| Les écrits des Pères Apostoliques
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Doctrine du seigneur transmise aux nations par les douze apôtres: la Didaché
Les deux Voies Tu ne te demanderas pas
en doutant si une chose arrivera ou non.
[Version géorgienne:
tu ne douteras pas que Dieu jugera tous les hommes selon leurs oeuvres.]
N'aie pas les mains tendues
quant il s'agit de recevoir, mais fermées quand il faut donner.Si
tu possèdes quelque chose grâce au travail de tes mains,
donne pour racheter tes péchés.u
n'hésiteras pas pour donner, mais donne sans murmure. Tu reconnaîtras
en effet (un jour) qui sait récompenser dignement.Ne
te détourne pas de l'indigent, mets au contraire tout en commun
avec ton frère et ne dis pas que tu possèdes des biens
en propre, car si vous entrez en partage pour les biens immortels
combien plus devez-vous y entrer pour les biens périssables
? (cf. Rm. 15, 27).Tu
ne retireras pas la main de dessus ton fils ou ta fille, mais dès
leur enfance tu leur apprendras la crainte de Dieu.Tu
ne commanderas pas avec aigreur à ton esclave ou à ta
servante qui mettent leur espérance dans le même Dieu
que toi, de peur qu'ils ne perdent la crainte de Dieu qui est au-dessus
des uns et des autres (cf.
Ep 6, 9) ; car il n'appelle pas
en faisant acception des personnes, mais il vient à ceux que
l'Esprit a préparés.Pour
vous, esclaves, vous serez soumis à vos maîtres comme
à une image de Dieu, avec respect et crainte (Ep 6, 5).
Aie en haine toute hypocrisie et tout ce qui déplaît au Seigneur.Ne mets point de côté " les commandements du Seigneur, mais tu garderas " ceux que tu as reçus, " sans y ajouter ni en retrancher " (cf. Dt 4, 2 ; 13, 1).Dans l'assemblée, tu confesseras tes manquements, et tu n'iras pas à ta prière avec une conscience mauvaise. Telle est la voie de la vie.Mais la voie de la mort est celle-ci : avant tout elle est mauvaise et pleine de malédiction : " Meurtres, adultères, convoitises, débauches, vols, idolâtrie, pratiques magiques, empoisonnements, rapines, faux témoignages " (Mt 15, 19 ; Ga. 5, 20~), hypocrisie, duplicité du coeur, " fourberie, orgueil, méchanceté ", arrogance, " cupidité ", propos obscènes, jalousie, insolence, faste, " fanfaronnade ", < absence de crainte> (cf. Rm 1, 29 s ; Col. 3, 8).Persécuteurs des hommes de bien, ennemis de la vérité, amis du mensonge, ignorants de la récompense de la justice, qui ne sont pas " attachés au bien " (cf. Rm. 12, 9), ni au juste jugement, en éveil non pour le bien mais pour le mal, loin de qui se tiennent la douceur et la patience, " qui aiment ce qui n'est rien " (Ps. 4, 3), " sont avides de profit " (Is. 1, 23), qui sont sans pitié pour le pauvre et ne se mettent pas en peine de l'affligé, ne reconnaissent pas leur propre créateur, " assassins des enfants " (Sg. 12, 5), meurtriers par avortement de la créature de Dieu, qui se détournent de l'indigent, accablent l'opprimé, avocats des riches, juges iniques des pauvres, pécheurs de part en part ! Puissiez-vous, mes enfants, être préservés te tous ces gens-là !Veille à ce " que nul ne t'écarte " de cette voie de la Doctrine (cf. Mt 24, 4); car celui-là t'enseigne autrement que Dieu < ne le veut >.Si donc tu peux porter tout entier le joug du Seigneur, tu seras parfait. Mais si tu ne le peux pas, tu moins, ce que tu peux, fais-le. Prescriptions rituelles et liturgiques Pour ce qui est de la nourriture, prends sur toi ce que tu pourras. Mais abstiens-toi complètement de la viande immolée aux idoles ; car c'est un culte rendu à des dieux morts (cf. Ac. 15, 29 ; 1 Co. 10, 25-28). Pour ce qui est du baptême, donnez-le de la façon suivante: après avoir enseigné tout ce qui précède, " baptisez au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit "(Mt 28, 19) dans de l'eau vive. S'il n'y a pas d'eau vive, qu'on baptise dans une autre eau et à défaut d'eau froide, dans de l'eau chaude. Si tu n'as ni de l'une ni de l'autre, verse de l'eau sur la tête trois fois " au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ". Qu'avant le baptême jeûnent le baptisant, le baptisé et d'autres personnes qui le pourraient ; du moins ordonne au baptisé de jeûner un jour ou deux auparavant. Que vos jeûnes n'aient pas lieu en même temps que ceux des hypocrites (Mt 6, 16). Ils jeûnent en effet le lundi et le jeudi ; pour vous, jeûnez le mercredi et le vendredi." Ne priez pas non plus comme les hypocrites" (Mt 6, 5) ; mais comme le Seigneur l'a ordonné dans son évangile, priez ainsi : " Notre Père,
qui es dans le ciel, Que ton nom soit sanctifié, Priez ainsi trois fois par jour. Pour ce qui est de l'eucharistie,
rendez grâces ainsi : D'abord sur le calice :
Puis, sur le pain rompu
: Nous te rendons grâce, notre Père Comme ce pain rompu, d'abord
dispersé sur les montagnes, a été recueilli pour
devenir un. Que personne ne mange ni ne boive de votre eucharistie, si ce n'est les baptisés au nom du Seigneur ; car c'est à ce sujet que le Seigneur a dit: " Ne donnez pas ce qui est saint aux chiens " (Mt 7, 6). Après vous être rassasiés, rendez grâces ainsi : Nous te rendons grâces,
Père saint, C'est toi, maître
tout-puissant, < Qui as créé l'univers ~ (Sg 1, 14 ; Sg 18, 1) Par-dessus tout, nous te rendons grâces, car tu es puissant.-- A Toi la gloire pour les siècles. Souviens-toi, Seigneur,
de ton Église, pour la préserver de tout mal Et la rendre
parfaite tans ton amour. Et " rassemble-la des quatre
vents " (Mt
24, 31), cette Église que
tu as sanctifiée, Dans ton royaume que tu lui as préparé,
Car à Toi appartiennent la puissance et la gloire pour les
siècles. Laissez les prophètes
rendre grâces autant qu'ils le veulent. [La version copte insère ici la prière suivante: Dans la question des parfums, rendez grâces comme ceci en disant : " Père, nous te rendons grâces pour le parfum que tu nous as fait connaître par l'intermédiaire de Jésus ton fils : à toi, gloire éternellement ! Amen " (trad. L. Th. Lefort).] Prescriptions disciplinaires
Si donc quelqu'un vient à vous et vous enseigne tout ce qui vient d'être dit, recevez-le. Mais si le docteur lui-même
s'est perverti et enseigne une autre doctrine en vue de détruire,
ne l'écoutez pas ; enseigne-t-il, par contre, pour accroître
la justice et la connaissance du Seigneur, recevez-le comme le Seigneur.
Que tout apôtre venant chez vous soit reçu comme le Seigneur. Mais il ne restera qu'un seul jour, ou, en cas de besoin, un deuxième ; s'il reste trois jours, c'est un faux prophète. Qu'à son départ
l'apôtre ne reçoive rien, sinon assez de pain pour gagner
un gîte. Mais s'il demande de l'argent, c'est un faux prophète.
Toutefois quiconque parle en esprit n'est pas prophète, mais seulement s'il a les façons de vivre du Seigneur. C'est donc d'après leur façon de vivre que l'on discernera le vrai prophète du faux. Ainsi, tout prophète qui ordonne, sous l'inspiration, de dresser une table, n'en mange pas, à moins certes qu'il ne soit un faux prophète. Tout prophète qui enseigne la vérité, sans mettre en pratique ce qu'il enseigne, est un faux prophète. Et tout prophète éprouvé, véridique, qui, pour < symboliser > le mystère terrestre de l'Église, se comporte < de façon insolite > mais sans enseigner les autres à faire ce que lui-même fait, ne doit pas être jugé par vous ; car c'est Dieu qui le jugera. D'ailleurs les anciens prophètes se comportèrent de même. Mais quiconque aura dit sous l'inspiration : Donne-moi de l'argent, ou quelques autres choses, vous ne l'écouterez pas. Mais s'il aura dit de donner en faveur d'autres indigents, que personne ne le juge. Quiconque " vient à vous au nom du Seigneur " doit être reçu (Mt 21, 9; Ps 117, 26) ; mais ensuite, après l'avoir éprouvé, vous saurez discerner la droite de la gauche : vous avez votre jugement. Si celui qui vient à vous n'est que de passage, aidez-le de votre mieux. Mais qu'il ne reste chez vous que deux ou trois jours, si c'est nécessaire. S'il veut s'établir chez vous et qu'il soit artisan, qu'il travaille et qu'il se nourrisse. 4. Mais s'il n'a pas de métier, que votre prudence y pourvoie, en sorte qu'un chrétien ne soit pas trouvé oisif chez vous. S'il ne veut pas agir ainsi, c'est un trafiquant du Christ ; gardez-vous des gens de cette sorte. Tout prophète authentique qui veut s'établir chez vous " mérite sa nourriture " (Mt 10,10 ; cf. 1 Co. 9, 7-14, 1 Tm. 5, 18). De même le docteur authentique " mérite " lui aussi " sa nourriture comme l'ouvrier ". Tu prélèveras donc les prémices de tous les produits du pressoir et de l'aire, des boeufs et des brebis et tu les donneras aux prophètes, car ils sont vos grands prêtres. Et si vous n'avez pas de prophètes, donnez-les aux pauvres. Si tu fais du pain, prélèves-en les prémices et donne-les selon le précepte. De même, si tu ouvres une amphore de vin ou d'huile, prélève les prémices et donne-les aux prophètes. De l'argent, des vêtements et de tout autre bien, prélève les prémices selon ton appréciation, et donne-les selon le précepte. Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces après avoir, d'abord, confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Mais celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous, jusqu'à ce qu'ils se soient réconciliés, pour ne pas profaner votre sacrifice. Car telle est la parole
du Seigneur: " Qu'en tout lieu et en tout temps, on m'offre
un sacrifice pur, car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon
Nom est redoutable parmi les nations " (Mt 1, 11, 14). Ainsi donc, élisez-vous des évêques et des diacres dignes du Seigneur, des hommes doux et désintéressés, véridiques et éprouvés ; car eux aussi exercent pour vous le ministère des prophètes et docteurs. Ne les méprisez
donc pas, car avec les prophètes et docteurs ils sont ceux
d'entre vous qui sont à l'honneur. Reprenez-vous les uns les autres, non avec colère, mais pacifiquement, comme vous le tenez de l'Évangile (cf. Mt. S, 22-26; 18, 15-35) et si quelqu'un offense son prochain, que personne ne lui parle, qu'il n'entende pas un mot de vous, jusqu'à ce qu'il ait fait pénitence. Pour vos prières, vos aumônes et toutes vos actions, faites-les comme vous le trouvez marqué dans l'Évangile de notre Seigneur. Veillez sur votre vie ; ne laissez pas s'éteindre vos lampes, ne laissez pas se détendre la ceinture de vos reins, mais " soyez prêts, car vous ne savez pas l'heure à laquelle viendra notre Seigneur " (Mt 24, 42-44 ; 25, 13 ; Lc 12, 35). Assemblez-vous fréquemment
pour rechercher ce qui intéresse vos âmes, car tout le
temps de votre foi ne vous servira de rien si vous n'êtes pas
devenus parfaits au dernier moment. Car, à la suite du progrès de l'iniquité, les hommes se haïront les uns les autres, ils se poursuivront, ils se trahiront et alors paraîtra le séducteur du monde, se donnant pour le fils de Dieu, et il fera " des signes et des prodiges " (Mt 24, 24; cf. 2 Th 2, 9; Ap 13, 2, 13 s ; 19, 20), et la terre sera livrée entre ses mains et il fera des iniquités telles qu'il n'y en eut jamais depuis le commencement des siècles. Alors la créature humaine entrera dans le feu de l'épreuve, et " beaucoup succomberont " et périront (Mt 24, 10), mais " ceux qui auront tenu bon " dans leur foi " seront sauvés " par celui-là même qui aura été un objet de malédiction [Version géorgienne : seront sauvés du maudit lui-même] (Mt 10, 22 ; 24, 13). " Et alors paraîtront les signes " de la vérité (Mt 24, 30). D'abord le signe des cieux ouverts, ensuite le signe du son de la trompette, et le troisième signe, la résurrection des morts (Mt 24, 31; 1 Co. 15, 52 ; 1 Th 4, 16) non de tous, il est vrai, mais comme il a été dit : " Le Seigneur viendra et tous ses saints avec lui " (Za 14, 5). " Alors " le monde " verra " le Seigneur " venant sur les nuées du ciel " (Mt 24, 30 ; 26, 64). |