (1 Th 5, 17) pour les autres hommes. Car il y a en eux espoir de repentir, pour qu'ils arrivent à Dieu. Permettez-leur donc au moins par vos oeuvres d'être vos disciples. 2. En face de leurs colères, vous, soyez doux ; de leurs vantardises, vous, soyez humbles ; de leurs blasphèmes, vous, <montrez> vos prières ; de leurs erreurs, vous, soyez " fermes dans la foi " (Col 1, 23) ; de leur sauvagerie, vous, soyez paisibles, sans chercher à les imiter. 3. Soyons leurs frères par la bonté et cherchons à être les " imitateurs du Seigneur " (1 Th 1, 6) : --qui davantage a été objet d'injustice ? qui dépouillé ? qui repoussé ? --pour qu'aucune herbe du diable ne se trouve parmi vous, mais qu'en toute pureté et tempérance, vous demeuriez en Jésus-Christ, de chair et d'esprit. XI, 1. Ce sont les derniers temps (cf. 1 Jn 2, 18) ; désormais rougissons, et craignons que la longanimité de Dieu ne tourne à notre condamnation. Ou bien craignons la colère à venir (cf. Mt 3, 7), ou bien aimons la grâce présente : de deux choses l'une. C'est seulement < si nous sommes> trouvés dans le Christ que nous entrerons dans la vie véritable. 2. En dehors de lui (cf. saint Paul, Ph 3, 9) que rien n'ait valeur pour vous, lui en qui je porte mes chaînes, perles spirituelles ; je voudrais ressusciter avec elles, grâce à votre prière, à laquelle je voudrais toujours participer pour être trouvé dans l'héritage des chrétiens d'Éphèse, qui ont été toujours unis aux Apôtres, par la force de Jésus-Christ. XII, 1. Je sais qui je suis et à qui j'écris : moi < je suis > un condamné ; vous, < vous avez > obtenu miséricorde ; moi, <je suis> dans le danger ; vous, <vous êtes> affermis. Vous êtes le chemin < par où passent> ceux qui sont conduits à la mort pour <aller à> Dieu, initiés aux mystères avec Paul le saint, qui a reçu témoignage, et est digne d'être appelé bienheureux. Puissé-je être trouvé sur ses traces quand j'obtiendrai Dieu ; dans toutes ses lettres, il se souvient de vous dans le Christ Jésus. XIII, 1. Ayez donc soin de vous réunir plus fréquemment pour rendre à Dieu actions de grâces et louange. Car quand vous vous rassemblez souvent, les puissances de Satan sont abattues et son oeuvre de ruine détruite par la concorde de votre foi. 2. Rien n'est meilleur que la paix qui réduit à rien toute guerre < que nous font> les < puissances > célestes et terrestres. XIV, 1. Rien de tout cela ne vous est caché, si vous avez parfaitement pour Jésus-Christ la foi et la charité, qui sont le commencement et la fin de la vie : le commencement, c'est la foi, et la fin, la charité (cf. 1 Tm 1, 5). Les deux réunies, c'est Dieu, et tout le reste < qui conduit > à la perfection de l'homme ne fait que suivre. 2. Nul, s'il professe la foi, ne pèche ; nul, s'il possède la charité, ne hait. " On connaît l'arbre à ses fruits " (Mt. 12, 33) : ainsi ceux qui font profession t'être du Christ se feront reconnaître à leurs oeuvres. Car maintenant l'oeuvre <qui nous est demandée > n'est pas < simple > profession de foi, mais d'être trouvés jusqu'à la fin dans la pratique de la foi. XV, 1. Mieux vaut se taire et être que parler sans être. Il est bon d'enseigner, si celui qui parle agit. Il n'y a donc qu'un seul maître (cf. Mt 23, 8), celui qui " a dit et tout a été fait " (Ps 32, 9 ; 148, 5) et les choses qu'il a faites dans le silence sont dignes de son Père. 2. Celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d'être parfait, afin d'agir par sa parole et te se faire connaître par son silence. Rien n'est caché au Seigneur, mais nos secrets mêmes sont près de 1ui. 3. Faisons donc tout < dans la pensée > qu'il habite en nous, afin que nous soyons ses temples (cf. 1 Co 3, 16 ; 6, 19), et que lui soit en nous notre Dieu (cf. Ap 21, 3), ce qu'il est en effet, et ce qu'il apparaîtra devant notre face si nous l'aimons justement. XVI, 1. " Ne vous y trompez pas ", mes frères : ceux qui corrompront les familles n'hériteront pas du Royaume de Dieu " (1 Co 6, 9.10). 2. Si donc ceux faisaient cela ont été mis à mort, combien plus celui qui corromprait par sa mauvaise doctrine la foi de Dieu, pour laquelle Jésus-Christ a été crucifié ? Celui qui s'est ainsi souillé ira au feu inextinguible et de même celui qui l'écoute. XVII, 1. Si le Seigneur a reçu une onction sur la tête, c'est afin d'exhaler pour son Église un parfum d'incorruptibilité. Ne vous laissez donc pas oindre de la mauvaise odeur du prince de ce monde (cf. Jn 12, 31 ; 14, 30), pour qu'il ne vous emmène pas en captivité loin de la vie qui vous attend. 2. Pourquoi ne devenons-nous pas tous sages, en recevant la connaissance de Dieu, qui est Jésus-Christ ? Pourquoi périr follement, en méconnaissant le don que le Seigneur nous a véritablement envoyé ? XVIII, 1. Mon esprit est la victime de la croix, qui est scandale pour les incroyants, mais pour nous salut et vie éternelle (cf . 1 Co 1, 23, 25) : " Où est le sage ? où le disputeur ? " (1 Co 1,20) où la vanité de ceux qu'on appelle savants ? 2. Car notre Dieu, Jésus-Christ, a été porté dans le sein de Marie, selon l'économie divine, <né> " de la race de David " (Jn 7,42 ; Rm 1,3 ; 2 Tm 2,8) et de l'Esprit-Saint. Il est né, et a été baptisé pour purifier l'eau par sa passion. XIX, 1. Le prince de ce monde (Jn 12, 31 ; 14, 30) a ignoré la virginité de Marie, et son enfantement, de même que la mort du Seigneur, trois mystères retentissants, qui furent accomplis dans le silence de Dieu. 2. Comment donc furent-ils manifestés aux siècles ? Un astre brilla dans le ciel plus que tous les astres, et sa lumière était indicible, et sa nouveauté étonnait, et tous les autres astres avec le soleil et la lune se formèrent en choeur autour de l'astre et lui projetait sa lumière plus que tous les autres. 2. Et ils étaient troublés, se demandant d'où venait cette nouveauté si différente d'eux-mêmes. 3. Alors était détruite toute magie, et tout lien de malice aboli, l'ignorance était dissipée, et l'ancien royaume ruiné, quand Dieu apparut en forme d'homme, " pour une nouveauté de vie " éternelle (Rm 6, 4) ; ce qui avait été décidé par Dieu commençait à se réaliser. Aussi tout était troublé, car la destruction de la mort se préparait. XX, 1. Si Jésus-Christ m'en rend digne grâce à vos prières, et si c'est la volonté < de Dieu>, je vous expliquerai dans le second livret que je dois vous écrire l'économie dont j'ai commencé < à vous parler>, concernant l'homme nouveau, Jésus-Christ. Elle consiste dans la foi en lui et dans l'amour pour lui, dans sa souffrancceet sa résurrection... 2. Surtout si le Seigneur me révèle que chacun en particulier et tous ensemble, dans la grâce qui vient de son nom, vous vous réunissez dans une même foi, et en Jésus-Christ " de la race de David selon la chair " (Rm 1,3), fils de l'homme et fils de Dieu, --pour obéir à l'évêque et au presbyterium, dans une concorde sans tiraillements, rompant un même pain qui est remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours. XXI, 1. Je suis votre rançon, pour vous et pour ceux que, pour l'honneur de Dieu, vous avez envoyés à Smyrne, d'où je vous écris, rendant grâces au Seigneur, et aimant Polycarpe comme je vous aime vous aussi. Souvenez-vous de moi comme Jésus-Christ < se souvient > de vous. 2. Priez pour l'Église qui est en Syrie, d'où je suis conduit à Rome dans les chaînes, car étant le dernier des fidèles de là-bas, j'ai été jugé digne de servir à l'honneur de Dieu. Portez-vous bien en Dieu le Père, et en Jésus-Christ, notre commune espérance. |