1,
1 J'ai pris grande part à votre joie, en notre Seigneur Jésus-Christ,
quand vous avez reçu les images de la véritable charité,
et que vous avez escorté, comme il vous convenait < de
le faire>, ceux qui étaient enchaînés de
ces liens dignes des saints, qui sont les diadèmes de ceux
qui ont été vraiment choisis par Dieu et notre Seigneur.
2. Et < je me réjouis de ce> que la racine vigoureuse
de votre foi, dont on parle depuis les temps anciens, subsiste jusqu'à
maintenant et porte des fruits en Notre Seigneur Jésus Christ,
qui a accepté pour nos péchés d'aller au-devant
de la mort; " Dieu l'a ressuscité en le délivrant
des douleurs de l'enfer " (Ac 2, 24);
3. " sans le voir, vous croyez en lui, avec une joie ineffable
et glorieuse " (1 P 1, 8) à laquelle beaucoup désirent
parvenir, et vous savez que " c'est par grâce que
vous êtes sauvés, non par vos oeuvres " (Ep
2, 5, 8-9), mais par le bon vouloir de Dieu par Jésus-Christ.
II,
1. " Aussi, ceignez vos reins et servez Dieu dans la crainte "
(1 P 1, 13 ; Ps 2, 11) et la vérité, laissant
de côté les bavardages vides, et l'erreur de la foule,
" croyant en celui qui a ressuscité notre Seigneur
Jésus-Christ d'entre les morts, et lui a donné la
gloire " (1 P 1, 21) et un trône à sa droite.
" A lui tout est soumis, au ciel et sur la terre "
(Ph 2, 10 ; 3, 21) ; à lui obéit tout ce
qui respire, il viendra " juger les vivants et les morts "
(Ac 10,42), et Dieu demandera compte de son sang à ceux qui
refusent de croire en lui .
2. " Celui qui l'a ressuscité " d'entre
les morts, " nous ressuscitera aussi " (2 Co
4,14), si nous faisons sa volonté et si nous marchons selon
ses commandements, et si nous aimons ce qu'il a aimé, nous
abstenant de toute injustice, cupidité, amour de l'argent,
médisance, faux témoignage, " ne rendant
pas mal pour mal, malédiction pour malédiction,
3. nous souvenant des enseignements du Seigneur qui dit : " Ne
jugez pas, pour ne pas être jugés ; pardonnez, et l'on
vous pardonnera ; faites miséricorde pour recevoir miséricorde
; la mesure avec laquelle vous mesurerez servira aussi pour vous
" (cf. Mt 5, 3, 10 ; Lc 6, 36-38), et " bienheureux
les pauvres et ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume de Dieu est à eux " (Mt 5, 3, 10
; cf. Lc 6, 20).
III,
1. Ce n'est pas de moi-même, frères, que je vous écris
ceci sur la justice, mais c'est parce que vous m'y avez invité
les premiers ;
2. car ni moi ni un autre tel que moi ne pouvons approcher de la
sagesse du bienheureux et glorieux Paul, qui, étant parmi
vous, parlant face à face aux hommes d'alors enseigna avec
exactitude et avec force la parole de vérité, et après
son départ vous écrivit une 1ettre ; si vous l'étudiez
attentivement, vous pourrez vous élever dans la foi qui vous
a été donnée:
3. < la foi > est notre mère à tous, elle est
suivie de l'espérance et précédée de
l'amour pour Dieu et le Christ et pour le prochain. Celui qui demeure
en ces vertus a accompli les commandements de la justice ; car celui
qui a la charité est loin de tout péché.
IV,
1. Le principe de tous les maux, c'est l'amour de l'argent (cf.
1 Tm 6, 10). Sachant donc que " nous n'avons rien apporté
dans le monde et que nous n'en pourrons non plus rien emporter "
(1 Tm 6, 7), armons-nous " des armes de la justice "
(2 Co 6, 7), et apprenons d'abord nous-mêmes à marcher
dans les commandements du Seigneur.
2. Ensuite, apprenez à vos femmes <à marcher>
dans la foi qui leur a été donnée, dans la
charité, dans la pureté, à chérir leurs
maris en toute fidélité, à aimer tous les autres
également en toute chasteté, à donner à
leurs enfants l'éducation dans la crainte de Dieu.
3. Que les veuves soient sages dans la foi qu'elles doivent au Seigneur,
qu'elles intercèdent sans cesse pour tous, qu'elles soient
éloignées de toute calomnie, médisance, faux
témoignage, amour de l'argent, et de tout mal, sachant qu'elles
sont l'autel de Dieu ; il examinera tout attentivement, et rien
ne lui échappe de nos pensées, de nos sentiments,
" des secrets de notre coeur " (1 Co 14, 25).
V,
1. Sachant donc que " l'on ne se moque pas de Dieu "
(Ga 6, 7), nous devons marcher d'une façon digne de ses commandements
et de sa gloire.
2. De même, que les diacres soient sans reproche devant sa
justice: ils sont les serviteurs de Dieu et du Christ, et non des
hommes : ni calomnie, ni duplicité, ni amour de l'argent
; qu'ils soient chastes en toutes choses, compatissants, zélés,
marchant selon la vérité du Seigneur qui s'est fait
le serviteur de tous. Si nous lui sommes agréables en ce
temps présent, il nous donnera en échange le temps
à venir, puisqu'il nous a promis de nous ressusciter d'entre
les morts, et que, si notre conduite est digne de lui, " nous
régnerons nous aussi avec lui " (2 Tm 2, 12), si
du moins nous avons la foi.
3. De même, que les jeunes gens soient irréprochables
en toutes choses, veillant avant tout à la pureté,
réfrénant tout le mal qui est en eux. Il est bon,
en effet, de retrancher les désirs de ce monde, car tous
" les désirs font la guerre à l'esprit "
(1 P 2, 11), et " ni les fornicateurs, ni les efféminés,
ni les infâmes, n'auront part au royaume de Dieu "
(1 Co 6, 9-10), ni ceux qui font le mal. C'est pourquoi ils doivent
s'abstenir de tout cela, et être soumis aux presbytres et
aux diacres comme à Dieu et au Christ.
Les vierges doivent vivre avec une conscience sans reproche et pure.
VI,
1. Les presbytres, eux aussi, doivent être compatissants,
miséricordieux envers tous ; qu'ils ramènent les égarés,
qu'ils visitent tous les malades, sans négliger la veuve,
l'orphelin, le pauvre ; mais e croient pas trop vite du mal de quelqu'un
et ne soient pas raides dans leurs jugements, sachant que nous sommes
tous débiteurs du péché.
2. Si donc nous prions le Seigneur de nous pardonner, nous devons
nous aussi pardonner ; car nous sommes sous les yeux de notre Seigneur
et Dieu, et qui nous ont prêché l'Évangile et
les prophètes qui nous ont annoncé la venue du Seigneur
; soyons zélés pour le bien, évitons les scandales,
les faux frères, et ceux qui portent hypocritement le nom
du Seigneur et qui égarent les têtes vides.
VII,
1. " Quiconque, en effet, ne confesse pas que Jésus-Christ
est venu dans la chair, est un antéchrist " (cf.
1 Jn 4, 2-3), et celui qui ne confesse pas le témoignage
de la croix est du diable, et celui qui détourne les dits
du Seigneur selon ses propres désirs, et qui nie la résurrection
et le jugement, est le premier-né de Satan.
2. C'est pourquoi abandonnons les vains discours de la foule et
les fausses doctrines, et revenons à l'enseignement qui nous
a été transmis dès le commencement ; restons
sobres pour < pouvoir > prier (cf. 1 P 4, 7), persévérons
dans les jeûnes, suppliant dans nos prières le Dieu
qui voit tout de ne pas nous soumettre à la tentation (Mt
6, 1), car, le Seigneur l'a dit, " l'esprit est prompt,
mais la chair est faible " (Mt 26, 41).
VIII,
1. Soyons donc sans cesse fermement attachés à notre
espérance et au gage de notre justice, le Christ Jésus,
(1 P 2, 22) ; mais pour nous, pour que nous vivions en lui, il a
tout supporté.
2. Soyons donc les imitateurs de sa patience, et si nous souffrons
pour son nom, rendons-lui gloire. C'est ce modèle qu'il nous
a présenté en lui-même, et c'est cela que nous
avons cru.
IX,
1. Je vous exhorte donc tous à obéir à la parole
de justice, et à persévérer dans la patience
que vous avez vue de vos yeux, non seulement dans les bienheureux
Ignace, Zosime et Rufus, mais aussi en d'autres qui étaient
de chez vous, et en Paul lui-même et les autres Apôtres
;
2. persuadés que tous ceux-là n'ont pas couru en vain
(Ga 1, 2 ; Ph 2, 16), mais bien dans la foi et la justice, et qu'ils
sont dans le lieu qui leur était dû près du
Seigneur avec qui ils ont souffert. " Ils n'ont pas aimé
le siècle présent " (cf. 2 Tm 4, 10), mais
bien celui qui est mort pour nous, et que Dieu a ressuscité
pour nous.
X,
1. Demeurez donc en ces < sentiments >, et suivez l'exemple
du Seigneur, fermes et inébranlables dans la foi, aimant
vos frères, vous aimant les uns les autres, unis dans la
vérité, vous attendant les uns les autres dans la
douceur du Seigneur, ne méprisant personne.
2. Quand vous pouvez faire le bien, ne différez pas, car
" l'aumône délivre de la mort " (Tb
12, 9). " Soyez tous soumis les uns les autres, gardant
une conduite irréprochable parmi les Païens, pour que
vos bonnes oeuvres " (1 P 2, 12) vous attirent la louange,
et que le Seigneur ne soit pas blasphémé à
cause de vous.
3. " Mais malheur à celui qui fait blasphémer
le nom du Seigneur " (Is 52, 5). Enseignez à tous la
sagesse dans laquelle vous vivez vous-mêmes.
XI,
1. J'ai été bien peiné au sujet de Valens,
qui avait été quelque temps presbytre chez vous, <de
voir> qu'il méconnaît à ce point la charge
qui lui avait été donnée. Je vous avertis donc
de vous abstenir de l'avarice et d'être chastes et vrais.
Abstenez-vous de tout mal.
2. Celui qui ne peut pas se diriger lui-même en ceci, comment
peut-il y exhorter les autres ? Si quelqu'un ne s'abstient pas de
l'avarice, il se laissera souiller par l'idolâtrie, et sera
compté parmi les païens qui " ignorent le
jugement du Seigneur " (Jr 5, 4), ou " ignorons-nous
que les saints jugeront le monde ", comme l'enseigne Paul
(1 Co 6, 2) ?
3. Pour moi, je n'ai rien remarqué ou entendu dire de tel
à votre sujet, vous chez qui a travaillé le bienheureux
Paul, vous qui êtes au commencement de sa lettre. C'est de
vous en effet qu'il " se glorifie devant toutes les Églises "
(2 Th 1, 4) qui, seules alors, connaissaient Dieu, nous autres nous
ne le connaissions pas encore.
4. Ainsi donc, je suis bien peiné pour lui et pour son épouse
; (2 Th 3, 15), mais rappelez-les comme des membres souffrants et
égarés, pour sauver votre corps tout entier. Ce faisant,
vous vous faites grandir vous-mêmes.
XII,
1. Je suis assuré que vous êtes très versés
dans les Saintes Lettres et que rien ne vous en est ignoré
: moi je n'ai pas ce don. Il me suffit de vous dire, comme il est
dit dans ces Écritures: " Mettez-vous en colère
et ne péchez pas ", et " que le soleil ne
se couche pas sur votre colère " (cf. Ps 4, 5 ;
Ep 4, 26). Heureux qui s'en souvient ; je crois qu'il en est ainsi
pour vous.
2. Que Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ,
et lui-même, le grand prêtre éternel, le fils
de Dieu, Jésus-Christ, vous fassent grandir dans la foi et
dans la vérité, en toute douceur et sans colère,
en patience et longanimité, endurance et chasteté
; qu'il vous donne part à l'héritage de ses saints,
et à nous-mêmes avec vous, et à tous ceux qui
sont sous le ciel, qui croient en notre Seigneur Jésus-Christ
et en son Père qui l'a ressuscité d'entre les morts.
3. Priez tous les saints. Priez aussi pour les rois, pour les autorités
et les princes, et pour ceux qui vous persécutent et vous
haïssent, et pour les ennemis de la croix ; ainsi le fruit
que vous portez sera visible à tous, et vous serez parfaits
en lui.
XIII,
1. Vous m'avez écrit, vous et Ignace, pour que si quelqu'un
va en Syrie, il emporte aussi votre lettre ; je le ferai si je trouve
une occasion favorable, soit moi-même, soir celui que j'enverrai
pour vous représenter avec moi.
2. Comme vous nous l'avez demandé, nous vous envoyons les
lettres d'Ignace, celles qu'il nous a adressées et toutes
les autres que nous avons chez nous ; elles sont jointes à
cette lettre, et vous pourrez en tirer grand profit, car elles renferment
foi, patience, et toute édification qui se rapporte à
notre Seigneur. Faites-nous savoir ce que vous aurez appris de sûr
d'Ignace et de ses compagnons.
XIV.
Je vous écris ceci par Crescens, que je vous ai récemment
recommandé et que je vous recommande encore maintenant. Il
s'est conduit chez nous de façon irréprochable, et
je crois qu'il fera de même chez vous. Je vous recommande
aussi sa soeur quand elle viendra chez vous. Portez-vous bien dans
le Seigneur Jésus-Christ et dans sa grâce, avec tous
les vôtres. Amen.